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La présidentielle de 2016, l’après-Yayi, la recolonisation sous le couvert la candidature de Lionel Zinsou, le procès du régime finissant, tout ceci représente un mauvais présage pour l’avenir du pays. Les acteurs politiques et du monde syndical, ont à l’initiative de l’ancien président Nicéphore Soglo, posé le diagnostic avant d’envisager des pistes de réflexion pour conjurer le danger qui guette le Bénin. Les résultats de leur concertation débouchent sur la prise des actions communes pour barrer la route à la fraude massive qui se prépare et au complot en gestation avec la candidature du franco-béninois, Lionel Zinsou.  Il faut mettre fin au système Yayi quelle  que soit la forme qu’il prendra. 

 Le maire de Cotonou Nicéphore Soglo  n'est plus le bienvenue à Xwlacodji

Soglo: « Il faut que les candidats aient une feuille de route »

« Pour ce qui concerne la fraude, on veut faire de nouvelles cartes. Les médias doivent mettre l’accent là-dessus. Il faut le répéter partout parce que c’est l’une des techniques de fraude. Si nous n’arrivons pas à faire ce que les Burkinabé et les Sénégalais ont fait, nous n’aurons que les yeux pour pleurer. Nous allons rentrer dans la violence parce que ce que tout le monde dénonce va se passer. Il faut qu’on voit avec les représentants des partis politiques, les syndicats, la presse, et qu’on insiste là-dessus. C’est fondamental. Il y a la question de la feuille de route. On ne devient pas président pour être président. Cela n’a pas de sens. Qui devient président et pourquoi ? Quelle est la cible numéro 1 ? Dans les pays qui ont une vocation essentiellement agricole, on vient d’abord pour le paysan. Les gens ont changé des pays comme la Chine  parce que la longue marche est appuyée sur les paysans. Cela te donne ta feuille de route. C’est sur les paysans que nous prélevons les taxes à l’exportation. Qui crée la richesse, c’est d’abord le paysan. Le premier entrepreneur du monde, c’est d’abord le paysan. Il y a aussi l’aspect culturel.  Yayi Boni, pendant 10 ans, nous a dit qu’il est pasteur. Mais si on lui demande en quoi il croyait avant que ces pasteurs n’arrivent, il dira quoi ? C’est quelqu’un qui n’a pas de culture du tout. Il a créé Fcbe et a mis les cauris. Est-ce qu’il sait d’où viennent les cauris ? Il y a un travail de pédagogie que nous devons faire. On ne peut plus prendre quelqu’un pour qu’il vienne dire : « Je suis président. Je  vous donne de l’argent, non. Migbè. On ne veut plus. Il faut lui donner une feuille de route. Sur tel ou tel point est-ce que nous sommes d’accord ? Ce n’est pas ton argent qui va faire que nous allons oublier d’où nous venons. Il y  a également la question de l’énergie. Sans énergie, il n’y a pas de développement. Nous avons vécu délestage sur délestage. Non ! Quand je suis arrivé, on a fait monter le financement du barrage d’Adjaralla. Si quelqu’un devient chef de l’État il faut qu’il ait dans son calendrier et qu’il vous rende compte parce que nous avons une obligation de compte rendu. Vous ne m’avez pas donné chèque en blanc. La feuille de route est un élément capital. De la même manière, qu’est-ce qu’on doit produire à un immense marché qui est le marché du Nigéria ? Ils seront 500 millions en 2050 et tout le monde court. Que faisons-nous ? Il y a cela aussi que le président doit nous rendre compte. Le dernier élément c’est la communication. Il faut absolument que le président ait une feuille de route. On doit pousser les candidats dans leur dernier retranchement. On ne va pas inviter quelqu’un contre quelqu’un. On doit dépouiller chaque candidat ».
Transcription Hospice Alladayè
 L’impossible mission du Comité
La rencontre d’hier au Chant d’Oiseau a été sanctionnée par une résolution à travers laquelle, les participants ont annoncé des actions à entreprendre pour conjurer le danger. Placée sous l’égide de l’ancien président de la République, Nicéphore Soglo cette assise est allée au-delà de ce qui était annoncé comme préoccupation à transcrire en résolution. En effet, les participants se proposent de mettre sur pied un comité de réflexion qui étudiera le profil du prochain président de la République. Il y a quelque chose qui ne va pas à ce niveau. Si l’on est préoccupé de voir les idées émises se concrétiser, on doit craindre qu’un certain malaise s’installe en leur sein et  la source pourrait bien  être ce périlleux exercice  qui consiste à dresser le profil du prochain président de la République. Cela relève de la gageure. En d’autres termes, il sera difficile à réaliser à cause de sa complexité. Ce projet représente une sérieuse menace pour l’évolution des débats au sein de ce cadre de concertation. Pourquoi ? D’abord, l’idée est venue trop tard dans un monde trop vieux où tout le monde connaît déjà ceux qui aspirent  diriger le pays après le départ de l’actuel chef de l’Etat, Yayi Boni. A la date d’aujourd’hui, et à moins de deux mois de la tenue du 1er tour de l’élection présidentielle, le terrain est déjà occupé par les différents candidats. De plus, dans un contexte où la classe politique de même que les populations ont déjà choisi leur joker et travaillent sans relâche pour que la victoire soit du côté où l’on se trouve, présenter le portrait du futur président de la République consiste  à mettre en difficulté les candidats en course. On ne les voit pas en train de soutenir une telle idée. Car, en  prenant part à la rencontre d’hier ou en se faisant représenter ne veut pas dire qu’ils sont favorables à tous les sujets débattus. Il est vrai que c’est une question préoccupante, mais le moment choisi pour l’aborder n’est pas propice. Un tel exercice fait à temps, sauverait le pays de ce vilain spectacle auquel on assiste dans le cadre de l’élection présidentielle prochaine avec une multitude de candidatures. Ce qui rend encore plus difficile la réalisation du projet, c’est qu’autant qu’ils sont, les candidats se disent qu’ils sont en mesure de porter la charge. Or, dresser le portrait du prochain  président revient à montrer dans le lot ceux  qui ont vraiment le profil. Personne ne sait encore, les critères de définition, mais on sait que les arguments ne manqueront pas. Cependant, les résultats du comité ne seront pas au-dessus des dispositions constitutionnelles en la matière. Le cadre de concertation doit éviter d’aborder des sujets qui risquent de l’enterrer prématurément.
FN