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AnpcLa saison des pluies a démarré un peu plus tôt que prévue. Les conséquences sont toujours aussi difficiles à gérer notamment les inondations. Face à l’ampleur du phénomène, il faut bien agir autant que faire se peut pour amoindrir l’étendue des dégâts. Le chef département prévisions de l’Agence nationale pour la protection civile (Anpc), Georgino  Houessou évoque les réflexes à avoir en cas d’inondation. Il est intervenu sur la radio Océan. Lire ci-dessous l’intégralité de l’entretien.

Matinal : Est-ce que vous avez  d’estimation par rapport à la pluviométrie ces derniers jours ?

Georgino Houessou : Nous avons enregistré déjà dans la journée du vendredi dernier et dans le week-end plus de 150mm de pluie qui sont tombés sur la ville de Cotonou alors que déjà avec  80mm de pluie nous avons l’inondation à Cotonou. La ville de Cotonou est un peu sous les eaux, mais il faut également dire que ces eaux après une heure,  deux heures la plus part  des eaux regagnent le grand lac. Lorsqu’il pleut vous voyez toujours très tôt dans la ville, même sur les voies bitumées qu’il y a un peu d’eaux. En fait c’est parce qu’il y a problème de dimensionnement des caniveaux du coup ils sont bouchés et également la nappe qui est affleurent donc ne prend pas assez d’eaux. De plus les eaux ne coulent pas puisque la cote n’est pas forte au niveau de Cotonou vers les grands lacs. En plus les populations s’installent de manière anormale tout cela empêche la circulation des eaux.

A la vue de ces facteur, cela parait être une fatalité. Pouvons-nous  en sortir ?

 Nous pouvons bien sûr nous en sortir. Vous pouvez constater qu’il y a des endroits qui étaient naturellement inondé mais qui ne le sont plus. Lorsque vous allez à Fidjrossè, il y a le pont avant d’aller au carrefour Calvaire vous allez voir que cela a été aménagé. Puis vous allez voir également dans Agla qu’il y a une partie un peu avant la pharmacie Salem ou l’eau stagnait sur les pavés.

Mais pourtant, nous constatons qu’il y a toujours de l’eau quand on dépasse le marché Hlazounto pour aller à la pharmacie Salem ?

Oui, mais pas comme avant puisqu’il a eu des aménagements qui ont été faits au niveau des bassins de Cotonou. Il faut comprendre qu’il y a beaucoup d’autres choses qui ont été prévues dans le PAG notamment l’aménagement d’une trentaine de bassins dans Cotonou. Prenez par exemple au niveau de l’Eneam à Gbégamey, vous verrez toujours de l’eau sur ces pavés tout simplement parce que les collecteurs qui drainent les eaux vers le grand lac sont bouchés par la population. Agla qui est toujours inondé est en effet un réservoir d’eau.

 Ne devrait-on pas y habité ?

Normalement on ne devrait pas y habiter. Les eaux doivent en principe transitées par là pour le lac Nokoué. Les travaux d’aménagement doivent être refaits pour que l’eau coule normalement. Je pense que le gouvernement est en train de travailler.

Avec les différentes anomalies qu’on constate,  est-ce qu’on peut encore parler des deux grandes saisons qu’on nous a toujours enseignées à l’école ?

Les spécialistes en la matière ne nous ont pas encore affirmés qu’il n’y ait plus deux saisons. Quand les pluies commencent tardivement ou précocement cela ne veut pas dire que les saisons ne sont plus ce qu’elles doivent être.

Quelles sont les prévisions pour les jours et semaines  à venir par rapport à la pluviométrie ?

 L’ANPC ne fait pas des prévisions. C’est la cellule interinstitutionnelle (composé de l’agence météo-bénin, la DGO et l’UROM), à travers ces trois structures qui font les prévisions. L’ANPC se charge de diffuser  selon le mode opératoire de communication en cas d’anomalie hydro thématique en République du Bénin. Journellement  nous recevons deux bulletins. Le premier bulletin commence un peu dans l’après-midi et s’achève le matin vers 10h. Le second commence à 9h voire 10h et s’achève dans l’après-midi. Quand nous recevons ces bulletins, nous avons le devoir de diffuser et de communiquer.

Quand on est inondé en pleine pluie, comme  ce qui a été le cas dans plusieurs maisons il y a quelques jours, quels sont les premiers réflexes ?

Si vous êtes dans une zone inondable, vous devez simplement quitter la zone. Dans le cas contraire vous devez maitre en hauteur les actes de naissance des enfants. Ne permettez pas que les enfants soient dans l’eau. Dormez un peu en hauteur et attacher les enfants aux lits pour qu’ils ne tombent pas dans l’eau. Sinon l’idéal serait de quitter la zone inondable et de rejoindre les parents à coté si possibles. Une fois que les eaux se seront retirées vous pouvez regagner les lieux. En cas de surprise, appelez le 166 pour joindre la Police Républicaine ou les sapeurs-pompiers sans oublier l’Agence National pour la Protection Civile.

C’est aussi la période de la montée des eaux. Quelles sont les zones les plus inondées par ce phénomène ?

La période de crue, là vous parlez de nos bassins. Nous avons quatre bassins que nous surveillons comme du lait sur le feu. Nous avons le bassin du Niger et celui de l’Ouémé. Le bassin du Niger à Malanville, le pont s’est écroulé. Avec ce bassin nous avons un débit d’eau de 2800m3 d’eau par seconde. Avec ça étant donné que l’infrastructure avait déjà subi des chocs, avec les inondations précédentes puis avec celle-ci,  l’infrastructure s’est effondrée. Les messages sont allés au niveau des mairies,  pour activer les plateformes au niveau communal et les plateformes au niveau local. Les sensibilisations  au niveau des éducateurs sont en cours. L’Anpc est aussi  sur le terrain et organise le transport fluvial  avec la force navale. Après nous avons également le bassin de l’Ouémé  qui couvre 45 communes en République du Bénin et plus de la moitié de la population béninoise. Donc sur ce bassin les alertes sont également lancées au niveau de Zagnanado, de Zogbodomè, de Ouinhi et de Adjohoun. Les mêmes consignes qui ont été  données au niveau du nord sont données également à ce niveau pour que les populations, les plateformes locales puissent activer  pour une sensibilisation de proximité.

Propos recueillis par : Rachida Houssou