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hounbgedji-lehadyLe peuple ne continuera pas toujours d’être un jouet aux mains de ces politiciens. Inutile de faire de la littérature, ce peuple est dans une logique de rupture. Mais les dinosaures de la politique en ont décidé autrement.
Il ne veut plus du régime Yayi. Ce peuple l’a montré à plusieurs occasions. Inutile de rappeler l’histoire, mais l’événement majeur autour duquel l’unanimité est faite, c’est cette nuit de l’élection de Adrien Houngbédji à la tête du Parlement du Bénin. Jamais ce peuple n’a été autant mobilisé pour une élection de président de l’Assemblée. La veillée d’arme était générale. Cotonou n’a pas dormis, Porto-Novvo aussi. Jusqu’au-delà de 00 heure, des hommes et femmes attendaient l’élection d’un seul homme : Adrien Houngbédji. Ils avaient marre du régime Yayi et l’ont exprimé à travers les urnes. Mécontents  de la tournure que prenait la situation à l’Assemblée, ils ont tenu à avoir le résultat car tous les jeux étaient faits. Yayi Boni voulait placer Komi Koutché à la tête du Parlement pour réviser la constitution. Il avait tout mis en œuvre. Des millions ont été distribués pour déloger les députés affamés. L’incertitude était totale. A zéro heure, Cotonou et Porto-Novo étaient en éveil. Les rues étaient occupées. Tout le monde attendait de voir cet homme gravir les marches de l’Assemblée nationale. Autour de 1 heure du matin, le vote a eu lieu. Les décomptes ont été faits. A 41 pour Komi Koutché et 41 pour Houngbédji,  un calme glacial a envahi tout le monde et a cédé, quelques-instants après à la grande joie quand Houngbédji passe finalement à 42. Les rues de Porto-Novo étaient inondées de militants engagés. Cotonou était dans la fête. La joie était à son comble. Le peuple a voulu Adrien Houngbédji et était fier de le voir arpenter les marches pour serrer la main de Rosine Vieyra Soglo, la dame de fer qui a conduit royalement les travaux. Tout ressemblait à un jour d’indépendance. Adrien Houngbédji a repris toute sa place dans le cœur des militants et de tout le peuple béninois. Par le passé, il n’a été autant adulé. Le Parlement a repris vie. L’élite a repris sa place. Mais voilà. Deux hommes tentent de tuer à jamais cet espoir.  Tout s’effondre sous nos yeux. Le même Adrien Houngbédji qui a lutté pour que Yayi ne s’éternise pas au pouvoir soutient un troisième mandat de l’homme par le truchement de Lionel Zinsou. Ignorer le grondement de ce peuple qui a trimé sous ce régime et qui pleure en silence pourra être fatal. Le peuple ne veut pas d’un régime. Deux  hommes veulent le lui imposer. La seule alternative qui s’impose, c’est la sanction dans  les urnes. L’accumulation de la frustration entraine des détonations. Prenons garde.
 
AT