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Philippe-Noudjènoumè, le premier secrétaire du Parti communiste  béninois
Le 1er Secrétaire du Pcb appelle le peuple à voter Talon

C’est un secret de polichinelle que le Parti communiste du Bénin (Pcb) fait désormais partie des soutiens au candidat de la rupture Patrice Talon. Dans cette interview du premier Secrétaire, Philippes Noudjènoumè, le numéro 1 des communistes revient sur les réelles motivations du choix opéré.  

Le Matinal : Les Communistes ont pour réputation de ne soutenir aucun candidat à la présidentielle.Pourquoi, cette fois-ci, vous apportez votre soutien à Patrice Talon ?

 Philippe Noudjènoumè : Nous sommes en alliance avec d’autres partisdésormais au sein de la convention patriotique des forces de gauche. Bref, ça c’est une précision. Il faut nuancer votre question parce qu’en 1995, nous étions en alliance avec le parti Rb du président Nicéphore Soglo à l’époque au Pouvoir. On s’est présenté lors de la présidentielle de 1996, notre 1er secrétaire à l’époque, feu Pascal Fatondji, était candidat à la présidentielle de 1996, mais au second tour, pour faire jouer l’alliance qui existait entre la Rb et le parti communiste du Bénin, nous avions appelé, à l’époque, à voter pour le candidat qui s’oppose au retour de Kérékou qui était pour nous le retour de la dictature et le retour de la Françafrique.Donc, ce n’est pas la première fois que nous appelons à voter pour quelqu’unqui n’est pas de notre parti. Je tiens à faire cette précision avant d’aller plus loin.

 Pour aller plus loin, qu’est-ce qu’on peut retenir comme motif ?

Nous sommes les premiers à dire, depuis sa nomination comme 1er ministre dans ce pays en juin 2015, que Lionel Zinsou était un colon qui vient pour coloniser notre pays. De ce point de vue, il faillait que tout le peuple s’unisse pour empêcher la recolonisation de notre pays. Et on s’est battu contre le colon qui vient pour coloniser notre pays. Il appartient à l’appareil gouvernemental français.Ilest l’un des concepteurs des plans de domination française en Afrique. Et de ce point de vue, Il était question pour nous de savoir qu’il s’agit d’une recolonisation du Bénin et de l’Afrique à partir du Bénin. Nous avions lancé l’appel dès ce moment-là à toutes les forces patriotiquespour qu’elles s’unissentpour empêcherla recolonisation. A titre particulier, j’ai rencontré pratiquement les principaux candidats actuels à savoir leprésident Talon, Ajavon pour dire attention. En dehors de tout, il est vrai que pour nous, si l’élection présidentielle se déroule, rien de bon ne sortira pour le peuple parce que c’est sur la base de l’argent, de lacorruption et de la fraude. Cependant, le facteur qui constituait à faire intervenir un candidat de l’extérieur dans notre pays qui, en fait, est une agression contre le peuple ainsi que toutes les forcespatriotiques de ce pays s’unissent pour faire face à ça et pour éviterqu’ils ne nous arrivent l’humiliation que tous les Africains craignent pour nous. De ce point de vue, la contradiction principale, ce n’est pas d’abord de voir le contenu des programmes de ceux qui sont là et de voir qu’il s’agit d’un phénomène decolonisation.Nous avons appelé au 1er tour de la campagne à battre, par tous les moyens, le candidat de la France-Afrique. On s’est battu dans toutes les régions. Maintenant on a obtenu unedemi-victoire. Au lieu de Ko 70 % prévu pour eux, nous avions estimé qu’il faut parachever la victoire du peuple qui se refuse à être recolonisé. Enconséquence, n’importe qui qui se présente devant le colon, on appellera à voter pour lui.D’où la logique que nous avions observé à savoir, il faut voter contre le candidat de la recolonisation. Donc, pour Patrice Talon. Notre bureau politique l’a réaffirmé. Il nous a donné mandat de le faire. Nous avons fait ça effectivement en lançant l’appel à tous nos militants, du nord au sud de l’est à l’ouest, pour qu’ils se mobilisent pour éviter la honte et l’humiliation qui consisterait à faire un élément de Françafrique au Bénin pour venir encore recoloniser la terre de Béhanzin, de Kaaba et de Bio Gerra. Voilà pourquoi nous avions lancé ce mot d’ordre.

 Est-ce qu’on peut dire que c’est parce que vous combattez le candidatZinsou, le candidat de la Françafrique ou bien vousavez des penchants pour Patrice Talon ?

On a écouté le peuple. Généralement, tous ne sont pas pour, mais ils se disent « Patrice Talon, n’oublions pas. On le connait ». Est-ce que c’est la meilleure solution ? Nous avions dit qu’il y a des choses à redire, mais ce n’est pas là l’essentiel. L’essentiel pour nous c’est d’éviter que notre pays soit recolonisé. Enconséquence, celui qui est à même de dire non à ça, de faire barrage à cela, c’est Patrice Talon. Sans oublier que Lionel Zinsou vient de Yayi Boni dont la gestion a été caractérisée par descrimes tant économiques que politiques. Donc, la continuité, il faut l’éviter. Il y a deux phénomènes.D’abord, la continuité, c’est-à-dire le « après nous, c’est nous » que représente Lionel Zinsou. Deuxièmechose, la Françafrique. Du coup, il n’y a qu’une chose à faire : battre le candidat de la recolonisation en votant Patrice Talon. Peu importe ce que nous sommes.Nous avons l’intérêt du peuple aujourd’hui.Ce n’est pas la tête de Talon que nous regardons. Il faut battre nécessairement le candidat de la Françafrique. C’est l’intérêt du peuple que nous poursuivons.

 Quels sont les éléments, les leviers dont vous disposez pour assurer la victoire à Patrice Talon ?

Nos militants sont là. Nous sommes représentés partout. Toutes nos coalitions dirigées par nous sont présentes avec tous les autres partis contre le candidat de la recolonisation. On demande à nos militants de faire barrage au candidat de la honte, au candidat de l’ignominie, au candidat de l’horreur. Nous ferons tout pour qu’il quitte. Nous avons fait des affiches partout dans le pays et nous en ferons davantage pour barrer la route au candidat de la recolonisation et faire gagner Patrice Talon.

 Qu’attendez-vous de Patrice Talon, une fois qu’il sera élu président de la République ?

Le système aujourd’hui est à bout de souffle, et les institutions de la république sont en train d’être corrompues par l’argent, la fraude. Tous les postes électifs aujourd’hui sont acquis à coup d’argent. Il faut en finir.Il faut passer à autre chose. Il y a le régionalisme, le népotisme, les concours frauduleux, les crimes les plus horribles ont été commis. Il faut que le peuple béninois s’asseye et regarde les choses de près pour mettre en œuvre une nouvelle façon de faire les choses. Il faut aider le pays, promouvoir la fraternité et étendre le développement au plus vaste dans le pays. Nousl’avons déjà dit au sein de notre parti. Nouspensons que le prochain président qui sera élu évite le plus tôt possible le peuple à s’asseoir pour une belle façon de vivre ensemble dans la fraternité, l’amitié et le développement du patriotisme dans ce pays donc il faut nécessairement une assise que nous nous appelons états généraux. Il faut absolument cela et même les réformes qu’il propose ne sauraient avoir lieu s’il n’appelle pas le peuple au secours.C’est pourquoi nous, on propose des états généraux, une assise pour refonder un Bénin nouveau, selon eux. Voilà notre proposition par rapport au président Talon et on espère qu’il sera élu.

 Propos receuillis par Fidèle Nanga