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Sous Yayi, l’homme qu’il faut n’est jamais à la place qu’il faut. Au ministère des Sports, Safiou Idrissou Affo a déjà démontré qu’il ne maîtrise vraiment pas son sujet. Nommé en octobre 2013, il a aussitôt jeté son dévolu sur le football, le seul sport qui existe au Bénin !!! Et les 24 autres Fédérations sportives ? Son département n’en fait rien ou presque. Face à des innocents le 27 février 2015, le ministre fait croire qu’il veut du développement du football. Il attaque vertement la Fbf, son président Augustin Ahouanvoèbla et son secrétaire général Bruno Dossou. « Ce sont ces deux qui tuent le football béninois. Ils doivent être chassés (…) », a-t-il asséné, sur un ton menaçant. La cabale contre ces deux hommes s’est poursuivie dans les médias… Mais que reproche Safiou Idrissou Affo à Ahouanvoèbla et Dossou au point de tomber aussi bas ? Beaucoup diront leur gestion du football béninois. Soit, le football béninois est mal géré, les Ecureuils n’étaient pas qualifiés pour la Can 2015, les équipes de jeunes sont suspendues deux ans des compétitions de la Caf, la famille du football béninois est divisée… Est-ce une raison suffisante pour attaquer des individus ? Le ministre ne sait-il pas qu’il faut plutôt une refonte totale du football béninois ? Qu’a-t-il fait depuis qu’il est en poste pour relancer le football ? Il est très facile de surgir pour attaquer les acteurs après avoir longtemps tiré les ficelles dans l’ombre…

Les jérémiades de Safiou Idrissou Affo surprennent plus d’un. Pourquoi donne t-il l’impression de se préoccuper soudainement du sort des jeunes et des compétitions de catégories d’âge ? S’il aime vraiment la jeunesse, il doit être à l’avant-garde de toutes les initiatives à l’endroit des jeunes. L’amour de la patrie ne se manifeste non plus par une profession de foi. Chose curieuse : le ministre a commencé son œuvre en pleine période de précampagne pour les législatives. Lui qui n’a même pas pu se faire positionner sur la liste Fcbe dans la 14è circonscription électorale. Est-il en mission pour détruire le président de la Fbf, un opposant au régime ? Tout est possible quand on sait qu’il a suffi que Ahouanvoèbla marche contre le gouvernement pour qu’une partie du Comité exécutif soit sollicitée pour le dénoncer. Si c’est le cas, le ministre a tiré à terre. Il ne suffit pas de vilipender un candidat devant des enfants, des supporters, des amis… pour espérer qu’il soit recalé.

Le ministre Affo oublie une chose. Lui, il est nommé alors que Ahouanvoèbla est élu. Quoi qu’il fasse, ce dernier ira au bout de son mandat et sera protégé par la Fifa qui n’accepte pas l’immixtion du politique dans le football. Face aux attaques, Ahouanvoèbla doit néanmoins prouver sa bonne foi. Il doit maintenant sortir tous les dossiers quitte à confondre l’autorité qui l’a attaqué. « Quand la cour du mouton est sale, il ne revient pas au porc de le dire. Ne vous en faites pas, dans les tout prochains jours, on va gérer cette dimension de la question. Je suis trop préoccupé pour le moment par les élections législatives. Vous savez très bien que je suis une personnalité de l’Etat béninois. Je ne suis pas un homme de la rue. A des propos du genre, je n’ai pas de réaction à chaud à donner. Je me dois de prendre du recul, analyser et apprécier avant de réagir. Je suis dans le football, depuis plus de 25 ans. Moi, je suis un élu du peuple. Je ne suis pas un ministre, je ne suis pas nommé, je ne suis pas collaborateur de quelqu’un. Ne vous en faites pas. Vous aurez l’occasion de savoir certaines choses dans les jours à venir. Du calme… », a-t-il laissé entendre. La riposte est vivement attendue.

Safiou Idrissou Affo a sans doute exagéré dans ses déclarations. Un ministre doit avoir un peu de retenue même s’il est animé d’une bonne volonté. Et puis, qui s’intéresse à sa gestion au ministère des Sports ? Quelqu’un a-t-il dénoncé des nominations régionalistes dans son cabinet composé rien que de ressortissants de Djougou, de Bassila… ? Quelqu’un a-t-il dénoncé ses déplacements chaque week-end à Djougou à la quête de gloire ? Le seul média qui a pu dénoncer ses nombreuses tournées dans les champs de coton alors que le sport béninois est chancelant, c’est Le Matinal. Il a suffi d’un seul article pour le mettre en courroux au point où la cellule de communication a été instruite pour ne plus collaborer avec nous. J’en suis vraiment heureux car Le Matinal n’a pas besoin du ministère des Sports pour avoir l’information en temps réel… Safiou Idrissou Affo ferait mieux de s’occuper de sa propre gestion. Il ne sert à rien de se promener dans les médias pour pleurnicher alors que le ministère ne dispose même pas d’une politique sportive structurante et cohérente.

Epiphane Axel Bognanho