Spread the love
John Médard
John Médard, promoteur du Fesmma

Depuis 2008, le promoteur culturel, John Médard, s’évertue à organiser le Fesmma. Cela fait maintenant 8 éditions pour le compte de cet événement qui, chaque année, connaît une insigne réussite, draine des créateurs, stylistes et mannequins internationaux. Un mérite dont John Médard se dit fier au regard des énormes sacrifices consentis.

Le Matinal : Déjà 8 éditions. Un regard sur le parcours depuis sa genèse !

John Médard : La genèse du Fesmma remonte à 9 ans, à l’issue d’une réunion avec des acteurs clés de la mode béninoise entre autres les grands créateurs Lolo Andoche, L mode, Sessy Eddy, Castaman, les grands mannequins Arouna Chabi, Koumando, Baba… Nous avons reconnu que le Bénin manquait d’un événement qui met en valeur la mode et les mannequins. Ils se sont  alors donnés à fond et m’ont soutenu dans la création du Fesmma. Le Festival de mode et du mannequinat africain (Fesmma) est un festival qui réunit tous les acteurs de la mode et les acteurs intervenant dans toutes les activités afférentes à la mode : le styliste, le mannequin, le photographe de mode, le designer… La 1ère édition a été tenue en 2008 et a été remportée par le Burkina, ensuite ce fut les tours du Togo, de la Côte d’Ivoire, du Mali… Pendant le Fesmma, le Bénin devient la capitale de la Mode. Beaucoup de créateurs ont été reçus à l’occasion des Fesmma, notamment Martial Kapolo, Adama Paris, Zeynab Création Daniel Création, Isabelle Arnaud, Fadi Maïga. Les 8 éditions ont drainé un beau monde et se sont toutes bien déroulées, avec à chaque fois des innovations.

Parlez-nous des innovations au fil des ans !

Il y a eu de nombreuses innovations et les prix ont varié. Au départ, c’était juste les concours de Meilleur jeune créateur et de Top model. Après, nous avons intégré les concours de Meilleur photographe de mode, Meilleure esthéticienne maquilleuse artistique… Puis, les Prix de l’Espoir, du Mérite et de l’Excellence qui sont décernés aux créateurs et aux mannequins de plus de 10 ans d’expérience. Un nouveau concept a été introduit à partir de la 6ème édition. C’est le prix du pays à l’honneur. Il s’agit du pays qui se fait  positivement remarquer sur la scène régionale au cours de l’année. D’abord, ce prix fut attribué au Tchad pour son soutien dans la lutte contre les groupes terroristes dans la sous-région. Ensuite, à la Côte d’Ivoire et cette année au Bénin avec l’exemple démocratique de l’alternance au pouvoir. Cette année aussi, malgré les difficultés, nous avons introduit la distinction de Meilleur coiffeur artistique africain.

Quels genres de difficultés rencontrez-vous ?

Ce sont des difficultés financières. Il n’est pas facile d’organiser un festival du genre. Il faut gérer les billets d’avion, les hébergements, les transports, les restaurations. Mais malheureusement, nous n’avons pas le soutien du ministère de la Culture. Et c’est dommage ! Parce que cet événement pourrait être considéré comme un événement phare de la mode au Bénin. Même si l’État ne nous accompagne pas, grâce au Fesmma, beaucoup découvre la mode au Bénin. La mode au Bénin, c’est l’enfant pauvre. Le Fima au Niger est accompagné par l’Etat. Ça fait de la peine que l’Etat béninois ne soutienne pas assez ce secteur. C’est pourquoi je demande au gouvernement de la Rupture d’intervenir dans le secteur de la mode. La Fesmma attend toujours le soutien de l’Etat.

Propos recueillis par A.P. A.