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Le roi est en souffrance. Il a du mal à mettre en place son équipe gouvernementale. Elus députés à l’Assemblée nationale, dix ministres devaient se décider pour libérer leur chef. Ainsi, François Abiola, Komi Koutché, Alassane Soumanou et Gustave Dépo Sonon ont souhaité poursuivre l’aventure gouvernementale en lâchant leur mandat parlementaire. Le chemin est donc plus ou moins balisé pour le roi qui peine à trouver les hommes pour faire le job. Yayi doit tout de même perdre un homme fort de son système : Marcel de Souza. Son beau-frère et ami de vieille date a choisi le Parlement ! Attaqué par les leaders des Fcbe qui lui reprochent d’avoir trahi le groupe lors de l’élection du président de l’Assemblée nationale, il n’a toujours pas digéré les coups qui lui ont été assénés. Peut-être avec la bénédiction du chef !!! Après avoir été humilié dans les médias et à travers un communiqué incisif des Fcbe, de Souza a subi une autre humiliation lors de la mise en place des commissions permanentes de l’Assemblée nationale. Candidat au poste de président de la commission des finances et des échanges, il a été puni par ses collègues de la mouvance. Il s’en est sorti avec une seule voix. La sienne !!! Et les sept autres de la mouvance ? Ils ont tous voté pour Raphaël Akotègnon, le candidat de l’opposition. Le coup lui a été porté par Adam Bagoudou, Natondé Aké, Gilbert Bagana, Nourénou Atchadé, Gustave Dépo Sonon, Simplice Dossou Codjo et Jacques Yampabou. Rien que des proches du roi !!! Marcel de Souza est devenu indésirable dans le camp Yayi. Il est aussi indésirable au gouvernement, puisqu’on lui reproche d’avoir empêché Koutché, le candidat propulsé par son ami d’il y a 38 ans, de prendre le perchoir. Il a compris. Son départ du gouvernement est inéluctable… C’est un pion essentiel du système Yayi qui doit filer entre les doigts de l’homme du K.O. Un cacique du régime qui a fait tout le chemin avant d’être traité de « Judas » par ses amis des Fcbe.

Comme Marcel de Souza, d’autres ministres choisiront de rester au Parlement. Ils préfèreront un mandat de quatre ans offert par le peuple souverain à un séjour de dix mois aux côtés de Yayi. Un séjour qui pourrait être un supplice pour toute personne qui se verrait offrir l’opportunité de faire l’expérience gouvernementale… Le roi gémit dans la galère de fin de règne. Condamné à descendre, une à une, les marches de l’escalier de sa chute certaine, il résiste pour montrer aux Béninois qu’il est encore déterminé à redresser le pays. Et pourtant, il subit le contrecoup de sa gouvernance infernale. Une succession de camouflets et de déboires l’ont réduit à néant. Le héros du K.O cherche désespérément du monde derrière lui. Il se morfond presque… Il se tracasse pour monter son équipe. En attendant que les ministres-députés se retrouvent dans une situation d’urgence pour se décider, il a voulu leur mettre la pression pour connaître ceux qui accepteront de faire le reste du chemin chaotique avec lui. Victime de ses propres artifices, il vit l’épisode punitif du règne despotique. La galère prendra fin le 5 avril 2016 quand il aura quitté le Pouvoir…  

Mais avec les scandales qui émaillent ses deux mandats, il doit vraiment souffrir dans sa chair… L’affaire Icc-Services ressuscitée par une déclaration tonitruante du député Janvier Yahouédéou et les accusations de l’ancien président Nicéphore Soglo, l’affaire Cen-Sad, la construction du siège de l’Assemblée nationale, Maria Gléta, l’affaire Dangnivo… lui collent à la peau. Dans l’affaire Icc-Services, le rapport confidentiel du Fmi du 24 septembre 2010 accable tout son système. On comprend alors pourquoi ce rapport a été caché et les insinuations de l’Agent judiciaire du trésor, Sévérine Lawson. Le prochain gouvernement portera tous ces scandales et devra en répondre devant la représentation nationale. Ça sent vraiment la fin de ce régime ! Yayi le sait très bien. En envoyant son ministre d’Etat, François Abiola, le représenter au dernier sommet de l’Union africaine en Afrique du Sud, il a montré qu’il est en train de s’éclipser… Il doit maintenant s’apprêter à vivre des moments difficiles. Lui qui n’a plus le contrôle du Parlement et dont la bicoque politique nommée Fcbe est en pleine déconfiture. Dans l’obsession du mal et la chasse à ses adversaires depuis 2006, il s’enfonce dangereusement. C’est un Yayi fragilisé et laminé sous le rouleau compresseur de ses dérives qui descendra du trône.

 Epiphane Axel Bognanho