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hostie...-2Blaise Compaoré a quitté le pouvoir en tombe après 27 ans de règne. Déjà 3 ans que son régime s’est effondré sous la pression populaire. En bref,  ce sont deux banalités qui ont évincé le tombeur de Thomas Sankara : la révolte de février 2011 et l’opposition farouche à la révision opportuniste de l’article 37 de la Constitution, au mépris des principes démocratiques. C’est le début du déclin et de la chute, sans coup férir de Compaoré.

Arrivé au pouvoir le 15 octobre 1987 à la suite d’un coup d’État contre Thomas Sankara, il a instauré un régime autocratique. Compaoré a décrit le meurtre de Thomas Sankara comme un « accident ». Au moment de prendre la présidence, il a déclaré que Sankara avait « trahi l’esprit de la révolution ». Il a engagé alors une politique de « rectification de la Révolution », en réalité un retour à la normale des relations avec la Côte d’Ivoire et implicitement de la France, qui s’étaient précédemment envenimées. En septembre 2008, le sénateur et ex-seigneur de guerre libérien, Prince Johnson affirmera que ses hommes avaient participé à l’assassinat de Thomas Sankara et cela sous l’instigation de Blaise Compaoré. La responsabilité de Blaise Compaoré dans l’assassinat de Sankara a fait l’objet d’une plainte contre le Burkina Faso déposée par Mariam Sankara, la veuve de l’ancien président.

Blaise Compaoré a été élu président de la République le 1er décembre 1991. Les principaux partis de l’opposition avaient boycotté cette élection pour protester contre sa prise illégale de pouvoir. Lors de cette élection, le taux de participation a été de 25 %, traduisant la très forte instabilité politique. Il est réélu une première fois le 15 novembre 1998. Quelques jours après sa réélection, le célèbre journaliste Norbert Zongo est assassiné par des éléments de sa garde rapprochée sous l’instigation de son frère, François Compaoré qui fait actuellement objet de poursuites judiciaires en France.

Les velléités de Compaoré de briquer en 2005 un nouveau mandat de 5 ans après deux septennats ont dressé contre lui une coalition de l’opposition. Elle a perdu son combat juridique devant le juge constitutionnel qui a décidé que : « l’amendement passé en 2000, limitant un président à deux mandats et réduisant la durée du mandat de sept à cinq ans, ne pouvait pas prendre effet avant la fin de son second septennat ». Compaoré a obtenu ainsi carte blanche pour être candidat à sa propre succession en 2005. Il a été réélu face à 12 autres candidats en étant crédité de 80,35 % des votes. Le 25 novembre 2010, Blaise Compaoré a été réélu dès le premier tour du scrutin à la tête du Burkina Faso, avec 80,15 % des suffrages exprimés, pour un dernier quinquennat.

Les plaies encore béantes, occasionnées par la révolte du 22 février 2011, résultant de la mort d’un élève battu par les policiers de Koudougou au Burkina Faso a gangrèné le tissu social. Il s’en est suivi une série de manifestations sanglantes qui ont exacerbé la tension. Dans cette atmosphère, Blaise Compaoré a fait face à un soulèvement populaire le 30 octobre 2014, contre son projet de modification de l’article 37 de la loi fondamentale. À la suite des émeutes, Blaise Compaoré a quitté le pouvoir. Le retour à l’ordre constitutionnel a enfin permis à Roch Cristian Marc Kaboré d’occuper le palais de Kosyam, siège de la présidence du Faso. Compaoré a-t-il appris qu’il faut savoir quitter les choses…

Jean-Claude Kouagou