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idrissou-dine
Le Sg du Syntra Caa, Is Dine Idrissou

Le Syndicat des travailleurs de la Caisse autonome d’amortissement (Syntra-Caa) est en crise depuis peu. Pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants de cette situation, le Secrétaire général, Is Dine Idrissou nous a accordé une interview. Il a souhaité « que l’ordre syndical revienne au sein du Syntra-Caa » avec le nouveau Sg de la Confédération des syndicats autonomes (Csa-Bénin), Anselme Amoussou, centrale à laquelle le syndicat est affilié.

 Océan Fm : Depuis le dernier congrès de la Csa-Bénin,  on a constaté qu’il y a une crise au sein du syndicat de la Caa. Qu’est-ce qui se passe réellement?
 Is Dine Idrissou : Cette crise était derrière nous si nous n’avions pas des amis d’en face qui refusent de respecter les décisions de justice ainsi que la légitimité et la décision des travailleurs de la Caisse autonome d’amortissement (Caa), mais également le soutien d’officines extérieures à certains de nos collègues ce qui fait qu’aujourd’hui cette crise perdure. De quoi s’agit-il ? En fait, j’ai été élu le 15 mars 2016 à la faveur d’une élection organisée par Maître Akélé, huissier de justice. Cette élection est venue après une décision de justice qui demandait qu’on reprenne une élection antérieure de mon prédécesseur qui n’avait pas respecté les textes de notre statut sur plusieurs plans : le non-respect du délai de convocation, le non-respect de l’ordre du jour, la création de nouveaux textes qui n’existaient pas, la création des structures rattachées au bureau qui n’existait pas et j’en passe. Alors, après avoir discuté avec notre collègue, nous nous sommes rendus compte qu’il n’a pas voulu que nous nous asseyons pour régler la situation. De nos échanges, il a pris un conseil pour nous répondre et nous avons fait de même. Nous nous sommes retrouvés devant les tribunaux. Le juge a donc délibéré, et a demandé qu’on reprenne les élections. À l’issue de ces élections, j’ai été porté à la tête du Syntra-Caa par mes collègues à plus de 80%. Mais depuis ce jour, nous avons en face l’ancien secrétaire général sortant de la Csa-Bénin qui nous impose sa légitimité.
Alors, vous voulez dire que l’ex-Secrétaire général tire les ficelles de cette crise?
 J’ai du mal à faire la part des choses entre cette sortie qu’il voudrait angélique et cette tâche noire qu’il est venu mettre sur l’institution, parce qu’il part aujourd’hui en laissant la Caisse autonome d’amortissement dans un état de délitement. S’étant mal positionné dans cette affaire, il a créé les conditions d’une situation presque délétère qui continue de perdurer au sein de cette institution, parce qu’il fait miroiter qu’il y a deux syndicats. Il a même écrit au Directeur général pour lui dire qu’il ne nous reconnait pas et que c’est celui qui a été déchu par la Justice et qui n’est même pas allé aux élections qu’il reconnaît.
 Lors du congrès de la Csa-Bénin, vous avez déclaré que certains de vos collègues ont été convoqués au congrès en lieu et place du Syndicat pour prendre part aux assises. De quoi s’agit-il exactement ?
 Nous n’avons pas été associés aux préparatifs du congrès. L’ancien Sg de la Csa-Bénin estime que ce n’est pas avec nous qu’il doit discuter. Il a coopté certains de ses amis, des camarades non-mandatés par le Syntra-Caa et qui n’ont pas eu l’autorisation de la Direction générale pour nous représenter au congrès. Nous nous sommes rendus à l’ouverture du congrès au palais des congrès en nombre impressionnant (le bureau, le groupe syndical et le personnel), pour manifester notre désapprobation.
 Vous vous êtes rapprochés de lui, quelles sont les raisons qu’il vous a fournies ?
 Nous ne sommes pas rapprochés de lui, parce que nous avons rompu les amarres. Il a fait le choix de travailler avec un bureau non légal, de ne pas venir une seule fois rencontrer le personnel de la Caa pour savoir de quoi il s’agit. Malgré toutes les demandes d’audience, il a fait le choix de ne pas nous recevoir et de travailler avec ceux qui ne sont pas reconnus.
 Que disent réellement les textes de votre organisation syndicale ?
 La Caa n’est pas à sa première participation et la pratique est claire, c’est le bureau directeur avec à sa tête le Secrétaire général qui organise les participants pour représenter le Syntra-Caa à toute réunion, à tout congrès, à toute assemblée générale.
 Aujourd’hui, on a, à la tête de la Csa-Bénin, Anselme Amoussou, le nouveau secrétaire général. Qu’attendez-vous réellement aujourd’hui de lui ?
 Anselme Amoussou que j’ai appris à connaître est quelqu’un pour qui j’ai un grand respect. Je suis persuadé qu’il ne pourra pas se permettre de continuer à entretenir cette forfaiture. J’espère qu’au cours de son mandat, il règlera cette question. Il fera revenir l’ordre syndical et fera en sorte que le syndicat qui est reconnu soit celui là qui est effectivement le nôtre sur la base des textes et sur la base de ce que les juridictions ont décidé.
 En conclusion ?
 Je vous remercie pour cette occasion que vous m’aviez donnée. Je voudrais insister sur le fait que l’objectif du Syntra-Caa n’est pas de déteindre sur la sortie angélique que voudrait l’ancien Sg pour qui j’ai du respect. C’est un aîné qui a beaucoup fait pour ce pays, mais je considère, en tant que Sg du Syntra-Caa, que l’acte qu’ils ont posé est dangereux parce que c’est un acte qui déstabilise mon mandat. C’est un acte qui déstabilise ma mission et à la limite c’est un putsch syndical, parce que imaginez l’impression que la direction générale, les autorités d’en face pourraient avoir de nous. Donc, ce que nous faisons, s’il était à notre place, il ferait la même chose. Nous souhaitons vivement que la nouvelle page qui se tourne emporte avec elle, tout ce mauvais vent qui a soufflé et qui n’a pas été à l’honneur de notre confédération. Ceci, pour que l’ordre syndical revienne au sein de la Caisse autonome d’amortissement. Je vous remercie.  
       
 Propos recueillis par Océan Fm