Spread the love

Guy- MitokpeLa  Commission des lois au Parlement a déposé, mardi dernier, son rapport sur le projet de loi sur le nouveau Code électoral. En attendant l’étude du texte par la plénière, un émoi à nul autre pareil s’est emparé de la classe politique et de ceux qui alimentent les réseaux sociaux. On soupçonne Patrice Talon de vouloir écarter ses opposants dans la perspective des joutes électorales à venir.

Le quitus fiscal et le montant de la caution inscrits dans le Code électoral proposé à l’appréciation des députés de la 7ème législature ont créé, depuis quelques jours, une agitation difficilement compréhensible. Beaucoup critiquent le montant de la caution pour être candidat à l’élection présidentielle, fixée à 250 millions de francs Cfa. Ils y voient un signe évident d’une exclusion. On pense  et on le claironne à tue-tête, et sous tous les toits, que c’est, notamment  Sébastien Ajavon qui est visé par le quitus fiscal. La perte des avantages par un ancien Chef de l’Etat qui se présente aux élections viserait, pour sa part, Yayi Boni. Cela a suffi pour qu’une partie de l’opposition à Patrice Talon en profite pour demander une insurrection. Oubliant ainsi, qu’en démocratie, il vaut mieux privilégier un débat d’idées, argument contre argument, à toute forme de dictature et d’autoritarisme. D’ailleurs, ce ne serait pas excessif de dire que la levée de boucliers provoquée par les extraits du texte en discussion est symptomatique de la frilosité qui s’est emparée de ceux qui, en général,  ne veulent pas des réformes proposées pour le régime de la Rupture pour améliorer les conditions de vie des Béninois. En effet, l’opposition a compris que sa logique jusqu’auboutiste n’arrive pas à contraindre  le chef de l’Etat à changer de fusil d’épaule. C’est la logique des réformateurs. En effet,  leur opposition systématique et leur manque de constance n’entament en rien la popularité du Chef de l’Etat, Patrice Talon. Apparemment, les hommes et les femmes de notre pays ont compris la logique des réformes proposées afin d’amener le pays vers une émergence économique et plus de respectabilité. La joie exprimée par les populations à l’arrivée du Chef de l’Etat le 1er août devrait inspirer ceux qui préfèrent l’immobilisme. C’est un indéniable  un message de soutien. Car, les populations savent désormais que lutter contre la corruption  et tirer au clair les scandales laissés par les refondateurs ne peuvent  pas plaire aux obscurantistes de tout poil. Tout le monde sait aussi que les opposants n’ont certainement pas apprécié la levée de l’immunité des députés Idrissou Bako, Valentin Agossou Djènontin, trempés dans des scandales. C’est pourquoi d’aucuns, dans l’ombre, s’emploient à les braquer et à les renforcer dans leur logique d’entêtement.

Mettre fin aux candidatures fantaisistes

La logique des parlementaires est tout simple. Beaucoup parmi eux sont montés au créneau pour le clarifier. Il s’agit, à travers le nouveau Code électoral, de pousser la classe politique au regroupement, mais surtout de mettre fin aux candidatures fantaisistes à la présidentielle. Un candidat à l’élection présidentielle doit être rassembleur, et se prévaloir du soutien de bras financiers conséquents. C’est connu partout au monde. Le Bénin ne peut être une exception. Par ailleurs, un ancien président de la République, qui a eu à faire ses preuves, ne peut devenir un problème pour la jeune génération. Sinon, si l’on met dans un texte qu’un ancien président qui se présente aux élections perd ses attributs et privilèges, en quoi cela constitue-t-il une entorse à la marche normale des choses ?  Parfois, diront certains, il faut savoir faire ses choix et faire la part des choses. Du moins, si votre gestion n’a pas été irréprochable, il faut savoir raison garder. La plupart des Béninois savent que la minorité parlementaire est alimentée par un « biberon » dont les motivations sont claires : bloquer pour bloquer et faire échec coûte que coûte à l’action de Patrice Talon. Pour avoir bloqué la révision de la Constitution, ils devraient savoir à quoi s’en tenir.

Jean Paul Mahugnon