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hostieLa curie de la Rupture

 La coalition de la Rupture qui a arraché de haute lutte le pouvoir à Yayi Boni doit être dans l’extase. La Rupture reste inébranlable face aux velléités peu offensives d’une opposition avide du pouvoir. Cette opposition inorganisée et minée par un conglomérat de leaders économico-politiques qui aiguillonnent des vassaux, toujours aux abois et obnubilés par des pécules ; peine à effondrer les murailles de la Rupture.

Née à la suite de la création de l’Alliance républicaine constituée de la Renaissance du Bénin (Rb) de Léhady Soglo, du Parti du renouveau démocratique (Prd) de Me Adrien Houngbédji et des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) de Yayi Boni, la coalition de la Rupture était composée de ceux qui allaient s’aligner deuxième, troisième, quatrième, cinquième de la présidentielle de mars 2016. Il s’agissait des candidats de poigne Patrice Talon, Sébastien Ajavon, Abdoulaye Bio Tchané, Pascal Irénée Koupaki, Robert Gbian, et des autres que sont Issa Salifou, Fernand Amoussou, Mohamed Atao Hinnouho, Nassirou Bako-Arifari, Karimou Chabi Sika, dont le cumul des scores au premier tour était en deçà des 3%. Le verdict des urnes au premier tour de la présidentielle crédite le candidat de la continuité, Lionel Zinsou de l’Alliance Républicaine de plus de 850 mille voix. Il est suivi de Patrice Talon, candidat indépendant et membre de la Rupture porté par plus de 740 mille électeurs. Sébastien Ajavon, l’autre candidat indépendant et membre de la Rupture est investi de la confiance de plus de 690 mille électeurs. Au second tour les ralliements circonstanciels à la cause du candidat Patrice Talon, porteur du projet de société baptisé « Nouveau départ » le propulsent aux portes de La Marina. De 24% au premier tour, Patrice Talon passe à plus de 65% du taux des suffrages exprimés. La Rupture et son candidat principal, Patrice Talon devenaient ainsi les tombeurs du porte flambeau de l’Alliance Républicaine derrière qui se dressait en trame de fond, l’ombre indésirable de Yayi Boni.

Patrice Talon s’installe de 6 avril 2016 et constitue son premier gouvernement. Deux cadres émérites de la Bceao, Abdoulaye Bio Tchané et Pascal Irénée Koupaki occupent les premières places dans ce gouvernement. Ils demeurent jusqu’en 2018, les poutres sur lesquels sont posés les matériaux de la Rupture pour l’édification d’une République démocratique forte, basée sur l’Etat de droit et enclin à la lutte contre les virus qui infestent le développement économique et social. Cette lutte âpre et acharnée contre la criminalité économique, l’impunité dans les secteurs vitaux de la vie, a fait rompre les amarres entre le chef de l’Etat qui fait face à la réalité du pouvoir de tenir ses engagements électoraux et certains de ses alliés de la veille qui l’ont porté au pinacle. Sébastien Ajavon avec ses 22% devient gros électeur au second tour tombe en disgrâce avec Patrice Talon dans une affaire de produit prohibé : 18 kilogrammes de cocaïne. Atao Mohamed Hinnouho, dans la lutte implacable contre les faux médicaments est détenu en attendant d’être jugé. Les actions d’assainissement de la vie publique, la culture de la vertu ont créé une tension sociale entretenue par des politiciens sous les pieds de qui l’herbe a été coupée.

Au regard de ce qui précède, certains citoyens ont embouché la trompette : l’actuel locataire de La Marina est tombé bas dans des sondages. Le compétiteur-né connaît bien son peuple. Aux appréciations illusoires des détracteurs s’oppose une gestion rationnelle des affaires publiques. Le procédé méthodique de Patrice Talon séduit des catégories sociales. Le chef de l’Etat est soutenu par un nombre indéfini d’acteurs politiques et économiques. Pendant que certains se retirent du navire de la Rupture, d’autres font leur entrée. Et les têtes couronnées sont en phase avec Talon.

Jean-Claude Kouagou