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Le président Bruno Amoussou et les siens font des propositions

Réuni, samedi 4 mars 2017 à l’Institut régional de santé publique (Irsp) de Ouidah, les responsables de l’Union fait la Nation ont pris connaissance du rapport du groupe de travail mis sur pied pour réfléchir sur les questions de santé. Plusieurs propositions ont été faites, dont la création d’un Conseil national de la santé. Après l’ouverture officielle des travaux par le président Bruno Amoussou qui a convié les militants et personnalités présents à apporter leurs contributions au débat, le professeur Vicentia Boco a exposé les réformes proposées par son groupe de réflexion et les conditions de leur réussite. Au total, 13 réformes ont été proposées. De riches et fructueuses discussions ont suivi l’exposé de la présidente Vicentia Boco. De la réduction des effectifs du personnel du Ministère de la santé, à la décentralisation et la déconcentration  de la gestion des ressources en passant par le développement de la médecine  traditionnelle, rien n’a été oublié par le groupe de réflexion.
Pour ce qui est du rapport Djogbénou, c’est au professeur Achille Massougbodji qu’est revenu l’honneur de présenter les discussions. Les questions touchant au mandat unique, l’existence de la Haute cour de justice et beaucoup d’autres sujets ont été débattus.
Voici les réformes proposées par l’Un et les conditions de réussite :

Les réformes proposées

Les réformes proposées sont celles  susceptibles d’influencer ces trois domaines.

1- La mise en place d’un organe national chargé de contrôler la gouvernance du secteur de la santé sur les plans technique, éthique et managérial. Le comité propose alors la création d’un Conseil national de la Santé.  Présidé par une haute personnalité dotée de sagesse et d’expérience mais placée sous la tutelle du chef de l’Etat, le Conseil national de la santé (Cns) sera composé de personnalités scientifiques et politiques représentant l’offre, la demande et le financement en matière de soins de santé.

2- La réduction des effectifs du personnel du Ministère de la santé et des Dds au profit du niveau opérationnel. Celle-ci permettra d’étoffer les effectifs au niveau opérationnel et de combler quelque peu le manque de personnel à la base de la pyramide.

3- La déconcentration et la décentralisation de la gestion des ressources du secteur : il s’agira pour l’Etat central de transférer la gestion des ressources du secteur aux Communes. Les zones sanitaires constitueront une entité opérationnelle et seront directement rattachées aux conseils communaux. Les hôpitaux de zone, tout en gardant leurs attributions, seront gérés dans le cadre de l’intercommunalité à travers un comité de santé de la Zone.

4- Le développement de la santé communautaire dans tous les villages de l’aire sanitaire  en collaboration avec les conseils communaux, les comités villageois de santé au niveau de chaque village en formalisant les activités des Relais communautaires autour d’un agent formé et qualifié pour cette mission.

5- L’établissement d’une carte sanitaire formelle précisant le plateau technique spécifique à chaque niveau de soins. Dans ce schéma, l’installation des structures privées d’exploration diagnostic, de soins de santé et de pharmacie se fera sur autorisation du Comité de Santé de Zone puis du ministère de la santé sur avis des conseils des ordres respectifs.

6- Les plans de formation du personnel de santé.  A partir de l’état des lieux, les besoins en formation et les plans de formation initiale et continue du personnel de santé  seront élaborés et mis en œuvre.

7- L’instauration du dossier individuel de santé.

8- La restructuration de l’offre à travers la création d’une Agence nationale de contrôle de qualité des soins. Cette Agence se chargera d’appuyer techniquement toutes les structures sanitaires de tous les niveaux pour le suivi de la qualité de l’offre des soins.

9- L’élaboration de la loi de santé portant réforme du système de santé devra revoir les  règles qui régissent l’exercice des métiers de santé, et leur organisation.

10- la relecture de la loi de déontologie du secteur santé pour son amendement et son actualisation.

11- Le développement de la médecine traditionnelle. Il s’agira de renforcer l’organisation des Praticiens de la médecine traditionnelle (Pmt), de faire la promotion des jardins botaniques au niveau de chaque Zone sanitaire. Les recettes traditionnelles efficaces seront collectées et analysées dans des laboratoires nationaux de traitement et d’analyse pour s’assurer de leur qualité et de leur innocuité. Un système spécifique de pharmacovigilance sera mis en place à cet effet.

12- Le renforcement de l’offre des Soins de santé primaire (Ssp) à travers la promotion de la nutrition, la prévention de l’anémie, la santé scolaire et notamment la prévention des affections oculaires chez les enfants et les adolescents.

13-  Elaborer une stratégie nationale de contractualisation dans le secteur de la santé : il s’agira de définir les modalités spécifiques de mise en œuvre de l’affermage dans le secteur de la santé en tenant compte du pouvoir d’achat des populations, de la viabilité du partenariat et de la nécessité d’assurer la qualité des soins et la surveillance épidémiologique.
Les conditions de réussite
Les conditions de réussite résident dans la mise en œuvre mais aussi et surtout dans le choix des responsables chargés de les conduire et ce à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. La bonne gouvernance restera le grand défi à relever. Entre autres actions il sera nécessaire de ;
– maintenir et améliorer le dialogue social avec les partenaires sociaux du secteur pour créer un climat paisible et la motivation des agents de santé ;
– rechercher des solutions concrètes à un meilleur fonctionnement des zones sanitaires, entités opérationnelles la plus décentralisée de la pyramide sanitaire
o Choix du médecin coordonateur
o Assurer un financement adéquat des zones sanitaires par la décentralisation des ressources financières et une meilleure responsabilisation des organes de gestion des structures de cogestion ;
o Responsabiliser les Communes et les Osc dans la gouvernance du secteur santé à la base ;
– accélérer la résolution de la question des ressources humaines sur les plans quantitatif, qualitatif et géographique grâce à des mesures incitatives efficaces.
– Conduire à terme et dans un bref délai, le processus d’opérationnalisation du Régime d’assurance maladie universelle. L’Agence nationale de l’assurance maladie (Anam) devra disposer de sources de financements pour jouer efficacement son rôle.
– Impliquer la diaspora béninoise comme expertise dans des missions médico-chirurgicales ou de contrôle et de gestion afin de favoriser le transfert de compétence.
– Mettre en place, dans le cadre d’un partenariat public-privé, des pôles d’excellence hospitaliers pour la prise en charge des patients présentant des pathologies graves.
– Réaffirmer le leadership national dans le dialogue avec les Partenaires technique et financier (Ptf) pour une mobilisation maximale et une utilisation efficiente des ressources disponibles en privilégiant l’approche d’appui budgétaire.
– Revoir la mission et la composition de l’Inspection générale du Ministère qui doit devenir un instrument d’accompagnement à la bonne pratique de la gestion et un organe d’encadrement au lieu d’être une structure de vérification.