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jobsBeaucoup d’élèves saisissent  les vacances pour se faire de l’argent. Ils sont le plus souvent des enfants de parents démunis. Ils se privent de repos pour mener des activités génératrices de revenus communément appelées « jobs de vacances ».
S’acquitter de leurs frais de scolarité est un casse-tête pour beaucoup d’apprenants. Les conditions sociales précaires de nombre d’entre eux, ne leur permettent pas de satisfaire à cette exigence de l’école. Et c’est ce qui les motive à saisir l’opportunité des vacances pour mener des activités génératrices de revenus. Appelées « jobs »ces activités sont diverses. L’une d’elles consiste à vendre des gadgets dans les feux tricolores. Mais encore, il y a des travaux de manœuvre qui occupent beaucoup de vacanciers. Narcisse Déguénon, élève en classe de Seconde s’adonne à la maçonnerie sur un chantier de construction. « Je suis obligé de faire ce travail pour économiser un peu d’argent afin d’aider mes parents à payer ma scolarité une fois que la rentrée commencera parce que ces derniers ont un faible pouvoir d’achat », a-t-il dit. Si pour certains les épargnes issues des jobs de vacances permettent de préparer l’année académique, pour d’autres, c’est juste pour s’occuper sainement. Cynthia Agossou, ayant  fraichement décroché son Bac est de cette catégorie. « Être caissière dans un supermarché me permet de ne pas m’ennuyer au point de me laisser aller à des distractions proscrites par le morale », a- t-elle déclaré. Les vacances devraient permettre aux apprenants de se reposer et de se distraire. Malheureusement, il n’y a pas de répit pour certains démunis soucieux d’assurer leur  avenir. Avec le consentement de leurs parents, ces élèves mènent des activités génératrices de revenus pendant les vacances. « Plus ils évoluent à l’école, plus les frais de scolarité et les charges augmentent. S’ils peuvent nous aider, moi en tant que parents,  je ne peux pas les empêcher », confie Philippe père de famille rencontré au quartier Yénawa à Cotonou. Maman Nathalie mère de famille se justifie « Le pays est dur actuellement. C’est pour ça que je laisse mes enfants vendre avec moi pour être rémunérés. ». Certains parents ne sont pas de cet avis. Marc, peintre et  parent d’élève affirme : « Ce n’est  pas aux enfants de jouer le rôle de leurs parents. Car ces derniers n’ont  pas demandé à venir à la vie ». Il poursuit son argumentaire en faisant savoir que : « Si un parent  a peur du dérapage de son enfant, c’est à lui de l’occuper avec des loisirs sains au lieu de lui permettre de travailler, une pratique qui d’ailleurs n’est pas sans risque. »Un autre courant de pensées estime qu’il faut donc laisser les enfants s’adonner aux jobs de vacances puisque cela entre dans le cadre de leur formation à la vie.
Débora Koffi
(Stag)