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boni_yayi_04-2-e6432Le taux de croissance de 5,2% annoncé est en déphasage avec les réalités du panier de la ménagère. Pour un banquier qui a promis au peuple, à sa prise de fonction en 2006, la croissance à deux chiffres, c’est un aveu d’échec. Pour preuve, l’inspecteur général des finances, Nicéphore Soglo, qui a hérité de la révolution, un pays en situation économique difficile, a réalisé, ce qu’on peut, sans exagérer, appeler miracle. En effet, entre 1990, où il est devenu Premier ministre au lendemain de la Conférence nationale et sa chute en avril 1996, en qualité de président de la République et candidat à sa propre succession, Nicéphore Soglo a porté le taux de croissance du Bénin de -3% à 6% ; soit une performance de 9 points en 6 ans. Alors, lorsqu’en une décennie, le président de la République qui a géré sans discontinuité le pays fait savoir, en fin de mandat, que la croissance économique attendue est de 5,2%, il ne saurait être très bien noté. D’ailleurs, le reste du discours du chef de l’Etat Yayi Boni le justifie. « Le Bénin n’a pas pu atteindre les objectifs des Omd (Objectifs du millénaire pour le développement) en matière de cible sur la réduction de la pauvreté. (…) Cette situation de persistance de la pauvreté associée à la croissance démographique forte de 3,5% et au fort taux de sous-emploi des jeunes dénotent de l’insuffisance de notre croissance. » Cet extrait illustre comment le président Yayi Boni reconnaît lui-même devant les représentants du peuple, son échec à endiguer la pauvreté. Son dauphin à la présidentielle de 2016, qui doit « poursuivre ses actions », tel que stipulé dans les critères de choix du candidat des Forces cauris pour un Bénin émergent, peut-il faire mieux que son maître ? Le peuple souverain en jugera dans soixante jours.
Jean-Claude Kouagou