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mathieu-kérékouLa vie du Général Mathieu a été aussi marquée par une particularité. Il a été un personnage très énigmatique. Quand il intervient, il faut réfléchir pour vite comprendre ce qu’il veut dire. Tout ce qu’il avait l’habitude de dire était souvent en parabole. Il a toujours étonné dans ses réactions, quelque soit la situation. Une revue de l‘ouvrage intitulé « il était une fois, un caméléon nommé Kérékou » nous a permis de revenir sur quelques unes de ses réactions que nous qualifions d’énigmatiques. C’est un livre signé de Maurice Chabi, journaliste béninois.

1- En 1976, son ministre de la santé d’alors (un officier de l’armée bien sûr) a appris depuis la France que des officiers de l’armée s’apprêtaient à le tuer et déstabiliser son régime. Il est rentré et a cru faire plaisir à Mathieu Kérékou en voulant l’informer du coup d’Etat en vue. Il demande audience pour le voir mais le Général refuse. Le ministre en question insiste par écrit qu’il doit lui parler de vive voix à cause de la sensibilité de l’information. Mathieu Kérékou refuse l’audience avec la mention suivante : « Qu’avez-vous de si confidentiel à nous rapporter ? Même s’il s’agit d’un coup d’Etat, ce n’est pas un secret ; vous pouvez faire une communication en Conseil des ministres car, entre révolutionnaires, il n’y a pas de secret ». Un mois plus tard, il le reçoit puis l’écoute du début jusqu’à la fin avant de s’adresser en ces termes : « A votre avis, monsieur le ministre, pourquoi les auteurs du putsch en préparation se sont adressés à vous, puisque vous n’êtes pas le seul officier de la région du Nord-Bénin dans cette armée ? … En tout cas, le choix porté sur vous par les putschistes n’est pas un hasard ; à notre avis, ils ont sûrement vu en vous, un officier félon et un traître qu’ils peuvent facilement récupérer»

2- Au Centre national hospitalier de Cotonou, pendant la période révolutionnaire, bien sûr, le Professeur Latundé était entrain de signer des fiches de naissance et tombe sur une sur laquelle il était mentionné comme père de l’enfant : Mathieu Kérékou. Etonné et voulant éviter de commettre une erreur professionnelle, il se décide de vérifier et appelle le Directeur de cabinet du président Kérékou. Celui-ci trouve sensible sa préoccupation et lui passe le Général, lui-même. Avec autorité, Kérékou lui répond : « Alors, Professeur, il parait que vous avez un problème délicat à nous soumettre. N’ayez pas peur ; parlez. De quoi s’agit-il ? ». Il lui pose difficilement le problème et au Général Kérékou de lui répondre : « Et alors ? Si elle déclare que nous sommes le père, marquez ce qu’elle vous a dit. Ce n’est pas un problème ; au revoir Professeur »

3- « On ne dira jamais de nous : voici l’ancien président. Mais plutôt voici la tombe de l’ancien président. Et nous sommes prêts à marcher sur des cadavres, s’il le faut, pour faire triompher les idéaux de la révolution béninoise, démocratique et populaire », disait Mathieu Kérékou dans les moments durs de la révolution quand son pouvoir tremblait.

Mais plus tard, devant les idéologues du parti unique, le même Kérékou déclare : « En accédant au pouvoir, nous n’avions annoncé aucune idéologie. C’est vous qui avez décrété le socialisme scientifique basé sur le Marxisme-léninisme. Mais face aux difficultés économiques actuelles, nous sommes prêts à changer d’option politique si vous avez autre chose à nous proposer »

 A suivre….

 Réalisation : Félicien Fangnon