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ibrahim-salami-1050x600Sur l’émission « Zone franche » de Canal 3 Bénin,  ce dimanche 31 mars 2019, le Professeur  Ibrahim Salami  a éclairé l’opinion publique que les causes de la crise politique actuelle et indiquer la voie de sortie.

« La solution à une situation politique dépend des politiques. Le Parlement est la clé pour la résolution de la crise électorale qui secoue le Bénin». C’est en ces termes qu’Ibrahim Salami a livré sa proposition pour une sortie de crise. En effet, invité sur l’émission « Zone franche » de Canal 3 Bénin, l’universitaire a indiqué que la solution pour décrisper la tension actuelle est politique et viendra du Parlement. Mieux, elle passera par une négociation avec les députés du Bloc de la majorité présidentielle. « Il serait mieux d’avoir une solution politique avec le comité paritaire qu’une solution technique avec les sachants », a-t-il déclaré. Cependant, Ibrahim Salami a précisé que la recherche du consensus pour des élections législatives passe par deux démarches. La première est le vote de la loi dérogatoire et la seconde est la révision de la Constitution. C’est d’ailleurs la méthode la plus appropriée, selon lui. « Si nous voulons une participation inclusive aux élections, nous ne devons pas exclure une révision de la Constitution », a-t-il fait savoir.  Contrairement aux rumeurs, l’invité de « Zone franche » a laissé entendre qu’il n’est pas mauvais de réviser la Loi fondamentale du Bénin, mais cela passe par un consensus. Donc, si la situation est arrivée à ce niveau, c’est à cause de l’échec des négociations entre les parlementaires. Revenant aux propositions faites par son collègue Joël Aïvo pour désamorcer la crise électorale, Ibrahim Salami a confié qu’elles ne répondent à aucun article de la Constitution. « Demander à la Cour de proroger un mandat est une proposition très dangereuse contre laquelle je m’oppose vigoureusement. C’est un piège et elle risque d’amener la Cour à violer la Constitution tôt ou tard », a-t-il martelé. En session extraordinaire depuis la semaine passée, les députés n’ont pas pu accorder leurs violons en vue d’une participation inclusive des partis aux législatives. Après l’échec du consensus, le Professeur de droit a fait savoir que deux possibilités s’imposent : l’intervention du chef de l’Etat, Patrice Talon et l’organisation des élections avec les deux partis légalement reconnus. Aux dires de l’invité, le président de la République peut faire usage de sa marge de manœuvre politique ou juridique pour dénouer la situation. Néanmoins, la Cour constitutionnelle n’a pas le pouvoir de s’autosaisir dans cette situation. Si rien n’est fait, il faut appliquer les textes en vigueur et aller aux élections avec les deux partis.

 Mohamed Yasser Amoussa

(Coll)