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JEUNESAu Bénin, la question de l’emploi est une équation à mille inconnues pour les jeunes. En attendant de trouver du travail dans leur domaine de formation, les diplômés qui sortent, chaque année, des universités,  sont obligés de faire preuve d’ingéniosité en créant des micro-entreprises.

Les jeunes sortis des universités en fin de formation n’accèdent pas facilement aux premiers emplois. Or, le diplôme, c’est le passeport pour l’emploi, répète-t-on. Malheureusement, depuis plus de 3 décennies au Bénin, le diplôme ne garantit plus l’emploi. Mais aussi curieux que cela puisse paraitre, cette situation suscite chez certains l’envie d’entreprendre. Ces jeunes sont nombreux à faire de nouvelles formations afin de s’auto-employer ou de changer de profession. Comme témoigne Anny, titulaire d’un Master en communication d’entreprise : « Depuis 2 ans que j’ai fini mes études, je n’ai pas trouvé un emploi. J’ai donc suivi une formation de maquilleuse et une autre de décoratrice. Et depuis lors, je m’en sors tant bien que mal». Stéphanie, quant à elle, s’est spécialisée dans la cuisine après une Licence en journalisme : « Personne ne veut te donner de boulot, sauf des stages que tu accumules sans salaire. J’ai commencé à faire des grillades, pour mes amies et la publicité, de bouche à oreille, m’a permis d’agrandir ma clientèle. C’est mieux que de tourner les pouces à la maison ». Certains jeunes se plaisent bien avec ces activités qui sont en inadéquation avec leur formation initiale. Pour d’autres, il s’agit juste d’une passion. Joanita témoigne : «  La pâtisserie est une passion, c’est pourquoi, après ma Licence, j’ai fait une formation de trois ans pour me perfectionner. A part mon stage qui n’est pas rémunéré, je reçois des commandes le week-end pour joindre les deux bouts ». Comme elle, Zouliath s’engage en couture «  J’aide ma mère en apportant de la  modernité. J’arrive à dessiner les modèles que peuvent aimer les gens de ma génération et ma mère les reproduit. Ainsi, sa clientèle est plus diversifiée et moi aussi, j’ai mes commissions. Je m’en sors si bien que je ne cherche plus à travailler pour une entreprise », confie t-elle.

 Quand le chômage déclenche le génie

Se former dans un autre secteur quand on est demandeur d’emploi sur la base d’un diplôme initial peut ouvrir la voie à une acquisition de nouvelles compétences. Il est tout à fait possible pour un chômeur de créer sa petite entreprise puisque de plus en plus, de demandeurs d’emploi se tournent vers la création d’entreprise. La concurrence dans le domaine professionnel est telle que beaucoup de jeunes se reconvertissent. Il faut donc offrir un peu plus que les autres concurrents  pour garder sa clientèle. Ornella, détentrice d’une Maitrise en droit, se justifie : « Ma spécialité, c’est le commerce. J’importe des sacs grâce à une tante qui est en Chine. Mais, je ne suis pas la seule dans ce domaine. Donc,  il faut être au courant des nouveautés et faire, par moment, des réductions sur les articles pour fidéliser sa clientèle ».

Il n’est pas facile de faire parler de son entreprise. Les demandeurs d’emploi reconvertis redoublent d’ingéniosité pour s’adresser à leurs amis en créant le ‘’buzz’’ autour de leur produit pour attirer la clientèle. Pour ce fait, il suffit d’un petit texte accompagné d’une image ou d’une vidéo du produit à commercialiser. Comme l’explique ici Aimé, technicien supérieur en bâtiment: « J’ai juste utilisé Whatsapp et Facebook pour faire la publicité et mes amis ont partagé le message. C’est ainsi que je me suis fait une clientèle ».

Les jeunes qui sortent des universités au Bénin sont en concurrence naturelle sur le marché de l’emploi. Aujourd’hui, plus qu’hier, les jeunes se reconvertissent à d’autres activités qui sont en inadéquation avec leurs formations initiales afin de ne pas trainer éternellement le statut de diplômé sans emploi ou de chômeur à vie.

 Giovannia Atodjinou-Zinsou

(Stag)