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conseilLa décision du Gouvernement qui interdit la tenue des manifestations civiles sur les voies publiques laisse entrevoir plusieurs conséquences. Il s’agit de son impact sur le coût d’organisation des manifestations civiles, les entreprises intervenant dans le domaine de location de bâches, chaises et autres, et le probable débordement des quelques salles de fêtes déjà peu nombreuses etc. 

La mesure est bonne, le disions-nous, dans notre parution du jeudi 1er décembre. Elle va mettre fin à une mafia et réduire les peines des usagers des routes dans les grandes villes les week-ends. A côté, il y a aussi un aspect non moins important. Il s’agit de son impact sur la fréquence des manifestations civiles. D’abord, dans la ville de Cotonou, par exemple, il y a peu de salles des fêtes. Celles qui existent ne sont pas accessibles à tout le monde, en termes de coût. Cette décision du Gouvernement va sans doute encourager la construction de nouvelles salles des fêtes. Mais avant cela, elle aura une conséquence sur la fréquence des manifestations civiles. Les cérémonies mortuaires, les mariages, les cérémonies de libérations et autres vont diminuer, puisqu’il y a aura manque d’espace pour les abriter. Ou alors, elles auront lieu, mais de manière sobre, de façon à faire moins dépenser les organisateurs. Cette mesure a donc l’avantage de décourager l’organisation onéreuse desdites manifestations. Des familles vont beau avoir l’envie d’organiser des cérémonies grandioses pour leurs morts, mais n’auront pas d’espace pour les abriter. Faudra-t-il aller inhumer un parent dans un cimetière et convier les gens à une salle des fêtes situées à des kilomètres pour la réception ? Sera-t-il encore utile pour des gens d’aller louer une salle des fêtes dans le cadre d’une cérémonie de remise de diplômes alors qu’avant, il suffisait de négocier avec le chef d’arrondissement pour bloquer toute une voie.

Les grands perdants de tout ceci sont ceux qui louent les bâches, chaises et autres accessoires utiles pour l’organisation de cérémonies du genre. Ils seront moins sollicités. Beaucoup de maisons ne disposent pas d’espaces vides pour accueillir assez de chaises et de bâches. Généralement, les salles des fêtes sont équipées. Et donc, ceux qui doivent souffrir dans cette situation ne sont pas seulement les familles et autres personnes qui misent pour des cérémonies pompeuses, mais aussi les entreprises de location pour divers services. Pour les agences et structures qui interviennent dans l’événementiel, c’est une bonne nouvelle. Elles seront plus sollicitées qu’avant, car les manifestations dans les rues et autres ne connaissent pas trop leurs interventions. Ceux qui louent les bâches et chaises offrent en même temps des prestations de décoration.

Les écoles et collèges comme recours ? 

Au sein de l’opinion publique, les écoles et collèges sont déjà visés pour abriter les manifestations civiles. Le conseil des ministres a semblé manquer de précisions à ce niveau. Et donc, il est possible de voir désormais les cours d’écoles et collèges prises d’assaut les week-ends dans le cadre desdites manifestations. Si c’est le cas, bonne nouvelle pour les directeurs d’école et chefs d’établissement des villes de Cotonou, Calavi et Porto-Novo, surtout.

Félicien Fangnon