Spread the love

philype-houdegnonC’est parti pour plusieurs mois de malcompréhension sur ce dossier. La Police va maintenir sa version, mais les parents de l’élève tué ne se tairont pas. Le peuple, face à cette situation, ne pourra rien retenir à la fin. Le second suspect blessé et hospitalisé au Centre national hospitalier de Cotonou a donné sa version dans son témoignage. Pour lui, la police ne dit pas vrai. L’élève tué ne peut plus parler. Il ne pourra plus donner sa version et, le Bénin, sous Yayi Boni, ne finira jamais les enquêtes judiciaires pour fixer le peuple et les parents. On se rappelle encore de plusieurs enquêtes ouvertes depuis des années, mais dont on n’a jamais la suite définitive. Il s’agit entre autres, de la disparition de Pierre Urbain Dangnivo, de l’assassinat de Bernadette Sohoudji Agbossou, de la tentative d’assassinat de Martin Assogba etc. La Police béninoise a ce défaut. Elle n’aboutit presque jamais à des conclusions précises dans ses enquêtes.

Dans le cas précis, difficile de dire qui, de la Police ou des parents, dit la vérité. Le père de l’enfant tué insiste que son garçon est allé à une fête et était sur le chemin de retour. Il fait confiance à son enfant et ne croit pas qu’il soit un braqueur (encore qu’il n’est pas tenu de connaître tout de son fils et maîtriser tous ses réseaux). Il est vrai qu’avec la société actuelle, les enfants développent des comportements qui, parfois, surprennent leurs propres parents. Difficile de contrôler un enfant de cette génération et de compter sur lui entièrement. Ils sont nombreux à mal se comporter en ville, mais sont sérieux devant leurs parents. Cela ne veut pas dire que le colonel ment, mais il importe d’émettre des réserves sur la moralité de son enfant (surtout qu’il ne vit plus pour se défendre). La Police dit avoir rattrapé des gens qui roulaient à vive allure avec leurs motos et a riposté contre leur attaque. Il est vrai qu’une supposée victime de braquage est venu se plaindre avec des blessures-témoins ; mais qui des policiers a été touché par le feu ouvert par les jeunes ? La Police ne va-t-elle pas trouver un autre moyen de neutraliser sans tuer des supposés braqueurs lorsqu’elle n’a pas d’informations préalables sur eux ?

Le fait de tuer des braqueurs n’est pas mal ; mais lorsqu’après les opérations (surtout celles sans informations préalables), des gens se plaignent, le travail de la police devient douteux. A force de tuer tous les braqueurs qu’on rencontre (peut-être pour venger les flics tués ou faire plaisir au peuple), la police ne risque-t-elle pas de tuer des victimes innocentes ? Est-ce le nombre de braqueurs tué qui importe ou bien l’information et la pro-activité ? Des questions adressées aux spécialistes.

Relations ambiguë police-Armée

La situation va de mal en pire. Les relations entre la police et les forces armées béninoises ne sont toujours pas bonnes, même si les responsables des deux corps le cachent souvent. Il semble qu’il y a un contentieux qui les oppose et s’il y a un travail à faire au plus vite par le gouvernement, c’est de détecter et régler le problème qui se pose. Il date sûrement de longtemps. Car, à plusieurs reprises, on a vu les deux corps étaler leurs querelles. On se souvient encore des disputes nées entre elles de beaucoup d’opérations dont elles ont réclamé, chacune la paternité. On n’a pas encore oublié tout ce qui s’est passé entre ces deux corps dans les dossiers pistes cyclables et port de casque à moto. Régulièrement, il y a des querelles publiques entre elles. Soit les militaires ont battu un policier ou alors c’est le contraire. Récemment, une opération de la police a permis de tuer des braqueurs dont un gendarme. La polémique a duré des semaines sur la vraie profession de ce dernier. Il y a eu des cas où la police a mis la main sur des militaires impliqués dans des cas de braquage. Tout porte à croire que les forces armées béninoises font partie des hors-la-loi qui ennuient la police. Le garçon tué dans la nuit du 24 au 25 décembre est le fils d’un militaire. Il est traité de braqueur et son père (un colonel) refuse. Assurément, il aura le soutien de certains de ses collègues dans ce dossier dont la fin n’est pas encore envisagée.

Félicien Fangnon