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YAYI-ZINSOULe président de la République, Yayi Boni, a habitué ses collaborateurs à ne plus respecter les normes admises dans les domaines techniques. Le crash de l’avion présidentiel survenu le samedi 26 décembre 2015 à Djougou n’est qu’une des conséquences de ces travers. Et pour cause…
Dieu soit loué pour avoir épargné le Bénin d’un accident mortel d’une haute personnalité. La deuxième personnalité de l’Exécutif, en la personne du premier ministre, Lionel Zinsou, a frôlé la mort au lendemain de la fête de Noël, dans un crash d’avion à Djougou. L’appareil qui transportait le candidat des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) à la présidentielle de 2016 s’est écrasé lors de son atterrissage au stade Atchoukouma de Djougou. Il s’agit d’une aire réservée aux sports, notamment le football. Il ne s’agit donc pas d’une piste d’atterrissage d’avion. Dans les habitudes, le président Yayi Boni, à l’occasion de ses nombreuses et incessantes descentes dans les communes, tient peu compte des aires appropriées pour recevoir un appareil volant. A Parakou, par exemple, il existe un aérodrome muni de dispositifs sécuritaires pour la navigation aérienne. Mais, le chef de l’Etat n’y descend que lorsqu’il a envie de prendre un bain de foule en voiture. Autrement, il a fait aménager un espace autour de sa résidence de Parakou, permettant aux aéronefs de petits standings d’atterrir directement à domicile. A maintes reprises, le chef de l’Etat a tenté de descendre dans les environs de la place publique appelée Bio Guerra à Parakou. Et pourtant, ce ne sont pas des lieux recommandés pour de telles aventures qui mettent en jeu la vie de l’homme. A Natitingou, au lieu de descendre sur la piste de l’aérodrome de Péporiyakou, le président atterrit souvent soit dans le stade municipal, soit à l’école urbaine centre. Alors, ce sont ces mauvais comportements érigés en système de conduite qui ont failli ôter la vie au premier ministre. En effet, la ville de Djougou dispose d’une piste d’atterrissage au quartier Sassirou à environ 5 km de la ville. Bien que n’étant pas un aérodrome, cette piste qui fait partie des instruments de l’aéronautique de la ville, a l’avantage d’être isolé de tout obstacle. Même avec une mauvaise visibilité, un hélicoptère de la taille de celui qui transportait le Premier ministre Zinsou, peut s’immobiliser au sol avec une relative sécurité. C’est en violation de ces normes indispensables que les pilotes ont opté pour l’atterrissage au stade municipal, comme à l’accoutumée. Mais, les conditions météorologiques étaient telles que la visibilité n’était pas bonne. Une mauvaise appréciation résultant d’une illusion d’optique serait à l’origine de cet accident. Car, les couleurs de la clôture et celle du sol du stade Atchoukouma se ressemblaient presque parfaitement. Une inattention peut donc facilement conduire au désastre. Sans être dans le secret des choses, les circonstances de ce crash ne doivent pas être loin de ces hypothèses. N’eut été la basse altitude qu’avait atteint l’appareil, le pire serait survenu. Et pourtant, cela pouvait être évité. C’est juste une question de comportement.
Jean-Claude Kouagou