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Issifou-Kogui-N’douroBéninoises et Béninois

Chers compatriotes, mes chers amis

Il y a quelques jours, je me suis adressé à vous, à travers les canaux habituels de la presse écrite et de la télévision pour partager avec vous ma motivation profonde de vous servir et de servir notre pays. Les différents retours que j’ai eu ainsi que l’accueil que vous avez réservé à cette candidature me permettent de penser humblement qu’il y a des raisons d’y croire, et par voie de conséquence, donc des raisons de croire en notre pays, de croire en nous. Ce qui me conduit aujourd’hui à penser qu’il y a également des raisons d’espérer.

Comme je vous le disais dans ma précédente tribune, je suis allé au contact de nos populations depuis Avlo et Grand-Popo, jusqu’à Nikki, en passant par Kérou, Parakou, Pèrèrè, Djougou, Natitingou, Banikoara, Ouaké, Guéné et Kandi. J’ai également visité nos contrées d’Abomey, Porto-Novo et Avlékété. Du nord au sud et d’Est en Ouest, le constat est le même : le potentiel est intact.

Comme je vous le disais également dans ma précédente tribune, le rêve de 2006 s’est construit à deux, depuis 1996, avec le chef de l’Etat actuel, le Président Boni Yayi. La question qu’il est légitime de se poser pourrait s’envisager sous trois angles : Qu’est ce qui n’a pas fonctionné ? Comment assumer le bilan des huit années de collaboration et pourquoi prétendre maintenant avoir des raisons de conduire les destinées de ce pays et avec quelles garanties de réussite ?

L’aventure avait bien commencé. Les priorités étaient claires et précises : lutter contre la corruption, remettre nos compatriotes au travail, et impulser le développement. En témoignent la volonté affichée par le chef de l’Etat dès son entrée en fonction en 2006, les descentes inopinées sur le terrain, dans les services de l’Etat pour vérifier la présence des fonctionnaires et leur attachement au travail, les grands chantiers initiés dans les secteurs de l’éducation, des infrastructures, du développement à la base et de l’agriculture. L’objectif était de reconstruire le socle et de consolider les acquis pour préparer une transition générationnelle dans un contexte sain, ambitieux et serein.

Le premier mandat ne fut pas de tout repos. Nous avons été sur plusieurs fronts ; ajustant parfois nos prévisions à la réalité du terrain. Nous avons connus des réussites, notamment en ce qui concerne l’autonomisation des femmes, les infrastructures, le lancement des réformes dans les secteurs de l’éducation et de l’agriculture. Aucune entreprise humaine n’étant parfaite, à mi-mandat nous nous sommes rendu compte des points d’amélioration et des corrections à opérer. Mais la machine s’est enraillée et le curseur s’est arrêté.Le système et la structure qui ont porté notre arrivée au pouvoir ont été purement et simplement sapés à la base ; du fait d’ambitions personnelles. Les personnalités, femmes et hommes de valeur qui portaient les réformes, la compétence et la méthodologie pour les conduire ont été remerciées au fur et à mesure, au profit d’autres acteurs qui dans leur grande majorité, ne connaissaient pas grand-chose sinon rien du projet de départ. La suite on la connait.

Contrairement à d’autres, j’ai eu la chance de rester au Gouvernement jusqu’en février 2013, soit vingt mois après la réélection du Président Boni Yayi. Nous étions convenus en mai 2011, qu’il était encore temps et possible de redresser la barre. J’ai dû me résoudre à ne m’occuper que du département dont j’avais directement la charge, celui de la Défense Nationale jusqu’à ce qu’il plut au chef de l’Etat de me donner congé. Je me suis appliqué à accomplir ma mission au mieux de mes capacités et possibilités pour faire de l’Etat/Nation un principe au cœur de l’action des Femmes et des Hommes en uniforme dans tous les corps d’état. Ensemble nous avons été auprès des populations dans diverses situations de détresse (notamment les inondations récurrentes), ensemble nous avons été sur les terrains de conflits régionaux, ensemble nous avons modernisé l’équipement et les conditions de travail de nos armées, ensemble nous avons préservé la vie et la sécurité de nos populations.

Ayant été pendant les trois premières années du mandat 2006-2011 un membre influent du gouvernement, j’ai été emmené à conduire des négociations d’apaisement et de sortie de crises, d’une part avec les syndicats de diverses corporations et d’autre part avec les acteurs politiques de tous bords, ceux qui n’étaient pas sur les mêmes lignes de pensée que les sensibilités au pouvoir. Une expérience qui m’a permis de renforcer mes liens avec cette frange des forces vives de notre nation.

Pour avoir dirigé à plusieurs reprises les séances du conseil des ministres, et assumer par décrets présidentiels l’intérim du Chef de l’Etat, j’ai été au fait de différents dossiers (parfois sensibles) et de concert avec les ministres concernés et les partenaires au développement, nous avons trouvé les solutions les mieux appropriées.

C’est dire qu’avec nos moyens et nos ressources internes, avec une organisation, une méthodologie et une discipline, avec une dépolitisation des décisions, il est possible de reprendre le curseur là où il s’est arrêté, de relancer la machine avec toutes les chances de la conduire à bon port.

Je connais ce pays que j’ai parcouru jusque dans les derniers hameaux les plus reculés. Depuis trente ans, j’ai été près des plus grands acteurs politiques et syndicaux de part mon engagement politique sur le terrain. Mes fonctions à l’international m’ont permis de côtoyer les partenaires au développement et les amis du Bénin. Mes fonctions au sein du Gouvernement m’ont conduit au cœur de l’administration béninoise pour en comprendre les rouages et le fonctionnement, mais aussi face au secteur privé dont je connais les contraintes et les besoins. Les problèmes de la jeunesse et du monde paysan sont également connus et les réflexions ont été menées sur les solutions à envisager pour se tourner résolument vers la reconstruction de l’espoir et ancrer définitivement le Bénin dans un processus irréversible de développement.

Il y a donc bien en effet des raisons d’espérer. Comment y arriver ?

Organisation et Méthode

Ma candidature que je vous présente pour l’élection présidentielle de 2016 s’exprime à travers une Vision et un Projet de société décliné en douze chantiers à réaliser impérativement entre 2016 et 2021. Je vous propose dans les lignes qui suivent mon approche organisationnelle et méthodologique pour joindre les actes à la parole. L’option de regroupement des thématiques du projet de société en douze chantiers que j’ai choisie, exprime clairement ma volonté d’innovation et de réformes profondes dans la stratégie comme dans la démarche. Une démarche basée essentiellement sur :

1- Trois grands écueils à éviter

– D’abord, la politique-spectacle : Beaucoup d’écueils, telles des métastases se sont installés dans les allées des palais présidentiels et des ministères et finissent par polluer les agendas politiques des dirigeants et, cela arrive partout, y compris au Bénin. L’un de ces avatars s’appelle la politique-spectacle, un phénomène de mode, caractérisé par les « noms d’oiseaux, les mensonges et les petites phrases » qui fusent et remplissent les espaces politiques en lieu et place de véritables débats d’idées et de société. Une tendance qui reste très éloignée des préoccupations des populations démunies de notre pays. Nous avons le devoir impérieux de nous attacher à l’essentiel, c’est-à-dire le quotidien des populations : l’emploi, la santé, l’eau, l’hygiène, l’énergie, la nourriture, l’éducation, les infrastructures routières, pour ne citer que celles-là.

Je vous propose de :

             Renouer avec la ponctualité, le respect des horaires de travail, ainsi que la gestion axée sur les résultats dans nos administrations et dans nos entreprises.

             Résoudre la question de l’eau, de l’énergie et des infrastructures de télécommunication, puis d’aborder avec nos municipalités concernées la situation récurrente de nos villes face aux inondations en période de pluie.

             Etablir une cohérence et une synergie dans notre système de santé pour permettre à chacun d’accéder aux soins.

             Réformer notre système d’éducation pour faire de notre jeunesse la nouvelle élite africaine.

             Poursuivre les efforts de modernisation de notre environnement des affaires, pour faire de nos entreprises, des pôles compétitifs d’excellence, seul gage de création d’emplois pour nos enfants et de richesses partagées pour tous.

– Ensuite, le fléau de la corruption : dans nos sociétés gagnées par la frénésie du gain facile et des appâts du modernisme, le fléau de la corruption est omniprésent ; les scandales de la corruption défilent sous nos yeux, avec des Hommes véreux et des sommes faramineuses chiffrées en milliards. En dépit des discours de lutte contre cette gangrène, le monde politique est englué dans ces scandales à répétition. Chaque année dans notre pays, ce sont des milliards de CFA qui prennent des chemins de traverse, détournés des chantiers auxquels ils sont destinés et de leurs objectifs de développement. Il est crucial de s’attaquer aux causes réelles de ce mal endémique.

Je vous propose de :

             Revoir les grilles de rémunération et de valorisation de nos ressources humaines.

             Etablir un dispositif de promotion basé sur le travail et le mérite.

             Rompre avec le système d’impunité devenu récurrent à tous les niveaux.

Ce sont là les priorités non négociables du quinquennat.

– Enfin, conformément à mon projet de société, je vous propose de rompre avec les effets d’annonce, les engagements non tenables ainsi que les promesses vaines fondées sur « des coups de pub » et autres discours démagogiques déconnectés des réalités et des actes.

2-            L’exigence de valeurs éthiques dans l’espace public

La mise en œuvre opérationnelle et optimale du projet de société que je vous soumets nécessite des décisions drastiques en amont. Et celles-ci portent d’abord sur les valeurs éthiques que nous allons tous promouvoir au cours du prochain quinquennat. Celles-ci s’articulent autour de trois principes fondamentaux qui définissent la qualité d’être et du vivre ensemble.

             Premier principe : le respect de la parole, des Hommes et de la chose publique

             Deuxième principe : rendre des comptes, reconnaître ses torts, faire son autocritique

             Troisième principe : lutter contre les pratiques népotistes et régionalistes

3- De grands pôles de bonne gouvernance et de développement

Outre les compétences requises, l’intégrité morale et la valeur de l’exemple, la mise en cohérence des paroles et des actes seront déterminantes dans le choix de celles et de ceux qui seront appelés à assumer des responsabilités dans les grands pôles de bonne gouvernance et de développement proposés dans mon projet de société. Du reste, ces grands pôles portent bien leur nom : ce sont des miroirs de bonne gouvernance et de développement et non des niches de personnes en quête de notoriété et d’enrichissements illicites.

4- Une feuille de route claire et réaliste par pôle de gouvernance

En plus du projet de société déclinant les douze chantiers de développement et de modernisation du Bénin, en plus du programme détaillé des projets et actions, chaque dirigeant disposera d’une feuille de route indiquant clairement les missions, les objectifs sectoriels assignés, ainsi que les moyens et les délais de réalisation. Cette feuille de route sera rendue publique et connue de tous les collaborateurs du ministre. C’est elle qui servira in fine d’outil d’évaluation des réalisations et aussi de l’engagement personnel du dirigeant dans sa propre gouvernance et dans la mise en œuvre des projets.

5- Un agenda de mise en œuvre cohérent et contraignant

La mise en œuvre de mon projet de société n’est ni optionnelle ni facultative. Elle s’inscrit dans un agenda contraignant à deux niveaux : le calendrier et l’évaluation.

  • Le calendrier de mise en œuvre : effective dès ma prise de fonction si je suis élu. La feuille de route précise quant à elle le cap avec des objectifs réalistes et des résultats impératifs attendus, qui doivent faire l’objet de bilans réguliers : mensuel, trimestriel, annuel, triennal et enfin quinquennal. Il n’y aura pas de place pour les « chefs » en nombre pléthorique qui peuplent les bureaux de l’administration : « des gens affairés sans rien faire » comme dit Saint Paul.

  • L’Evaluation

C’est pour cela que la mise en œuvre du projet de société s’appuie sur les impératifs catégoriques de cet autre instrument de référence portant « Organisation et Méthode » qui comporte aussi un volet Evaluation de l’action conduite dans chaque secteur sur une base très concrète.

« Nous devons incarner le changement que nous voulons voir dans le monde » disait le Mahatma Gandhi. Gandhi a fait ce qu’il a dit. Je m’engage à :

             Suivre l’exemple de Gandhi en incarnant la transformation que je veux pour le Bénin.

             Rester l’homme de parole que vous avez connu dans mes diverses fonctions nationales et internationales.

             Témoigner par la force de l’exemple et du travail, fait avec ferveur, rigueur et ténacité ; avec comme seule boussole, l’intérêt supérieur de notre pays, l’amélioration concrète des conditions de vie de la grande majorité de notre population.

             Contribuer à améliorer le quotidien de chacun, ouvrir notre pays sur de nouvelles avenues de développement économique et social ainsi que sur les perspectives de modernisation du pays dans un monde en constante mutation !

C’est aussi ce que je demande à toutes les Béninoises et à tous les Béninois, dans une nouvelle culture éthique de la vie publique, afin de préparer dès 2016, le Bénin des générations à venir, le Bénin de nos enfants et petits-enfants !

Issifou Kogui N’douro