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Gilbert-Togbonon2Le Procureur spécial près la Cour de répression des infractions économique et du terrorisme (Criet), Gilbert Togbonon,  a tenu, hier jeudi 27 septembre,  un point de presse, à Porto-Novo, pour mettre  fin à la polémique au sujet des attributions de sa juridiction. Il est par ailleurs revenu sur l’ampleur du trafic de drogue, qui a pris une énorme proportion depuis quelques années.    

« La Criet n’est pas juge des faits commis par les membres du gouvernement, dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leur fonction. En la matière, la Haute Cour de Justice demeure compétente ». C’est ce qu’il convient de retenir de la conférence de presse du Procureur de la République, Gilbert Togbonon. A l’en croire, la Crietn’a pas compétence à juger les anciens membres du gouvernement qui auraient commis des infractions à l’occasion ou dans l’exercice de leur fonction.  Toutefois, selon Gilbert Togbonon, la commission d’instruction de la Criet, composée de trois juges est compétente pour instruire tout dossier concernant les infractions commises par les anciens ministres conformément à la loi. Ladite commissionproduira, ensuite,  un rapport adressé à la Haute cour de justice. « Le Parquet spécial reçoit quotidiennement les plaintes et les dénonciations des citoyens et des organisations non gouvernementales», aussitôt déclaré, le Procureur spécial. Au cours de la même sortie, Gilbert Togbonon a fait le point des différents dossiers connus par la Criet depuis sa création il y a quelques mois. Dans sa déclaration, il a laissé entendre que cette juridiction a examiné plus d’une vingtaine de dossiers. Ceux-ci concernent les infractions liées au trafic de drogue, ainsi que les infractions économiques. « A ce jour, plus d’une vingtaine de dossiers ont été examinés. La Cour, aux audiences correctionnelles des 06 et 20 septembre 2018, a condamné des personnes poursuivies, dans divers dossiers de trafic international de drogue, à 20 ans d’emprisonnement ferme, à six (06) mois, deux (02) mois pour  détention et usage de chanvre indien. Egalement, elle a relaxé des prévenus. Egalement, elle a relaxé des prévenus. Elle s’est aussi saisie des dossiers à caractère économique et ceux relatifs à l’escroquerie en bande organisée via les nouvelles technologies », a-t-il ajouté.

 « De 2013 à 2017, 141 tonnes de drogue saisies, 608 personnes interpellées »

 Au cours de son intervention, le Procureur spécial s’est beaucoup attardé sur la recrudescence du trafic de drogue ces dernières années. « De 2013 à 2017, 453 saisies ont été effectuées. On y retrouve des drogues de diverses classifications. Ce trafic est organisé par des ressortissants de plusieurs nationalités, essentiellement des hommes dits « d’affaires » de 19 à 60 ans qui assurent le transit de la drogue et ravitaillent le marché local », a-t-il souligné. Sur la période 2013-2017, 608 personnes ont été poursuivies et beaucoup d’entre eux ont été condamnés avec une quantité totale de plus de 141 tonnes de drogues saisies. Au regard de l’ampleur du phénomène, Gilbert Togbonon a insisté sur l’effort de veille collectif. « Le Parquet spécial en appelle à l’attention de tous les parents envers leurs enfants, et à la collaboration des populations à travers des dénonciations pour endiguer ce phénomène », a-t-il laissé entendre.

 Martin Aïhonnou 

(Coll)