Spread the love

elias2Le président  du Front des organisations nationales pour la lutte contre la corruption (Fonac) s’est désolé du fait que malgré l’alerte donné en février 2014 dans l’affaire mauvaise gestion de fonds de plus du milliard de francs cfa alloués à la Société Nationale de l’Eau du Bénin et remboursé par l’Etat béninois, les gouvernants n’ont pas pris des mesures adéquates afin de prévenir ce que l’on observe aujourd’hui dans le dossier PPEA 2. Invité sur l’émission cartes sur table ce dimanche 26 juillet, il a relevé les insuffisances du communiqué du conseil extraordinaire des ministres en date du jeudi 23 juillet dernier suite au dépôt du rapport du cabinet d’audit Kroll dans l’affaire de détournement des fonds du PPEA 2.

Plusieurs aspects du communiqué du conseil extraordinaire des ministres ont été analysés par le président du Fonac

Les incongruités relevées dans le communiqué du conseil extraordinaire des ministres
Premier aspect négatif : Ce communiqué du conseil des ministres lu à la télévision nationale a donné l’identité des deux opérateurs économiques impliqués dans cette fraude et même le département d’origine de l’un d’eux. Il est mentionné ce qui suit : « Rémy Codo du Couffo et Rock Sarè Niéri, beau-frère de Olivier Boco ». Jean Baptiste Elias estime qu’il s’agit d’une politique de deux poids, deux mesures du gouvernement en procédant de la sorte puisque les identités et les départements d’origines des autres cadres impliqués n’ont pas été révélés. Le président du Fonac a apaisé les ressortissants du couffo dont le département à été cité tout en rétablissant en sa manière ce qu’il qualifie ‘’d’injustice’’. Pour réparer le tort qui aurait été commis, il a donné l’identité de tous ceux dont les noms ont été cités et leurs départements de provenance. Cet exercice du président du Fonac a révélé que des dix personnes citées, quatre viennent du département de l’Atacora, une personne de la Donga, trois autres du Borgou, et deux de l’Atlantique. (Voir détails ci-dessous).

Deuxième aspect négatif : Toujours dans ce communiqué, il est écrit : ‘’ A l’ endroit de l’ex-ministre en charge de l’Eau, Barthélémy Kassa pour lequel le Cabinet a relevé qu’il était informé de la fraude orchestrée sans avoir réagi. Mais il souligne qu’aucun flux financier n’a été repéré au profit du ministre’’. En précisant qu’aucun flux financier n’a été repéré au profit du ministre, Jean Baptiste Elias fait remarquer que l’exécutif protège Barthélémy Kassa et ne peut en aucun cas tenir de tel propos étant donné que le concerné ne s’est pas encore présenté devant la justice. Le gouvernement devrait se garder de faire de tel commentaire puisque la suite peut révéler d’autres éléments pouvant accabler davantage l’ancien collaborateur du chef de l’Etat a-t-il expliqué.

Troisième aspect négatif : Voici un autre morceau choisi : « … Cependant le ministre est invité à se soumettre aux procédures constitutionnelles visant à la manifestation de la vérité en raison de sa qualité de ministre au moment des faits, en occurrence la Haute Cour de Justice, structures habilité à écouter les personnalités de son rang puisqu’il continue de nier les faits qui lui sont reprochés par le Cabinet qui serait en possession d’information échangée entre lui et ses agents incriminés ». A ce niveau l’invité de cartes sur table pense qu’il revient au premier magistrat de la République en la personne de Boni Yayi de donner la ligne à suivre et la procédure qui doit être engagé au sujet de la Haute Cour de Justice.

La responsabilité du président de la République est engagée dans ce scandale de détournement de plusieurs milliards de francs.
Parlant de responsabilité, Jean Baptiste Elias condamne le fait que pour des dossiers qui mettent en difficulté le pays, le chef de l’Etat Boni Yayi ne soit pas au courant. Pour lui ce qui arrive au Bénin n étonne guerre puisqu‘ à plusieurs reprise, des enquêtes ont  révélé des détournements de fonds sans que sanctions ne suivent. « Si ce dossier n’était pas une exigence des Pays-Bas, il n’aurait pas connu ce sort » a affirmé le président du Fonac qui loue des Pays-Bas a propos de la pression exercée pour obliger l’Etat béninois à aller dans le bon sens. Jean Baptiste Elias affirme que moins de 60% des cadres nommés n’ont pas le profil requis pour occuper les postes auxquels ils sont. Conséquence, ils ont besoin de faire des messes de remerciement ou la propagande pour le chef de l’Etat afin de pouvoir être toujours dans les bonnes grâce de ce dernier d’où les actes de prévarications observés dans les ministères et autres institutions de la République. Les rapports d’audit sans suite de l’inspection général de l’Etat ont été aussi évoqués. Les rapports d’audit de l’IGE doivent être aussi sortis pour mettre tout le monde sur les mêmes pieds d’égalité souligne le président du Fonac. Un appel a été lancé au président de la République et ses collaborateurs afin qu’il fasse sortir tous les dossiers de malversations dont ils ont connaissance. L’homme est convaincu qu’il y a encore pleins de dossiers qu’il va falloir faire sortir des tiroirs.
D’autres appréciations ont été faites par défenseur de la lutte contre la corruption. Il s’agit de suivre le processus normal devant conduire à la radiation des fonctionnaires et autres cadres épinglés puisque la radiation d’un fonctionnaire répond à des critères bien déterminés. Il a souligné qu’il est écrit : Codo Remy dans le communiqué du conseil extraordinaire des ministres alors que dans les dossiers officiels que l’on connait au monsieur, il écrit : ‘’Kodo Remi’’.

Identités des personnes citées dans le scandal PPEA 2

• l’ex-ministre en charge de l’Énergie de l’Eau aujourd’hui député à l’assemblée nationale: Mr Barthélemy Kassa de Matéri dans l’Atacora.
• le Directeur de Cabinet du ministre en charge de l’Eau: Mr Kaki Christophe de l’Atacora.
• le Directeur de la Programmation et de la Prospective du ministère de l’Eau: Mr Kombiéni Emmanuel de l’Atacora.
• le Coordonnateur du Programme PPEA 2 : Mr Yokssi Yèdé Victor de l’Atacora.
• le Directeur administratif et financier du Programme PPEA : Mr Touré de la Donga.
• le Directeur Général de l’Eau : Mr Souradjou Nouhoum Dine du Borgou.
• la Directrice des Ressources Financières et Matérielles du ministère : Mme Mama Abdou Aérathou du Borgou.
• Délégué du contrôle financier auprès du ministre Mr Mouhamadou Issa Imorou du Borgou.
• Chef comptable Mr Agondja Simplice de l’Atlantique.
• Chef service matériel et logistique Mr Crésel Primaël de l’Atlantique.

Marcus Koudjènoumè