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Après avoir tout détruit ou presque dans la République, le gouvernement Yayi a décidé de déstabiliser la Fédération béninoise de football, dirigée par un opposant au régime. L’autorité de tutelle a entamé l’œuvre de destruction de l’édifice depuis plusieurs semaines. Il y a eu les injures publiques, les dénigrements, les accusations sans fondement, l’instrumentalisation des supporters, le refus de libérer la subvention gouvernementale, destinée aux clubs… Après cette cabale gratuite orchestrée contre la Fbf et son président Augustin Ahouanvoèbla, le coup de grâce a été enfin porté au football béninois avec le retrait de l’agrément accordé à l’instance fédérale. Le Conseil des ministres qui a entériné la décision, propose la mise en place d’une commission pour situer les responsabilités dans le dossier ayant entraîné la suspension des équipes de catégories de jeunes des compétitions de la Caf. Pourquoi avoir décidé de la mise en place d’une commission, six mois après, alors que la Caf, motivant sa décision, a bien indiqué qu’il s’agit d’une erreur administrative en matière d’enregistrement ou d’indication des dates de naissance sans intention délibérée ? Pourquoi maintenant, alors qu’en son temps, la Fbf a fourni au gouvernement à sa demande, des explications détaillées sur les circonstances de l’erreur administrative ? Les mêmes explications ont été fournies à l’Anlc, qui de façon surprenante, à saisi la Fbf aux mêmes fins. Pourquoi maintenant, alors qu’il est dit que cette sanction sera bientôt levée ? Pourquoi maintenant, alors que depuis juin 2013, sous Anjorin Moucharafou, le Bénin est suspendu pour deux ans du Chan pour avoir fait forfait contre le Ghana ? Cette sanction court toujours et finira en 2015 ???!!!

Le même Conseil des ministres insiste sur la réunification de tous les acteurs du football. Il s’agit là d’un engagement du président Ahouanvoébla avant son élection et au premier congrès sous son mandant en août 2013. Les sanctions contre certains dirigeants dont les clubs ont abandonné le championnat, suite à la crise de 2010, ont été levées. Sur la même lancée, le Comité exécutif a essayé, sans succès, de faire revenir les clubs concernés dans le championnat 2013-2014. Le même exercice a été répété avant le lancement de la saison sportive 2014-2015 avec toujours le refus des clubs qui tiennent à revenir avec leurs positions respectives dans les différents championnats. Ils sont soutenus dans leur position par le ministre des Sports qui tenait à ce qu’on fasse une parenthèse sur les dispositions des statuts de la Fbf pour ouvrir la Ligue 1 et la Ligue 2 aux clubs inactifs au lendemain de la crise, née le 20 décembre 2010. Actuellement, et pour la saison 2015-2016, une nouvelle correspondance en date du 11 mars 2015 est adressée à tous les clubs concernés. Une correspondance qui précise que « le Comité exécutif a décidé de libérer une place dans chaque catégorie des championnats nationaux (Ligue 1, Ligue 2, championnat national amateur) dans le respect des statuts de la Fbf … ».

Il est clair que le gouvernement n’a toujours pas digéré le fait de voir un opposant au régime diriger la Fbf. Cet opposant a commis le crime de s’investir personnellement au plan technique pour sortir la Liste électorale tant attendue, malgré les crocs-en-jambes financiers du gouvernement et sa soif inassouvie d’en maîtriser le processus d’élaboration et le contenu. En plus, avec le départ de Hélène Kèkè Aholou et Michel Missikpodé des Fcbe, le mauvais positionnement du maire d’Avrankou, il est pressenti un règne sans partage de cet opposant dans la Commune d’Avrankou pour le compte des prochaines législatives. C’est pour cette raison que le gouvernement s’acharne contre lui. Après avoir joué aux pyromanes, il veut joueur au sapeur-pompier pour surfer sur le volet populaire du football et battre campagne en vue des élections prochaines et pourquoi pas justifier un troisième mandat hypothétique.

Le gouvernement surprend en agissant de la sorte. Après la démission de 12 des 15 membres du Comité exécutif de la Fbf, il n’a pas cru devoir retirer l’agrément à la Fédération dirigée par trois personnes !!! De même, l’ancien président Anjorin Moucharafou avait dû gérer les affaires du football de la prison, sans que ce même gouvernement ne retire l’agrément. La décision prise en Conseil des ministres est donc purement politique. Il fallait coller quelque chose à Ahouanvoèbla pour l’occuper jusqu’aux élections, comme le gouvernement tente de le faire avec le président du Cos-Lépi, Sacca Lafia, et le coordonnateur du budget, Nicaise Fagnon, qui devront répondre aux préoccupations de la commission d’audit du ministère de l’Economie. Ahouanvoèbla, lui, peut être serein. La Fifa sifflera bientôt la fin de la récréation.

Epiphane Axel Bognanho