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constitution-du-BéninDepuis hier, l’actualité politique nationale a changé de direction. Beaucoup de questions dérangent les têtes pensantes et les réactions fusent de toutes parts. Nombreux sont les citoyens béninois qui se demandent ce qui va se passer en 2016 au Bénin. A la base de cette impasse qui s’annonce, une décision de la Cour constitutionnelle par laquelle Théodore Holo et ses collègues ont révisé la Constitution béninoise et ont, par voie de conséquence, ouvert la voie à la confusion totale dans le pays.

C’est fini ! La Cour Constitutionnelle du Bénin a perdu son crédit. Elle semble avoir mordu à l’appât. Et depuis hier, beaucoup sont ceux qui ont eu la confirmation qu’il est très facile de manipuler la gardienne de la Constitution béninoise. Un recours monté de toute pièce lui a été glissé pour atteindre un objectif précis. On veut tordre le cou à la loi qui tient encore le Bénin debout pour ouvrir la voie à la violence et au soulèvement en République du Bénin. Les coupables sont Théodore Holo et ses collègues. Ce montage a pour complices : Hermès Gbaguidi, André Okounlola et Atao Mohamed Hinnouho. Ils seront tenus responsables des conséquences qu’entrainerait cette décision pour le pays. C’est un plan ourdi pour mettre le pays dans le doute. Soit, on veut créer une situation exceptionnelle pour permettre à Yayi Boni de garder le pouvoir sans organiser les élections, soit, on veut forcer le destin des gens. Sinon, comment comprendre une si mauvaise interprétation d’une loi en application depuis 1990 par des gens choisis pour veiller sur la Constitution de cette Nation ? Difficile de comprendre que toutes ces têtes réunies ont pu errer alors qu’ils sont des professeurs d’universités, des avocats de renom, des magistrats, etc. Comment Théodore Holo peut-il croire qu’un Atao Hinnouho, président d’un parti politique et influent dans sa circonscription électorale a postulé pour être candidat au sein d’un parti inconnu et caché dans les Fcbe et qui n’a jamais fait un élu local ? Ces soi-disant sages de la Cour sont où dans le pays ? Ne lisent-ils pas la presse ou bien sont-ils isolés des informations pour ne pas savoir que notre confrère Hermès Gbaguidi n’a rien de commun avec la politique au point de rêver succéder à Yayi Boni ? Ou bien, qu’a-t-on pu leur faire boire pour qu’ils croient que le directeur général du développement des médias est « l’un des militants modèles … du parti », « qui jouit d’une très grande audience auprès de la jeunesse » et «qui a donc de très grandes chances de se faire élire candidat du parti » ?

 La Cour Holo n’a plus de crédit

 Les gaffes deviennent trop ! Cette Cour n’a laissé pratiquement que de mauvais souvenirs. Ses décisions, au lieu de situer le peuple et de faire baisser les tensions, crée souvent des soulèvements et des interprétations. Elle n’est pas à son premier forfait. On se rappelle de son injonction donnée aux députés de la législature dernière de « voter impérativement » le budget général de l’Etat en 2014. C’est encore elle qui a embrouillé le peuple dans les rapports Cos-lépi-Assemblée et Gouvernement par le passé. Elle avait suspendu le Cos-Lépi et confié illégalement ses activités au Centre national de traitement avec toutes les conséquences que cela a engendrées. C’est la même Cour qui a fixé récemment les dates des élections législatives et locales alors que la Constitution donne le droit au Président de la République seul de convoquer le corps électoral. La voilà encore qui autorise des citoyens âgé de moins de 40 ans à se présenter à l’élection présidentielle de 2016 au Bénin. Et chaque fois qu’elle rend une décision, cela suscite toujours des remous. Comment peut-on traiter un enseignant qui n’arrive toujours pas à se faire comprendre par ses élèves ? On ne demande pas à la Cour de rendre des décisions selon la volonté du peuple ; mais qu’elle évite d’embrouiller l’opinion publique.

Le comportement de la Cour laisse croire que tout recours, même sans fondement et illogique, est traité. Sinon, un citoyen dont le parti politique est inconnu au bataillon refuse la candidature au détriment d’un autre pour des raisons inavouées. En quoi la Cour est-elle concernée ? N’est-ce pas que les conseillers de la Cour semblent être désœuvrés à Ganhi ? La Cour Holo a parlé. Mais cela ne change aucune virgule de la Constitution béninoise. Si un citoyen n’est pas âgé de 40 ans au moins à la date du dépôt de candidature, il ne peut postuler à l’élection présidentielle au Bénin.

 Donc Atao avait vraiment trahi ???

 La situation actuelle nous ramène dans le passé et confirme des soupçons de Mai dernier. Le rapprochement entre le député Atao Hinnouho, André Okounlola et Hermès Gbaguidi lève le doute sur les trahisons remarquées lors de l’élection du Président de l’Assemblée nationale en Mai dernier. Pour rappel, Le député Atao et Komi Koutché ont été membre du bureau d’âge devant diriger les travaux de l’élection du bureau de l’Assemblée. Ils ont, à deux, partagé le même bureau pendant des jours. Komi Koutché a été candidat et, au terme de l’élection, le verdict final faisait dire à l’opposition que quelqu’un a trahi. Le nom de Mohamed Atao a circulé longtemps, mais il a démenti dans les médias sur le fait qu’il n’avait jamais voté pour le candidat de la mouvance. Certains avaient estimé que la collaboration entre lui et le candidat Koutché trahissait le pacte secret. Le doute est resté. Mais, la décision de la Cour vient confirmer que la collaboration date de longtemps et qu’effectivement, rien ne prouve qu’il n’ait pas voté pour le candidat de la mouvance. On se souvient aussi de sa défense assurée illégalement devant les médias par un avocat proche du pouvoir au soir de la proclamation par la Céna des grandes tendances des élections législatives qui ne lui attribuaient aucun siège. Son parti reso Atao n’a aucun problème et il va se positionner candidat d’un parti créé et animé par des compatriotes originaires des Collines. Le parti en question appartient à André Okounlola, membre influent des Fcbe. Hermès Gbaguidi, auteur du recours devant la Cour est originaire des Collines, nommé à son poste par Komi Koutché. Atao va chercher quoi dans tout ça ? Tout est bien clair.

 F.F

La décision Holo démontée

 Dans l’histoire du Renouveau démocratique, aucune décision de la Cour constitutionnelle n’a suscité tant de remous. Des juristes, des universitaires de différentes spécialités, à travers des argumentaires appuyés de références scientifiques, d’exemples pertinents et auréolés de cas probables, ont exposé les limites de la décision Dcc15-156 en date du 16 juillet 2015. Il urge que les membres de la Cour rapportent leur décision qui ne saurait faire partie de la jurisprudence.

Haro sur la décision Dcc 15-156 du 16 juillet 2015 se rapportant à l’âge requis pour être candidat à l’élection présidentielle au Bénin. Tous ont dit non. Les citoyens béninois de diverses obédiences politiques et confessions religieuses se sont insurgés contre la décision rendue par la Haute juridiction constitutionnelle. Tous les Béninois s’accordent à reconnaître que cette décision rendue par la Cour de Théodore Holo relève plus du domaine politique que du domaine du droit. Elle comporte trop de failles et ouvre la voie, non seulement aux commentaires, mais à des situations futures ingérables. Fondamentalement, elle remet en cause le Code électoral en ses dispositions relatives à l’actualisation du fichier électoral. Car, cette décision qui revendique le traitement équitable des citoyens à l’élection présidentielle donne l’opportunité à tous les citoyens béninois d’être électeurs si, au 31 décembre de l’année de l’élection, ils fermaient les 18 ans. Les dispositions de la Constitution en son article 44 évoquent la locution adverbiale « au moins », ce qui suppose que l’âge est révolu. En bons démocrates, les Béninois attirent l’attention de la Haute juridiction sur les insuffisances que comprend cette décision, afin que la Cour, elle-même, statue à nouveau pour rapporter sa décision. En principe, les décisions de la Cour ne sont susceptibles d’aucun recours. Mais, se basant sur le fait qu’il est question de la vie de la nation, et que la faculté des sages, en tant qu’humains, peut faillir, les Béninois, lèvent la voix pour se faire entendre. Une décision qui est susceptible de mettre en péril ou de faire écrouler beaucoup d’autres dispositions légales, peut faire l’objet d’un traitement spécial. La conscience des membres de la Cour est ainsi interpellée.

 Jean-Claude Kouagou