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Jean-Claude-Ahouanvoebla
Jean Claude Ahouanvoébla a fait le point du Ravip

Le coordonnateur général  de la Commission nationale technique (Cnt), Jean-Claude Ahouanvoébla, a fait le point de l’opération et expliqué le sort qui est réservé à ceux qui ne se sont pas fait enrôler. Il était vendredi  4 mai 2017 au micro de Océan Fm. 

Le Matinal : Le 30 avril 2018, les centres pour le Recensement administratif à vocation d’identification de la population (Ravip) ont bouclé. Est-ce que l’enrôlement est vraiment terminé ?

 Jean-Claude Ahouanvoébla : le 1er novembre 2017, au démarrage on a été clair dit que l’opération allait durer 6 mois. Donc, le lundi 30 avril 2018 correspondait à la date buttoir.

 Est-ce que tout le matériel a été convoyé vers vous ?

 Tous les équipements sont entrain d’être rapatriés. Je vous affirme que ceux du Sud sont déjà dans nos locaux. Il reste quelques-uns qui sont en provenance du septentrion pour le site central.

 Nous avons constaté sur le terrain que des personnes ont été laissées en rade au bouclage définitif. Est-ce qu’il y aura une prolongation pour ces nombreuses personnes qui réclament cet enregistrement ?

 Nous n’allons pas continuer par faire la part belle à ceux qui décident de ne pas se décider. Nous avons bien fait les calculs avant de nous lancer dans cette opération. Nous nous sommes dit qu’en prenant cinquante personnes par jour et par tablette, on va couvrir tous les Béninois et les étrangers. Pendant une période de deux mois, c’était la récréation dans les centres d’enrôlement, parce que les populations ne se déplaçaient pas. Mais, subitement, à deux semaines de la fin, c’est le grand monde. Ceux qui ne se sont pas faits enrôler, le moment viendra où ils vont être obligés de s’enrôler avec tous les sacrifices qui l’entourent.

 Quel est concrètement le sort qui leur sera réservé ?

 Ils seront informés très prochainement. Mais, ils auront plus ou moins des sacrifices à consentir avant de le faire. Car, nous n’allons plus permettre à des personnes d’un certain âge de le faire partout au Bénin. Ils seront obligés de se replier vers le site central et seront certainement soumis à un questionnaire pour justifier pourquoi ils ne l’ont pas fait afin qu’ils soient pris en compte.

 Donc, il y a de l’espoir pour ceux qui ne se sont pas faits enrôler au cours des six mois ?

 Oui ! Ils seront recensés, mais avec un peu de sacrifice à consentir.

Par exemple, je suis à Kétou et je ne me suis pas fait enrôler, alors je serai obligé de descendre à Cotonou pour le faire. Bien sûr que les enfants ne subiront pas le même sort. Mais, nous allons retenir la méthode précise dans les jours à venir.

 Au terme de l’opération, combien de personnes vous avez enregistré dans votre ?

 A la date du lundi 30 avril 2018, nous avons enrôlé sur toute l’étendue du territoire, nationaux comme étrangers, 10.593.408 personnes.

 Quelles étaient les attentes au départ?

 Par rapport à la population de 2013, Rgph4, on attendait 10.008.749 personnes. C’est la population projetée de 2013, mais aujourd’hui on a enrôlé 10.593.408. Donc, cela veut dire que si la population béninoise, de 2013 à aujourd’hui, devrait rester statique, sans qu’il n’y ait de naissances, ni de décès, on aurait fait 105%.

 Si on s’en tient aux statistiques du Rgph 2013, est-ce qu’il ne devrait normalement pas avoir un certain accroissement ? Pourquoi vous avez limitez vos attentes à environ 10 millions de personnes ?

 Le Recensement général de la population et de l’habitat (Rgph) se réalise chaque 10 ans. Donc, il faut attendre 2023 pour faire un autre Rgph. C’est pourquoi on ne peut que se référer à la population projetée de 2013.

 Mais, il y a un taux de croissance démographique. Est-ce que vous en avez tenu compte pour faire vos  projections?

 Pour faire une bonne projection, il faut un bon registre et un bon état civil. C’est ce à quoi nous travaillons aujourd’hui. On peut vous dire désormais une fois les bases constituées, les registres communaux disponibles, donner des statistiques fiables selon l’évolution de la population.

 Quel est le département où il y a eu plus d’affluence ?

 Nous n’allons pas parler d’affluence, mais nous pouvons donner les chiffres par département.

Alibori : plus de 825 mille personnes

Atacora : plus de 720 mille personnes

Atlantique : plus de 1,4 million personnes

Borgou : plus de 1,1 million personnes

Collines : plus de 6,36 mille personnes

Couffo : plus de 6,76 mille personnes

Donga : plus de 500 mille personnes

Littoral : plus de 760 mille personnes

Mono : plus de 470 mille personnes

Ouémé : plus de 1,140 million personnes

Plateau : plus de 593 mille personnes

Zou : plus de 870 mille personnes

Pour être encore plus précis, les statistiques par tranche d’âges donnent pour les 18 ans et plus 49,7%, soit plus de 4,8 millions personnes ; les  5 à 17 ans représentent 3,2 millions personnes et entre 0 et 5 ans plus de 1,6 million personnes, y compris les étrangers avec un taux de 1,25% par rapport à l’enrôlement général.

 Au cours d’une précédente interview, vous avez affirmé que l’enrôlement de la diaspora va démarrer après le mois d’avril. Est-ce qu’on peut maintenant avoir la date précise ?

 La diaspora est bien organisée. Donc, en quelques semaines, leur problème sera réglé. Mais, nous n’avons pas encore fixé une date précise. Nous sommes en train de faire le point et de mettre de l’ordre dans l’opération qui vient de finir.

 Pouvez-vous nous donner plus de précisions sur la suite de l’opération, notamment au sujet de l’impression  les cartes Ravip par exemple ?

 En ce qui concerne l’impression des cartes, techniquement, nous sommes aguerris pour le fait. Mais, ce sont les Institutions compétentes qui vont décider à quel moment les cartes d’identité actuellement en vigueur vont cesser d’être utilisable et décider en même temps de la date à partir de laquelle la nouvelle carte de Ravip va entrer en vigueur.

Propos recueillis par Rachida Houssou