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Le Président de la république
Le chef de l’Etat Yayi Boni n’est plus serein

Structuré et mesuré pour ne pas provoquer  la peur chez  Yayi Boni, l’entretien télévisé  de Patrice Talon a été plutôt mal accueilli par le roi du Palais de la Marina. Les échos du choc qu’il a reçu se révèlent au lendemain de la sortie de l’opérateur économique.

Depuis que l’annonce du retour de Patrice Talon au pays a été faite, le chef de l’Etat n’est plus tranquille. Les réformes opérées à l’aéroport Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou en constituent la parfaite illustration. Yayi Boni a déplacé tout le monde de la plateforme aéroportuaire juste dans le but de mieux contrôler les mouvements de ses adversaires. Le retour imminent de Patrice Talon, après les autres exilés sera suivi avec un œil vigilant par le pouvoir qui prévoit d’ailleurs de déployer discrètement des agents de sécurité et des militaires en civile. En attendant l’arrivée de Patrice Talon, c’est l’entretien télévisé de ce dernier qui met le chef de l’Exécutif dans tous ses états. Il craignait de faire les frais de la prestation de celui qu’il considère comme son ennemi n°1. Et il l’a si bien démontré. Mesurant la portée de cet entretien au cours duquel, le magnat du coton n’a pas caché son activisme politique depuis sa terre d’asile, ses soutiens accordés aux acteurs de toutes les tendances, et sa propension à rassembler tout le monde, le chef de l’Etat craint que ses lieutenants et bras armés sortis de son paquebot se rapprochent de son ennemi pardonné. Ainsi après avoir renvoyé la plupart de ses conseillers depuis le 21 mai 2015, Yayi Boni a enfilé son costume de séducteur pour les recaser à nouveau au Palais de la République, certains à la tête des structures étatiques et d’autres dans les cabinets et directions ministériels. La plupart étaient des disciples dociles et prêts à tout pour défendre les pires dérives de sa gouvernance. Il y en a  comme Alexandre Hountondji qui sont devenus frondeurs en raison de l’entêtement du chef à réviser la constitution du 11 décembre 1990. Tous ceux-là ont été repêchés dans le contexte de l’arrivée et de l’entretien de Patrice Talon. A huit mois de la fin de son mandat, le chef de l’Etat tente de resserrer les rangs autour de lui. Et-ce pour une dernière bataille ? Laquelle? S’il tente un dernier combat contre Patrice Talon, il risque d’en faire davantage les frais. Car, le connaissant émotif et réactif, ces nominations ne sont pas la concrétisation  d’un vieux rêve. Ce sont les circonstances actuelles qui lui procurent l’envie de rappeler ses conseillers, surtout politiques, qui l’ont tout le temps induit en erreur. Apparemment, le chef de l’Etat a souffert de leur absence et tout porte à croire qu’il a besoin de leurs services pour faire face à un homme d’affaires sur le point  de revenir de l’exil et dont l’entretien télévisé a provoqué l’ébullition dans le paquebot du régime. Les dociles laudateurs  du  roi vont bientôt reprendre service. Patrice Talon dont les déclarations ont attiré des sympathies est toujours dans le viseur, mais leurs actions contre ce dernier ne produiront aucun effet.

Et pourtant, il est conciliant        

L’entretien télévisé de 30 mn de l’homme d’affaires Patrice Talon avait visiblement pour but de contribuer à l’apaisement de l’atmosphère sociopolitique et de rassurer  le pouvoir de Yayi Boni que la plaie causée par les affaires   de  coup d’Etat, d’empoisonnement s’est cicatrisée et que  le bras de fer devant les tribunaux est  terminé. Ces questions  sur lesquelles il était très attendu ont été  traitées avec beaucoup de doigté et de finesse. En lieu et place des révélations et des sentiments de révolte qui étaient attendus de l’opérateur économique par une certaine  opinion publique afin de lui permettre  de  tirer goût de la prestation, Patrice Talon s’est résolu à ne pas remuer le couteau dans la plaie et à ne pas réveiller les vieux démons de la division.   «  Je pense pour ma part  qu’il est temps de tourner cette page», a-t-il répondu aux journalistes qui ont suscité la question du sens du pardon de Yayi Boni dont les manœuvres sont à l’antipode de son message  du 14 mai 2014.

FN