Spread the love

Jacques MiganLe président du Front des républicains pour le développement de la capitale (Frd), Jacques Migan (photo), s’est prononcé sur le vote du Code électoral. Il a apprécié les innovations du nouveau document. C’était hier, lundi 03 septembre 2018 sur la radio Océan Fm. Lire ses propos.

« Ce qu’il faudrait retenir à travers le vote du Code électoral, c’est qu’il y a beaucoup d’innovations. La caution pour l’élection présidentielle est désormais portée à 10% du montant maximal autorisé pour la campagne électorale, soit 250 millions de francs Cfa. Si l’on considère que le plafond pour les besoins de la campagne électoral est de 2,5 milliards de francs Cfa, alors il faudrait pour chaque candidat déposer une caution de 250 millions de fCfa. Mais, il faut faire comprendre que cette somme est remboursée lorsque le candidat atteint le quota fixé par la loi. Donc, la première innovation c’est que le Bénin soit passé de 15 à 250 millions de Fcfa. La deuxième innovation, c’est la caution pour les élections législatives, qui est portée à 249 millions de Fcfa au vu de ce que le parti pourra dépenser sur le terrain pour chaque candidat aux élections législatives. C’est-à-dire trois millions de Fcfa pour les 83 députés. L’objectif  poursuivi ici, c’est qu’il ait moins de partis politiques et également moins de  »transhumants politique ». C’est-à-dire les gens qui sont élus, et demain quittent le parti qui les a portés à l’Assemblée nationale pour rejoindre d’autres partis politiques pour des raisons opportunistes. Le vote de ce Code va un tant soit peu  freiner le phénomène. En ce qui concerne le quitus fiscal, la Constitution l’exige pour ceux qui veulent souscrire à un marché public. Donc, c’est normal qu’il soit également demandé dans les pièces à fournir pour candidater à une élection. Cela permettra au candidat de prouver qu’il est à jour vis-à-vis de l’Etat. Nous avons une autre innovation dans le Code : c’est la représentativité des listes au plan national qui est de 10% pour prétendre avoir des députés. Par exemple, si vous prenez les élections législatives de 2015, il y a eu comme inscrits 4.470.591 et comme votants 2.947.019. Avec cet exemple, si vous voulez avoir des députés à l’Assemblée nationale, il vous faut réunir les 10% des deux millions de votant de 2015, c’est-à-dire au moins 300 mille votants. Donc, si le Madep entend avoir de députés à l’Assemblée nationale, il faudrait impérativement, si le suffrage exprimé est de trois millions, réunir au moins 300 millions sur toute l’étendue du territoire. Il en est de même pour le Prd et les autres partis politiques. Donc, il faudrait que tous les partis politiques se mettent ensemble pour créer un grand parti. Ce qui leur permettra d’atteindre les objectifs fixés par le Code électoral. Je l’ai toujours dit, on ne peut pas être en train de soutenir le régime du président Patrice Talon et aller aux élections en rang dispersé. L’interdiction des alliances de partis politiques aux élections est également considérée comme une innovation. L’autre chose qu’il faut également souligner, c’est la démission d’un an exigée pour les forces de sécurité, de défense et assimilées comme les douaniers, avant d’être candidat aux élections. Mais, de façon exceptionnelle, le Code qui vient d’être voté, leur a accordé une dérogation de six mois les prochaines élections législatives. Dans ma dernière sortie, j’ai invité les députés à ne plus tenir compte de statut des Chefs de l’Etat et je me réjouis de ce que ce projet a été abandonné. »

 Propos recueillis par Rachida Houssou