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SEBASTIEN-AJAVON
Sébastien Ajavon a raté le coach

Le temps de la vérité est arrivé. Le candidat Ajavon ne peut s’y soustraire aussi facilement. Il a déclaré devant caméras et micros qu’il ne sait pas faire la politique, mais devant le peuple dimanche dernier, il n’a pas réussi à justifier le pourquoi il a changé d’option en si peu de temps. Le seul refuge qu’il a trouvé, c’est la Bible et les paroles de Béhanzin.

« Un devoir de sincérité m’oblige à dire très humblement à tout le peuple béninois, à vous tous qui m’avez entendu dire une fois que je ne fais pas de politique, que lorsque Marie, mère de Jésus, lui fit remarquer que le vin venait à finir, ce dernier répondit : « Femme, mon heure n’a pas sonné. Et cela n’empêchera point Jésus de procéder ensuite au remplissage des jarres de vin pour tous, car enfin, « l’heure avait sonné ». Sébastien Ajavon ne peut pas s’échapper aussi facilement. Il ne peut pas endormir tout un peuple avec des versets bibliques alors que ce peuple a soif de savoir pourquoi il est devenu politicien en si peu de temps alors qu’il a juré devant caméras et micros qu’il ne sait pas faire la politique. La question est simple à comprendre. L’homme d’affaires Sébastien Ajavon n’a pas pu répondre de façon concrète à cette doléance du peuple. Le principe du respect de la parole donnée veut simplement qu’il explique, ne serait-ce qu’en quelques phrases, ce qui l’a amené à changer si facilement de veste. Jésus et Marie, c’est beau, mais ce n’est pas ce qu’on demande. En s’inspirant d’ailleurs de ce passage biblique l’homme de Djeffa ne sait pas de quoi il parle. Toujours pour tenter de justifier sa métamorphose, le patron Sébastien a cité le roi Béhanzin. « Le Roi Béhanzin disait dans son discours d’adieu à sa terre natale, « A mon destin, je ne tournerai plus le dos, je ferai face et je marcherai ». Jusque-là on a de la peine à bien comprendre le lien. Sébastien Ajavon a un destin d’homme d’affaires et il l’a si bien réalisé. De quel destin parle-t-il au juste ? Si c’est le destin de Président qu’il parle, il est en devenir. Ce n’est que le 6 avril quand il ‘’prêtera serment’’ qu’on dira oui ! Il a un destin de président. Ce n’est pas le cas et il lui faut être vraiment patient. Tout ceci semble un peu du déchet dans le fond et on est quasiment resté sans réponse à la question de départ. L’autre faiblesse du discours est qu’il est empreint d’une satisfaction assez poussée. Sébastien Ajavon dit qu’il sera le Président de tous les Béninois. Jusque-là, on ne trouve pas vraiment à dire. Mais qu’il dise : « Oui, je suis fait pour le Job ! », on est contrarié. Sébastien Ajavon n’est pas fait pour être politicien. Il a toujours dit qu’il est fait pour être opérateur économique. L’importation, c’est son job et il l’a toujours clamé. Maintenant, qu’il dise qu’il est fait pour être Président, l’affirmation est un peu osée. Aucune trace de son parcours ne montre un engagement politique. Aussi, il n’est pas fait pour être Président puisqu’il ne l’a jamais été. De toute l’histoire du Bénin, la seule personne pour qui on peut dire qu’il est fait pour être Président, c’est Feu Général Mathieu Kérékou. Il a exercé le pouvoir d’Etat pendant 28 ans. Il a été rejeté, mais est revenu pendant encore 10 ans. Kérékou est fait pour être président du Bénin puisqu’au cœur même des incertitudes il a été maintenu à la tête du pays. Tout le monde s’accorde sur le fait qu’il est fait pour être Président. L’autre difficulté du discours du roi de la volaille au Bénin est Dieu. Yayi a tout le temps parlé de Dieu, cela n’a rien réglé. C’est un refuge dont s’est servi le gouvernement de Yayi. Il faut vraiment qu’on nous l’épargne enfin. Sébastien Ajavon parle également de salubrité nationale et de rupture apaisée. Le concept salubrité nationale devant être clarifié, il faut ajouter qu’une rupture reste une rupture.
AT