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Pour Joseph Djogbénou, Talon doit être candidat

 C’est décidé ! Il entre dans la danse. L’Avocat et Président de la Commission des lois de l’Assemblée nationale se lance dans le plaidoyer pour l’homme d’affaires Patrice Talon. Au cours de son intervention hier dimanche sur l’émission « Zone franche », il a été clair. Patrice Talon sera bel et bien candidat.

Canal 3 : Vous êtes définitivement engagés aux côtés de Patrice Talon ?

 Joseph Djogbénou : Patrice Talon est l’homme dont la vision essentielle est de faire en sorte que notre pays sorte des difficultés actuelles et de se lancer dans une perspective beaucoup plus large et, à long terme, sur le chemin du développement. Quelle est la personne à même, dans les circonstances actuelles, de nous permettre de régler ces difficultés. Je pense que la réponse de chacun comptera. Nous, à Alternative citoyenne, la question ne s’arrête pas à ma personne. Alternative citoyenne a décidé d’apporter son soutien à la candidature de Patrice Talon.

 Donc, vous souhaitez qu’il dise qu’il est candidat ?

Il ne pourra ne pas être candidat.

 Les choses ont sans doute démarré à Abomey et ailleurs. Qu’a fait Alternative citoyenne ?

Nous sommes avec les amis dans une démarche partisane. Nous avons intérêt à élargir ces bases. Les soutiens au niveau des Partis politiques. Nous travaillons à cela. Deuxième chose. Évidemment, si certaines personnalités ont intérêt à susciter la candidature de Patrice Talon, c’est tout à fait normal. Si les citoyens, spontanément s’expriment en faveur de la candidature de Patrice Talon, c’est à encourager. Alternative citoyenne est un parti politique. Nous attendons. Avec un peu plus de chance, nous réussirons dans les jours à venir, avec le positionnement de chacun des partis membres de l’Un, nous allons nous déterminer. Nous allons nous déterminer politiquement. Je vous ai dit que la décision est prise. Nous allons davantage nous déployer sur le terrain en lien avec les autres partis politiques.

 Quand on repart à la première interview de Patrice Talon, qu’a-t-il dit de nouveau ?

La première chose qu’il a dite qui, pour ma part, restera dans le débat précampagne et campagne électorale, c’est la réforme de la Constitution. Les derniers événements ont convaincu bon nombre de la nécessité de réviser la constitution. Et sur ce point, oui, le mandat unique. Pourquoi continuerons-nous à faire en sorte que, dès la prestation de serment, on pense déjà au second mandat… Nous avons, depuis 1990 fait l’expérience du nombre de mandat sauf à partir de 2006. Le Président Boni Yayi a fait l’essentiel de ce que les populations auraient souhaité seulement en 6 mois. Dès l’éclatement de l’affaire Cen sad. Dès les élections législatives de 2007, lui-même sans être candidat, est en campagne. Les Municipales qui ont suivi, il s’est également battu pour être présent dans toutes les municipalités. A sa réélection en 2011, l’affaire Icc s’est éclatée. Voyant tout ce qui a été fait, est-ce qu’on a besoin de beaucoup de lumière pour savoir qu’il faudra être vigilant.

 Pourquoi parle-t-il de mandat unique ?

Tout pays qui aspire à la construction de l’Etat dans un contexte sociopolitique comme celui-ci avec autant d’aspiration à la gestion du pays, qu’un homme fasse en sorte d’imposer, avec son groupe politique, ethnique. Il faut que nous aspirions à la construction de la nation. Pour aspirer à la construction de la nation, il faut donner la possibilité à chacun de gérer le pays. Aux plans sociologique et économique, c’est la solution. Au plan administratif, c’est la solution. Parce qu’évidemment, quelque soit votre qualité, vous allez considérer que vous devez à l’histoire. Et si le mandat est limité, vous ne serez concentrés qu’à à la gestion de l’essentiel de ce que vous avez promis. Vous voyez quelqu’un qui a un mandat de 5 ans, qui va décider de prendre deux ou trois ans pour régler des comptes ? Je pense qu’il est essentiel, dans tous les cas, non qu’il soit la solution idéale. Mais en l’état actuel de notre développement, je pense qu’il est la solution la plus raisonnable. Je pense que c’est un acte courageux contre même sa personne, sa gestion, contre même les prétentions auxquelles il pourrait en tant qu’être humain aspirer. Dans le débat, il faut qu’on retienne que le mandat de la candidature de Monsieur Patrice Talon est 5 ans.

 Est-ce qu’il ne reviendra pas pour un autre mandat ?

Patrice Talon fera un mandat.

 Vous parlez de révision. Ne sera-t-il pas élu pour un mandat de 7ans ?

Il est élu et il ne fera pas plus de 5 ans. Nous avons des trous à combler. Nous avons des fondations à restaurer. Si nous décidons d’élire une personne qui a la moindre perspective d’aller au-delà, même en l’état de notre constitution, de ne pas aller au-delà d’un mandat de 5 ans, nous acceptons. C’est sur la base de ce critère déjà que nous-mêmes avions engagé des discussions avec lui. Donc, il ne fera pas plus de 5 ans. Deuxième réponse. La proposition de réforme constitutionnelle sera discutée avec les partis politiques. Les aménagements à effectuer, l’applicabilité, le règlement de ce que nous appelons techniquement le droit transitoire sera discuté avec les partis politiques, des solutions seront apportées.

 Vous adoptez la logique de Chirac en France ?

Il ne faut pas comparer ce qui n’est pas comparable. Sur le terrain du quinquennat, nous avons été des précurseurs. Sur le terrain de l’exception d’inconstitutionnalité, nous avons été des précurseurs… L’être aspire à toutes les prétentions. Je veux tout avoir. Ça c’est l’être. Mais l’humain choisit. L’humain, c’est la capacité que nous avons de ne pas voir l’eau transformée dans ce verre. Il dit dans tous les cas, ce qui m’importe pour moi, c’est le fonctionnement de nos institutions. Si vous révisez la constitution, si vous ne révisez pas la constitution, il s’occupe du pays et rien que du pays. Il s’occupe de la fondation que nos allons renforcer, des problèmes économiques qu’il faudra nécessairement régler. Cela est un point central de la discussion avec Patrice Talon. Nous considérons que celui qui va gérer le pays à partir de 2016, dans tous les cas, ne doit pas aspirer à un second mandat. Que l’on veuille réviser la constitution, qu’on ne veuille pas réviser la constitution.

 Un homme d’affaires en politique ?

Il faut aller au-delà des réponses superficielles qui sont motivées par les intérêts que vous savez. … Je considère avec mes amis que nous ne pouvons pas avoir une personnalité qui ne soit pas un politique. Si nous avons dû convenir de la candidature de Patrice Talon, c’est parce que c’est un homme d’affaires qui agit politiquement. Il faut dire que dans les circonstances actuelles que la personne à même, dans les 5 années qui viennent, ne se concentrera que sur la gestion du pays.

 Beaucoup lisent dans cette candidature la vengeance

Une personne vous dit qu’elle ne vient que pour 5 ans. Vous imaginez. En l’état actuel des relations apparentes qu’il a avec Monsieur Yayi Boni, que sur 6 mois, 1an, 2 ans, qu’il mette en place les dispositifs juridiques pour assurer la vengeance, je pense que ce n’est pas vrai. Je pense qu’il est disposé à rencontrer le Chef de l’Etat. Aucun homme d’Etat ne peut remplacer Yayi Boni et lui couper la tête. Il a fait dix ans et, de ce point de vue, c’est un homme d’Etat. L’essentiel, c’est le Programme. Comment faire en sorte que ce programme soit exécuté en 5 ans. Il faut assurer et réaffirmer l’indépendance des institutions, notamment de l’institution judiciaire avec la réforme du Conseil supérieur de la magistrature. Avec le fait que le président de la République ne siègera pas au Conseil supérieur de la magistrature. Avec le fait que le Président de la Cour suprême sera désigné par ses pairs. Avec la réforme de la cour constitutionnelle qui va lui enlever la possibilité de nommer à la Cour constitutionnelle les membres. Je vous jure, il ne fera pas plus de 5 ans. Quand quelqu’un est dans un esprit de vengeance, qu’est-ce qu’il fera ? Il fera que le Président de la Cour constitutionnelle soit élu par lui-même. Je vous le garantis. Il n’aura pas cet esprit de vengeance. Cela c’est la première chose. La seconde, c’est au sein de la population. Vous-mêmes vous avez souligné l’engouement de la population. Il y a l’élite qui soulage sa conscience. Nous avons une pudeur dans ce pays. La pudeur à l’égard de l’argent. Je fais partie de cette élite. J’apprécie cette élite qui refuse les partis politiques et adoptent une démarche solitaires. Il faut avoir une considération nécessaire à l’égard de cette personnalité qui décide de rentrer dans un espace où tout soit un risque. Quelle est cette stratégie du ‘’ne pas’’. Il est homme d’affaires. Il est à l’étranger. Il ne peut pas. Il a une double nationalité, il ne peut pas. Il faut enfin choisir. Je respecte ceux qui choisissent et qui sont déterminés. Je veux saluer ceux qui décident. Je comprends ceux qui ont décidé de ne pas choisir. Nous avons le temps de rentrer dans la bagarre. Quelque soit le choix que nous allons faire, il a des avantages, mais aussi des inconvénients. Je ne les nie pas. Mais il ne faut pas tabler sur ces inconvénients et refuser le choix objectif.

 Transcription Hospice Alladayè