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ESSENCE-FRELATE
Le Kpayo règne en maître malgré la chute du Naïra

Il est définitivement admis qu’il y a un secteur informel qui résiste à tout. Il s’agit bel et bien du kpayo. Ce secteur organisé dans la stricte illégalité a prouvé sur la durée qu’il est incontournable. Tout allait déjà mal quand la chute du Naira vient compliquer toute stratégie d’ajustement du régime actuel. 

Plus rien ne fait peur désormais aux acteurs du kpayo. Ce secteur finalement très influent échappe à toute politique cohérente de contrôle. Les régimes successifs ont tout inventé comme stratégie, le kpayo toujours fort et influent a déjoué toutes les intrigues. Mathieu Kérékou n’a pas pu, Yayi Boni avec les bulldozers a reculé, le régime du Nouveau départ se débat vaille que vaille. Il semble même que c’est ce produit dangereux qui conditionne la vie sociale par ici. Quand le coût du kpayo est en chute, les stations service sont vides, les caisses de l’Etat prennent un coup, mais le citoyen jubile. Le contraste séduit, mais c’est cela. Actuellement le litre du kpayo est à 250 FCfa contre 550 FCfa à la pompe, il y a quelques mois. La plupart des motocyclistes interrogés sont contents de la baisse du cout du kpayo, un peu comme si le kpayo était la norme. C’est une culture du kpayo qui est non seulement promue mais ancrée dans le fort subconscient des populations. La pratique a légalisé le kpayo qui continue d’être transporté à moto dans l’indifférence totale. Forces de l’ordre et agents des douanes assistent impuissants au grand retour de ces pratiques dangereuses. Au niveau d’une berge assez pratiquée, des pirogues accostent presque tous les jours avec à bord des milliers de bidons d’essence de 25 litres. La baisse du prix tente tout le monde, même les personnes les plus insoupçonnées. Le kpayo s’impose, les stratégies n’ont pas réussi à lutter contre la pratique.

Le Naira, un autre grand coup

En juillet 2016, le Ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané  a exposé le plan d’attaque du régime pour venir à bout de ce commerce. Prenant le contre pied des rumeurs  qui annonçaient une taxation du kpayo, le ministre d’Etat a expliqué la stratégie du gouvernent. « Il n’a jamais été question, en tout cas  pour l’instant, de prélever des taxes sur le kpayo. Quand le ministre des Finances  a parlé de la situation sur le marché pétrolier, il a dit l’objectif du gouvernement et je réitère cela.  L’objectif du gouvernement est de rapprocher le prix sur le marché informel, donc du kpayo,de celui des stations, faire en sorte que les prix soient suffisamment si proches pour que les consommateurs ne soient pas attirés vers le kpayo »,avait précisé le ministre Bio Tchané. La stratégie était ingénieuse, mais depuis juillet, le prix à la station n’a presque jamais défié le kpayo. On en était là quand la chute du Naira est venue tout compromettre. Le litre du kpayo défie toute concurrence. La différence actuellement avec le prix à la station est suffisamment nette. Interpellé en novembre par un journal sur la nécessité de mettre fin au commerce illicite de l’or noir, le ministre d’Etat chargé du Plan, Bio Tchané a fait savoir que c’est un fléau complexe. « Ce sont des sujets difficiles à régler », a-t-il confié. Le gouvernement est-il en passe de jeter les armes face à ce monde organisé? Difficile de répondre.

HA