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En tournée sur le continent la semaine écoulée, le président français, François Hollande, a reçu une belle leçon de l’Angola. Alors qu’il s’attendait à être accueilli à l’aéroport par le président José Eduardo Dos Santos, il a été surpris de voir que seuls le ministre angolais des Affaires étrangères, Georges Rebelo Chicoti, et quelques gardes étaient là pour l’accueillir. Pas de cortège, de chants et de danses comme cela a été fait dans les autres pays africains. François Hollande a été accueilli de la manière la plus simple, comme un simple diplomate. C’est de cette façon que la France accueille les présidents africains. Et Dos Santos le lui a rendu, même s’il en a fait un peu trop. D’autant qu’il a fait patienter le président français pendant plusieurs heures avant d’organiser leur première rencontre. En Angola, le président français n’était qu’un simple demandeur de service devant Dos Santos !!! Alors que la France impose sa dictature et pille l’Afrique francophone, le président français fait les yeux doux devant son homologue angolais comme l’a fait Nicolas Sarkozy à Mouammar Khadafi. Il est parti pour quémander des contrats pour ses investisseurs. Donc, il doit bien jouer son rôle. C’est ainsi que Hollande a décidé de parler d’amitié et de réconciliation avant de présenter ses multiples projets sur lesquels il compte encaisser plusieurs centaines de millions de dollars. Au-delà, l’image offerte par l’Angola est exceptionnelle ! Voir un président français reçu incognito en Afrique est plutôt rare. Mais c’est le juste retour sachant que les présidents africains sont souvent accueillis dans l’indifférence totale à Paris. Est-ce le manteau de « Colon » qui permet au président français de ne pas faire des tonnes lors de la réception des présidents africains francophones ? Si tel est le cas, pourquoi en Afrique il doit attendre qu’on le porte comme un trophée à l’aéroport ? Si Hollande a dû patienter pour rencontrer Dos Santos, pourquoi ne le ferait-il pas dans les pays de l’Afrique francophone, encore qu’il se présente espérant contrôler nos richesses ? En Afrique francophone, les dirigeants politiques sont-ils si liés pour ne pas dire non au « Colon » ? Tout porte à croire qu’ils sont éternellement complexés alors qu’ils dirigent des Etats souverains même s’ils sollicitent l’aide des pays développés. Mais est-ce une raison pour se laisser ridiculiser par le « Colon » ?

L’Angola a déjà montré le chemin aux autres nations en rendant la monnaie à Hollande ! Et pourtant, le dirigeant Ps faisait croire qu’il y était attendu. « Voilà, je pourrais vous parler des heures durant, mais je vais être obligé de quitter le Bénin pour aller en Angola, puis après au Cameroun. On me demande : ‘’Mais pourquoi aller dans autant de pays africains ?’’ Parce que la France y est attendue, y est espérée. Dans les pays francophones bien sûr, compte tenu de l’histoire, compte tenu de la langue. Dans les pays anglophones, je pense au Nigeria, Votre voisin, parce que nous sommes à ses côtés pour des projets économiques – oui, sûrement – mais aussi pour sa sécurité. La France est également attendue dans les pays lusophones, l’Angola, le Mozambique, parce qu’ils attendent aussi de nous que nous puissions promouvoir le pluralisme culturel, pour être aussi en capacité de répondre à leurs sollicitations… », avait lâché Hollande devant la communauté française à Cotonou. Avec le revers qu’il a subi en Angola, on comprend qu’il n’était pas désiré sur place. A lui de tirer les leçons au nom de la France. Car, ce n’est pas sa personne, le problème. Mais plutôt la propension de la France à vouloir tout contrôler en Afrique.

Au Bénin, Hollande a été accueilli en guest star. Le président béninois, Yayi Boni, a dû attendre 00h20 pour l’accueillir à l’aéroport en présence de tous ses ministres, du personnel de la Présidence, des hauts gradés de l’armée… Le lendemain, il y a eu les honneurs militaires, un tête-à-tête au palais de la Marina, une rencontre avec les présidents des institutions, la visite sur deux sites, la rencontre avec la communauté française… Son départ a mobilisé autant de monde que son arrivée sinon plus, avec le président Yayi et ses ministres qui ont passé plusieurs minutes à sourire et à agiter la main à l’avion qui a pourtant disparu dans les nuages. Il y a eu aussi les incessantes embrassades provoquées par Yayi, les tapes dans le dos de l’hôte, les sourires forcés… Bref, tout un artifice pour jouer au clown devant le numéro 1 des Français. Hollande a été pris pour un dieu à Cotonou. Tout le contraire en Angola où il est passé inaperçu.

 Epiphane Axel Bognanho