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ayadji-jacques-0001Le président du Moele-Bénin, Jacques Ayadji, est un observateur attentif  des mœurs politiques béninoises.  Analysant les derniers développements de l’actualité politique nationale sur « Cartes sur table » de « Océan Fm » dimanche 13 janvier 2019, il a dénoncé ce qu’il appelle l «’hypocrisie ambiante» d’une  certaine partie de la classe politique. Préférant  être un soutien franc pour le chef de l’Etat, Jacques Ayadji s’est dit déçu de l’activisme débridé de l’ancien président Yayi Boni, qui, dix années durant, s’est employé à « déstructuré chaque secteur du pays ». Lire son interview.

Océan Fm : Dites-nous comment se porte votre formation politique ?

 Jacques Ayadji : Très bien. Si vous êtes un journaliste d’investigation qui est dans le suivi de l’actualité sociopolitique de notre pays, vous aurez su que le Moele-Benin s’enracine et s’étend partout au Bénin et au niveau de la diaspora.

 Vous avez rencontré des populations un peu partout des les communes, dans les hameaux, dans les arrondissements, nous avons vu des reportages de certains confrères et le Moele-Benin s’agrandit, c’est bien ça ?

 Vous savez ce n’est pas ce que  la radio et  la télévision montrent  qui sont des signes de la situation de l’enracinement des mouvements. Au contraire, ces foules sont trompeuses. Moele-Benin a décidé,  à travers ses principaux responsables d’à aller directement au contact des populations, département par département, commune par commune, arrondissement par arrondissement, village par village, quartier par quartier, hameau  par hameau, concession par concession.

 Et quelle a été la réaction des populations ?

 Je pense que le message de Moele-Benin passe. Mais, l’essentiel ce n’est pas ça. L’essentiel pour nous au niveau du bureau politique, au niveau des instances dirigeantes du partis, c’est d’abodr le message.  Parce que en fait lorsque vous êtes un leader, vous ne vous laissez par  conduire par  le peule, c’est vous qui conduisez le peuple dans la vérité.  Nous étions dans la Vallée. Nous avons commencé par Dangbo, nous sommes allés à Adjohoun et à Bonou. Aujourd’hui, les camarades continuent sur Ouinhi, Covè et ils vont finir par Djidja. J’ai à la maison une délégation de Sinadé qui est arrivée depuis 5h. C’est notre émission qui a fait que je leur ai dit de bien vouloir patienter pour mon retour à 11heures parce que je ne les connais pas. Vous allez à Kérou, vous verrez que nous sommes là-bas. Vous allez à klankpa, c’est déjà chez moi. Le roi de Aklankpa m’a fait l’honneur avec sa cours de venir me rendre visite à la maison la dernière fois, pour  me préciser que nous sommes avec le Moelle-Benin et je vais rendre là-bas en retour.

 Donc  Moele-Bénin n’est pas seulement dans les colline et le  Zou comme le disent  certains détracteurs ?

 Pas du tout, si c’était le cas, on n’aurait pas pu se conformer à la nouvelle Charte des partis politiques.

 On connaît désormais la date des prochaines législatives, et toutes les chapelles politiques affûtent leurs armes. Votre formation politique a décidé de ne pas adhérer aux deux blocs soutenant le chef de l’Etat. Alors,  que s’est-il passé ?

 Ce n’est pas ce que nous avons dit. Nous avons dit que pour le moment  Moele–Bénin n’est pas dans un bloc, parce que nous avons suivi le chef de l’Etat à l’occasion de sa prestation de serment à Porto-Novo, le 06 avril 2016.  Vous allez me permettre de vous lire une partie de son discours. Il a dit : « Je m’en voudrais de ne pas souligner avec force que l’enracinement de notre démocratie est largement tributaire du système qui est le nôtre,  et des valeurs qu’ensemble nous envisageons de promouvoir. Il n’est pas alors sans intérêt  de s’inquiéter du rôle de l’argent dans la compétition politique et le vote des électeurs. Il nous faut de toute urgence prendre la mesure du péril collectif auquel nous sommes exposés. En termes claires, si l’Etat démocratique auquel nous aspirons passe par des élections libres et transparentes,  tenues à bonne  date, le vote du citoyen en tant que moyen d’expression de son adhésion à l’idée démocratique doit être débarrassé de toute considération financière.  Ici et maintenant, j’appelle à notre conscience citoyenne et davantage au civisme pour faire cesser le règne de l’argent en politique.  C’est signé Patrice Talon, le 06 avril 2016.  J’étais à Porto-Novo, c’était ma conviction.  J’ai dit : nous avons maintenant notre leader, le premier des nôtres qui dit bon notre mal, le poison qui empêche tout développement du pays,  il va contribuer à y mettre fin. J’ai été beaucoup plus rassuré quand j’ai vu le Président Patrice Talon,  lors de ces rares visites sur les chantiers. Parce qu’il était en visite sur un chantier,  et les populations étaient déjà là pour recevoir ce qu’ils ont l’habitude de recevoir. Le président les a dit je ne vous donnerai pas de l’argent,  parce que si je me comporte ainsi je vous insulterais. Lorsque vous comparez le discours tenu par le Président et l’acte posé à l’occasion de ces visites, vous voyez que l’homme est convaincu de ce qu’il faut faire quelque chose contre ce désastre-là. Nous on observe tous les blocs qui sont au tour du chef de l’Etat, et on n’a pas encore identifié un bloc qui prenne à bras-le-corps ce volet de l’ambition, de la vision du Président Patrice Talon pour le pays.Donc, on a mis en place le Moele-Bénin pour constituer cette chaine qui va contribuer à aider le chef de l’Etat à atteindre ses objectifs. Surtout, à nous éviter tous ce périple collectif.  Voila pourquoi le Moele-Bénin est né. Et donc, Moele-Bénin est à la recherche,  au niveau de la mouvance,  des formations politiques qui vont mettre au cœur ce volet là. Nous n’avons pas encore eu.

 Donc  l’Union progressiste et le Bloc républicain,  ce n’est pas encore ça.

Si nous ne réglons pas le problème nous ne pouvons pas avoir des routes. Parce que quand vous allez mettre quelqu’un à la tête des routes, il va faire une réserve pour pouvoir les distribuer aux populations. Nous ne pouvons pas avoir de l’eau lorsque vous allez mettre quelqu’un à la tête de l’eau, il va prendre l’argent de l’eau pour aller distribuer par la suite. Donc, il faut d’abord commencer par là si nous trouvons, nous allons les associer. Mais si ca ne vient pas, le Moele-Bénin ne cherche  restera seul. Mais, aller aux élections,  c’est une décision que le bureau politique va prendre,  parce que le Moele-Bénin n’a pas d’argent.

 Je voudrais demander ou est ce que vous allez trouver les 2OO millions exigés.

 Lorsque vous êtes journaliste et vous posez  cette question, ça nous renforce dans notre vision de dire non à cela. Parce qu’Obama pour aller aux élections n’a pas sorti l’argent de sa poche.

 Est-ce que les Béninois sont capables de cela ?

 Les Béninois sont capables de cela parce que lorsqu’ils vont à l’église,  ils n’attendent pas que le prêtre leur distribue de l’argent. Il y en a  même qui vont jusqu’a cotiser de l’argent pour aller au pèlerinage à Dassa. Et ils n’attendent pas que le clergé leur distribue de l’argent.Ils vont même à Rome, ils vont à la Mecque. C’est pourquoi, le Moele-Bénin veut travailler à réconcilier le Béninois avec ses élites politiques. C’est parce que ces populations sont déçues que nous en sommes là. Ces populations sont un peu intoxiquées, malade aujourd’hui et il faut faire des élections, alors que le discours passe difficilement. Le mal arrive très rapidement, mais la guérison est difficile. Mais nous allons exorciser le peuple béninois de ce fléau, parce que si on ne le fait pas, quelque soit le leader qui va émerger au Bénin,  on sera toujours là à dire les mêmes choses, à se plaindre que les choses se passent mal, et que c’est le peuple béninois qui envoie ces dirigeants  aller voler. Je le dis avec beaucoup gravité,  mais c’est la réalité. J’étais à Bonou hier, et dans la foule quelqu’un disait que la campagne n’est plus à 5000 FCfa, la campagne est à 10 000 FCfa. Moi ça ne décourage pas, parce que il faut prendre cette personne à part,  et lui parler. On doit lui expliquer que si  on passe chaque quatre ans,  te donner 10 000 francs, 20 000, 30 000, 100 000 ou 1 million, tu ne peux pas t’affranchir. Parce que si l’argent de la corruption électorale, l’argent de l’achat de conscience,  devrait amener les gens à se réaliser,  nous n’en serons plus là,  parce que cet argent, nous  en avons eu à gogo sur les dix ans, de 2006 à 2016. On a mêmeà un moment donné  transformer le Palais de la République en « un temple de la corruption », où des gens s’alignaient et on distribuait de l’argent. Si ces sous devraient permettre aux Béninois de se réaliser,  on en serait pas là a se plaindre. Donc, il faut travailler et nous allons travailler. Mais si, nous devons continuer par dire, jedois également prendre ma part,  alors nous sommes sûrs que nous n’aurons pas de route, il n’y aura pas d’eau. C’est pourquoi le Moele-Bénin veut travailler pour la patrie. C’est pourquoi notre devise, est « vérité, travail, et patrie ».

 L’ «Union progressiste » contiendrait des dossiers, est la raison pour laquelle vous vous n’êtes pas fusionné à elle ?

 En tout cas, Moele-Bénin n’aura pas pour méthode de médire sur les autres. Moele-Bénin, va s’employer à expliquer au peuple béninois sa vision des choses. Nous, nous voulons travailler avec le peuple béninois dans la vérité,  sans l’hypocrisie, parce que l’hypocrisie est le deuxième mal de notre pays : l’hypocrisiecollective. Quand je vais sortir de  cette émission,  tous ceux qui vont m’appeler me diront que tout ce que tu as dit est vrai. C’est du parfait,  sans te dire ce qui  n’a pas marché,  pour qu’à la prochaine fois tu puisses t’améliorer. Moi,  j’ai besoin, et encore plus le chef de l’Etat,  qu’on lui dise la vérité. Tout homme est faillible,  et on peut se tromper de bonne foi. Donc la loyauté pour moi,  c’est par rapport à une hiérarchie de lui dire quand même ce que je pense de ma position.

 Est-ce que le chef de l’Etat vous écoute ?

 Il écoute beaucoup et,  surtout,  ceux qui ne sont pas d’accord avec lui. Lorsque vous êtes en train d’étudier un dossier et qu’il voit quelqu’un qui n’est pas d’accord, c’est à lui qu’il  va s’intéresser pour que la personne s’explique. Je demande donc, aux béninois de laisser l’hypocrisie,  parce que c’est elle qui nous tue. Boni Yayi a été le président que nous savons, avec les résultats que nous savons, il n’a pas été cela sans une bonne dose d’hypocrisie des béninois.

 Alors il y a l’ancien président Thomas Boni Yayi qui a saisi la balle au bond. Hier face aux femmes Fcbe, il disait que les parlementaires béninois ne doivent pas servir un homme mais le peuple et que la 7ème législature qui s’achève n’aurait pas bien fait son job.

 C’est une honte nationale ! Lorsquevous me dites des choses comme ça, vous me choquez parce que aujourd’hui je suis président de parti et je dois essayer de calmer mes émotions. Mais si c’est Yayi Boni qui le dit… Moi je ne l’ai pas écouté. Vous l’avez écoutez où vous ?  Qui a sorti la notion du Pi-Pan dans ce pays ?  Boni Yayi est mal placé pour tenir ses propos là, Il  a déjà fait ses 10 ans,  et il a fait ce qu’il a pu.Il a méthodiquement,   secteur par secteur, déstructuré ce pays. Et il a même dit qu’il va rendre le pays ingouvernable. Vous vous rappeler de çà ?Lorsque quelqu’un prête serment,  ou bien s’engage après avoir fait tout ce qu’il a fait là, pour dire je vais rendre ce pays ingouvernable, si on a des difficultés dans le pays aujourd’hui, des difficultés dues aux reformes, ..Vous savez sa lorsque vous êtes malade et qu’on doit vous opérer, si on ne vous anesthésie pas, l’opération sera dure. Lorsque vous êtes un enfant, on est obligé de faire une injection. On ne va pas vous anesthésier pour vous faire l’injection sinon elle vous fera mal. Mais après vous aurez la guérison. C’est Boni Yayi qui a posé des actes pour rendre ce pays ingouvernable comme il l’a dit,  mais ce pays est gouverné aujourd’hui. Mais c’est difficile parce qu’il y a des reformes. Ce qu’on a pris 10 ans pour gâter, pour réparer ça, c’est quand même difficile. Je ne sais pas quel mot utiliser. Je sors de moi quand Yayi Boni dit qu’il ne faut pas que l’Assemblée nationale serve un homme. Il avait voulu que tout le peuple le serve lui. Il dit « c’est moi ». Vous avez oublié cette allégorie du « C’est moi » ? L’eau « c’est moi », électricité « C’est moi ». Non quand même, il faut qu’il arrête maintenant. Il faut qu’il arrête ! Et c’est parce que nous sommes dans l’hypocrisie dans ce pays que des gens comme ça reprenne dans ce pays. Dans les pays qui  se respectent,  lorsque vous avez été ce que vous avez été, vous allez dans la poubelle de l’histoire. Est-ce que vous avez revu certains présidents dans un passé pas trop lointain prendre la parole par rapport à ce qui se passait ? Non, lorsque vous fautez là, vous rentrez dans la poubelle de l’histoire. Il faut que le peuple se comporte de façon à ne pas plus revenir chercher les objets sacrifiés. Chez nous, on dit « celui a fait les sacrifices ne revient pas chercher les objets sacrifiés ». Donc si Boni Yayi revient aujourd’hui, que c’est lui la solution. Non, qu’est-ce qu’il a fait pendant ces dix ans pour renforcer la démocratie et l’Etat de droit ? Parce que c’est ce que vous avez fait que l’autre hérite. Aujourd’hui, on dit oui on a posé tel acte. Mais qu’est-ce que, en tant que président de la République, il a fait pour que le président Patrice Talon soit incapable de faire certaines choses qu’il fait aujourd’hui et qui ne lui plaise pas. Pas du tout, pas du tout. Nous nous sommes bien placés pour parler de cette gouvernance de Boni Yayi. Donc, dites que (…) si la cour du mouton est salle,  il ne revient pas au cochon d’en parler. Non, je suis désolé. Je ne dis pas que aujourd’hui le président est Jésus-Christ, il est Dieu et tout ce qu’il fait est bon, non.

 Source Océan