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Yayi Boni viole quotidiennement le code électoral

Entre inaugurations d’infrastructures sociocommunautaires, lancements de chantiers et promesses mirobolantes, le chef de l’Etat est omniprésent dans les villes, villages et campagnes du Bénin depuis plusieurs semaines. Une attitude qui contraste avec les habitudes d’un chef d’Etat en fin de mandat, à telle enseigne qu’on se demande s’il n’est pas en campagne avant les candidats.

Les tournées et descentes du chef de l’Etat à l’intérieur ne se comptent plus. Tant elles s’effectuent à un rythme effréné qui échappe à tout calcul. Dimanche Yayi Boni était dans la Commune de Ouidah pour lancer l’électrification dans un quartier. A quelques heures d’intervalle, il était à Porto-Novo pour le lancement des travaux de construction du parc d’attraction de Dowa. Avant ces deux départements, c’est le Mono-Couffo qui a été la cible du président de la République. Yayi Boni s’est rendu trois jours de suite dans la Commune de Lokossa où le maire Dakpè Sossou lui a tourné dos. Quelques semaines plus tôt, il était allé pêcher dans les eaux de Nago en lançant plusieurs travaux à Bopa. On ne compte plus ses incessantes tournées dans le nord du pays, principalement dans l’Alibori et le Borgou où Sacca Lafia ne cesse de rappeler à Yayi qu’il est fini, et où l’encrage politique de l’alliance soleil est perceptible. Avec cette liste déjà bien longue, on en oublie presque que Cotonou est son terrain de sport favori. De l’inauguration d’adduction d’eau à Yèmicodji, devenu célèbre à l’annonce de la construction d’un échangeur au carrefour « Toyota », Yayi Bonis’est découvert un regain d’ambitions pour cette ville.

 Yayi à la conquête des terres de l’opposition

 Autant ils sont nombreux, autant les lieux des déplacements du chef de l’Etat sont minutieusement choisis et la communication qui les entoure savamment orchestrée. Le point commun à tous ces déplacements, c’est que Yayi Boni concentre ses efforts dans des régions où la liste Fcbe qui jure lui offrir 50 députés aux législatives est en délicatesse. Ce scrutin revêt pour lui un double enjeu. Se trouver une majorité au parlement pour tout au moins bien finir son mandat. Et barrer le chemin du retour au parlement à certains de ses alliés dont le départ lui est resté comme un os dans la gorge. Contrairement à 2011, la naissance de l’alliance soleil met Yayi et la mouvance sous forte concurrence dans le nord. De même, la 6ème circonscription avec les départs conjugués de Claudine Prudencio chez l’Union fait Nation et de Patrice Hounsou Guèdè à l’Alliance Nationale pour la Démocratie et le Développement, la liste Fcbe paraît plus que jamais fragile. Idem dans la 5ème où Chantal Yayi, tête de liste des Fcbe, doit faire avec le départ de Célestine Adjanohoun, pour affronter le maire Sévérin Adjovi ou encore Eric Houndété. Même s’il s’en défend, le chef de l’Etat est en campagne. C’est la même stratégie que le président de la République a utilisé avec succès en 2007 et 2011. Son conseiller politique Amos Elègbè l’a admis ; Yayi est un président populiste.

 Abib Ishola Aouna