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joel-a« Comme tous les Béninois qui ont vécu ces dernières années dans le pays, trois choses ont retenu mon attention. Le premier fait majeur de cette année 2016 est l’issue de l’élection présidentielle et l’élection de Patrice Talon comme président de la République que certains n’attendaient pas. Mais en vérité, depuis le mois de mars 2015, la conjoncture politique avait désigné formellement Patrice Talon comme étant la principale contradiction du président Yayi Boni. Par conséquent, dans la tête de l’immense majorité de nos compatriotes, l’alternance que voulait une partie du pays passait par le triomphe d’une offre radicalement opposée au président. Or, les circonstances politiques, l’adversité entre le chef de l’Etat d’alors et Patrice Talon avait fini par asseoir la candidature de Patrice Talon et le rendait successeur naturel du président de la République. Et donc, son élection est le premier temps fort de cette année qui s’achève.
Le deuxième temps fort qui retient mon attention, c’est la sortie de scène du président Yayi Boni. Le président Yayi Boni, depuis 2006, est quand même installé un peu dans notre imaginaire. Il a installé une gouvernance, une forme de gestion du pays qui est active, qui est une gouvernance à vive allure installée dans nos postes téléviseurs. Il est sur les chantiers, il est dans les champs le 1er  janvier et le 31 décembre. Il est hyper actif et finalement, on le voit sortir de scène. C’est la façon dont il est sorti de la scène politique en ce qui concerne la fonction présidentielle qui retient mon attention. Malgré tout, malgré l’adversité, malgré les tensions, malgré parfois la violence des propos tenus entre les différents candidats, le président Yayi Boni a quand même réussi à soigner sa sortie avec un peu plus d’élégance. Il a accepté les résultats douloureusement j’imagine, mais il a accepté les résultats et a décidé de transmettre selon les usages républicains, le pouvoir à son successeur. C’est le deuxième temps fort qui grandit vraiment notre démocratie. Ça montre qu’un petit pays géographiquement situé en Afrique de l’ouest, adossé à un grand géant comme le Nigeria, est capable aussi d’envoyer des signaux politiques au reste du monde.
Troisième temps fort, c’est une actualité de ces dernières semaines. C’est la première fois de l’histoire de notre vie économique que le Bénin adopte un Budget général de l’Etat qui dépasse 2000 milliards. Le président Yayi Boni avait réussi à faire passer le cap du budget au-delà du millier de milliards. Cette année, la loi de finances affiche au compteur plus de 2000 milliards de FCfa. C’est un signal fort, mais en même temps, c’est un défi. C’est un challenge que d’afficher 2000 milliards de francs Cfa. Maintenant, il reste à transformer cette volonté de réformes qui traverse tous les secteurs, l’économie, les finances, la santé, l’éducation. On sent une envie de la part des nouvelles autorités de faire les choses radicalement de façon différente, en tout cas de tenter toutes les solutions possibles, y compris les solutions qu’on considère comme étant des solutions radicales, atypiques, peu ordinaires ».