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drapeu-beninoisL’intérêt de la jeunesse béninoise pour la fête de l’indépendance semble de jour en jour s’effriter. Pour certains, ce désintérêt tirerait sa source des tensions sociopolitiques et économiques que vit le Bénin. Cependant, il y en a dans le rang de la jeunesse qui sont optimistes et enthousiasmés de cette célébration de l’accession du Bénin à la souveraineté nationale et internationale.

Pour la plupart des jeunes rencontrés dans la ville de Cotonou, la fête nationale ne présente aucun intérêt. Ces Béninois, fer de lance de la nation ne taillent aucune importance à cet événement historique. Selon eux, il y a plus préoccupant. Pour Julien, un homme de la quarantaine : « le 1er Août, c’est notre fête d’indépendance. En principe, c’est une très grande fête et elle doit nous donner l’occasion de faire une rétrospection, une introspection pour voir là où nous avons chuté, ce qui nous reste à faire pour pouvoir évoluer ». Michel, un homme de la génération de Julien, affiche quand à lui un désintérêt particulier pour la fête du 1er Août : « J’ai du mal en tant que citoyen pour dire l’intérêt que la fête de l’indépendance pour moi parce que les premières autorités du pays qui devraient en être soucieuses ne s’y intéressent pas. Ça fait que citoyen que moi-même je suis, je finis par me désintéresser, mais à regret ». Anick, une jeune fille de 22 ans constate une monotonie dans l’organisation de cette fête et espère une innovation pour le 1er Août 2015 : « Pour moi, je n’ai pas d’intérêt particulier, on montre la même chose chaque 1er Août. On fait le défilé, c’est le même défilé tout le temps…bon…peut – être que ce 1er Août il y aura un truc nouveau. ». Par contre, Nadège, 23 ans a préféré un style direct pour exprimer son coup de gueule par rapport à la célébration du 1er Août : « Moi je ne vois aucun intérêt à cette fête, ça ne me dit même rien. Quand on parle d’indépendance, il faut être d’abord indépendant avant de parler de cette fête, mais rien ne prouve qu’on est vraiment indépendant dans notre pays ». Si pour ces jeunes citoyens, la célébration de cet anniversaire ne signifie pas grand-chose, d’autres jeunes ne sont pas indifférents à cette célébration qui garde à leurs yeux toute son importance. Pour marquer leur intérêt quelques uns circulent déjà depuis des jours avec des fanions accrochés à leurs motos, symbole de leur attachement à cette date.

Inès Zounnon