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 hostieDeux listes sont qualifiées pour les législatives du 28 avril 2019. Pour la première fois dans l’organisation des élections pour la députation, la classe politique assiste à un verdict qui la laisse pantois. Au terme de la sentence, le président de la Céna, Emmanuel Tiando, résolu à l’application stricte des lois et décisions relatives aux élections, indique le chemin de la Cour constitutionnelle aux listes disqualifiées. Tiando s’en lave les mains, convaincu que son verdict n’est pas sans recours sur le fondement de l’article 47 du Code électoral.

Alors est-on en passe de ne voir aller aux législatives que l’Union progressiste (Up) et Bloc républicain (Br), deux partis nés de la volonté du président de la République, Patrice Talon de rassembler tous les minuscules partis dans ces deux entités ? Non. Car, les responsables des listes de candidatures rejetées par la Céna pour différents motifs disposent de 48 heures, à partir de la notification de la décision, pour espérer revenir en lice. Les recours ainsi formés pourront être traités dans un délai de 5 jours par le juge constitutionnel. Au cas où la décision de la Haute juridiction leur serait favorable, les candidats aux législatives dont les listes ont été rejetées par la Céna pourront  pousser un ouf de soulagement. Au cas contraire, Ite missa est ! Et, malheureusement pour la démocratie béninoise réputée exceptionnelle pour les compétitions électorales où opposition et mouvance s’affrontent ! Et la faute à qui ?

En politique, on ne se fait pas de cadeaux. Et la politique n’est pas un jeu d’enfants de chœur. Il faut d’ailleurs avoir des nerfs d’acier pour s’engager dans les aventures politiques. Les intrigues, les coups bas sont légion pour tourner en dérision l’adversaire. Qui veut voyager loin, ménage sa monture. Lorsqu’on n’est pas sûr de détenir les cartes du jeu, il faut suffisamment fait preuve de vigilance. La ruse n’est qu’un des nombreux moyens pour venir à bout de l’adversaire depuis le temps de Machiavel. Alors, dans un tel conteste l’opposition n’avait qu’à concentrer ses énergies sur les législatives de 2019 au lendemain de la promulgation en septembre 2018 de la Charte des partis politiques et en octobre du Code électoral.

Les missions de bons offices de la Cedeao dans les pays engagés dans des processus électoraux, on le sait, n’influencent guère le cours des choses, au nom de la non-ingérence dans les affaires internes des Etats membres. La solution à la situation qui se dessine revient aux acteurs politiques béninois. C’est d’ailleurs dans cet esprit que le Chef de l’Etat, pour dénouer la crise, tient une nouvelle rencontre avec la classe politique, en l’occurrence les responsables des partis disqualifiés par la Céna.

Le génie béninois saura une fois de plus puiser au plus profond de son être les ressources nécessaires à la résolution de cette situation. Une chose est sûre. Le respect des textes sera de mise. Les brèches qu’offrent les dispositions de l’article 50 du Code électoral « tout report de la date des élections est interdit. En cas de force majeure, le report de date ne peut être fait qu’après une consultation de toutes les forces politiques engagées dans l’élection concernée et sur décision de la juridiction compétente» peuvent constituer une porte de sortie de crise. Dans tous les cas, s’il advenait que seules les listes de l’Up et du Br devraient prendre part aux législatives, alors, le seul enjeu serait le taux de participation du corps électoral.

Jean-Claude Kouagou