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Des paillotes nettoyés par les promoteurs

Située dans le 12e arrondissement de Cotonou, la plage de Djomèhountin se trouve dans un état piteux. Pendant que certains pensent que cette place est victime de l’incivisme des populations, d’autres pointent plutôt leur doigt accusateur sur la Mairie.

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Des sachets de biscuits, de jus de  bissap retrouvés de part et d’autre

Les raisons qui motivent les habitués de ce site varient. Il y a parmi eux, ceux qui viennent pour réfléchir, ceux qui viennent pour une réunion, ceux qui viennent se divertir et ceux qui viennent se détendre. Ici, pour se sentir à son aise, il est préférable de louer sa paillote chez les promoteurs privés de bar-restaurant installés sur une partie de la plage. Ces promoteurs nettoient régulièrement leur aire pour offrir à leurs clients un espace de détente propre. Mais si votre bourse ne vous permet pas de vous offrir ce luxe, vous serez ici, au milieu de ces tas d’immondices qui embellissent piteusement cette deuxième partie de la plage qui n’appartient à personne et donc que personne ne nettoie. Pourtant situé à quelques mètres, de l’emplacement aménagé alloué aux promoteurs qui doivent certainement payer des taxes à la Mairie, la salubrité de ce site ne préoccupe personne. Pour ‘’Dadjè’’, le gardien d’un espace privé de cette plage, il y a longtemps que la Mairie a mené sur la plage une action de salubrité: « La Mairie n’a pas payé les gens qui balayent la plage, c’est pourquoi ils ont cessé de la nettoyer». Louis, la trentaine, venu avec un club d’amis sur la plage pour une réunion pense que : « La saleté vient de la population. Normalement, chacun doit jeter les déchets qu’il a produits dans la poubelle installée sur la plage, mais les gens ne respectent pas les règles. Ils jettent les ordures où ils veulent ». Ce jeune propose que La Mairie mette en place une structure de contrôle pour veiller à la salubrité de la plage. Zavier, un jeune homme mince et de taille moyenne, de la même trempe que Louis est plutôt dur dans le ton : « C’est vraiment triste et dommage pour le Bénin. On est prêt à jeter les sachets de biscuit, du jus de bissap et autres sur la plage sans se soucier qu’en le faisant, nous salissons l’espace que nous fréquentons.  Foncièrement, le béninois n’a pas la culture de la propreté parce que si tout au moins, nous nous organisons à ne pas salir, on ne pourra plus parler d’insalubrité après ». Pour lui, la responsabilité de la Mairie se trouve également engagée : « C’est la Mairie qui s’occupe de ces espaces. Il faudrait qu’elle s’organise pour mieux entretenir nos plages parce que le constat est là, têtu. Chaque fois, c’est les tas d’immondices qui jonchent la plage». Jean-Claude, jeune homme trapu est mal à l’aise. Devant son malaise, préfère se détendre et partir et n’entend pas venir à la plage pour tenir un balai : « je suis venu me détendre, je ne peux pas prendre un balai pour commencer par balayer la plage ». Selon lui, ce qui serait bien est que la Mairie s’organise pour inclure le nettoyage de la plage dans celui des rues. Interpellé par notre équipe de reportage à réagir sur la question, le nouveau Chef d’Arrondissement de la 12e s’est retenu et a dit vouloir aller faire que le constat de l’insalubrité de la plage de Djomèhountin par lui-même avant toute interview sur l’état de cette plage.

 Inès Zounnon