Spread the love

salami-ILa décision de la Cour constitutionnelle continue de susciter assez de commentaires. Le débat fait florès et l’Agrégé de droit public, Ibrahim Salami s’est invité volontiers dans l’arène. Pour l’invité du débat télévisé de Canal 3 d’hier, la décision de la Cour de Théodore Holo est une pièce très mal montée. Il invite la Cour à sortir un communiqué pour justifier son raisonnement.

« Quand j’ai appris l’information, je me suis dit que c’est une blague. Mais par la suite, j’ai découvert que c’est réel. J’éprouve une grosse gêne », a déclaré l’avocat et Professeur d’université. La rigueur et le réalisme du développement du Professeur de droit ne lui ont pas permis de trouver un brin d’objectivité dans la décision des sages de la Cour. Pour Ibrahim Salami, il s’agit d’une décision qui se fonde sur une interprétation mal ficelée. « La lecture que moi, j’ai toujours faite de l’article 44 de la Constitution et que j’ai toujours enseignée, est que le jour où on va apprécier le dépôt de candidature, le candidat à la candidature doit avoir fêté son 40ème anniversaire + 1. Autrement dit, le candidat doit avoir 40 ans + 1 à la date du dépôt. On a dit 40 ans au moins», a-t-il déclaré. Mais, cette interprétation qui a toujours guidé l’avocat a rencontré la particularité de la décision du juge constitutionnelle. « La Cour dit que recevoir la candidature de celui qui est né un premier janvier et ne pas recevoir celle de celui qui est né en novembre est contraire au principe d’égalité parce qu’ils sont nés la même année. C’est un raisonnement qui pose problème », a déclaré l’avocat. Pour l’avocat, le recours est sans objet et l’interprétation de la Cour est mal ficelée. Il a conclu en disant que la Cour de Théodore Holo a choisi de trouver une solution conjoncturelle à un problème structurel. « A mon entendement, il n’y avait pas problème au niveau de l’interprétation jusqu’à ce qu’on arrive à cette décision de la Cour qui change la donne », a-t-il déclaré. Ibrahim Salami demande à la Cour de donner son raisonnement de la décision qu’elle a rendue. « Cela fait un mois que la décision est rendue. On a envie de dire que la Cour ne peut pas rester silencieuse. La moindre des choses est de sortir un communiqué pour nous dire quel est son raisonnement. On peut ne pas être convaincu, mais il faut qu’elle le fasse », a-t-il déclaré. Après avoir expliqué toutes les conséquences juridiques de cette décision, il a affirmé qu’il faudra relativiser. La décision de la Cour ne signifie pas d’officie une fin de la démocratie comme beaucoup l’avancent. « Il ne faut pas trop s’en faire. Je ne crois pas que ce soit la mort programmée de la démocratie. A supposer que la personne en question se présente. Il faudra ensuite qu’on vote, qu’on choisisse. Il faut ensuite qu’on débatte de tout cela. Non, il ne faut pas décréter la mort de notre démocratie. Cette décision est une solution conjoncturelle à un problème structurel et c’est bien dommage», a-t-il déclaré.

 Hospice Alladayè