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Barthélemy Kassa ennemi de la démocratie

Reçu sur l’émission « Zone franche » de la chaîne de télévision Canal 3-Bénin, le ministre de l’Energie, Barthélémy Kassa, est revenu, une fois encore, sur la révision de la Constitution. Ce thème de campagne qui retentit très mal au sein de l’opinion publique, est préjudiciable aux candidats des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe).

L’agressivité avec laquelle le président Yayi Boni entend réviser la Constitution, à 12 mois de la fin de son dernier mandat constitutionnel, est effarante. Les Béninois ne savent plus quelle trompette faudrait-il emboucher à Yayi Boni pour qu’il sache raison gardée. Déjà en 2008, il a tenté d’introduire la révision de la Constitution. Face à la résistance du Parlement, il a dû faire un repli tactique. Il est revenu à la charge au lendemain de la présidentielle de 2011, toujours avec la même vigueur. Mais la détermination des Béninois lui a fait plier l’échine. Au dernier congrès extraordinaire du 14 février 2015, les thuriféraires du Pouvoir ont renouvelé leur intention d’introduire des réformes dans la Constitution. Sur le plateau de la télévision Canal 3-Bénin, le ministre en charge de l’Energie, Barthélémy Kassa, a réitéré la position invariable des Fcbe et de leur patron sur la révision de la Constitution. Cet acharnement contre la loi fondamentale du Bénin fait frémir plus d’un et donne l’impression que les futurs élus de l’alliance Fcbe n’auront rien à faire au Parlement que de passer en force la révision de la Constitution. S’il est vrai que la jurisprudence de la Cour constitutionnelle rassure que quel que soit le degré de révision de la Constitution, il n’y aura point de nouvelle République, il est tout autant vrai qu’il faut s’interroger très sérieusement sur les réelles intentions du président Yayi Boni à s’accrocher à la révision de la Constitution.

 Une sentence en cours

 Dans un mois pratiquement, c’est-à-dire le 26 avril prochain, les électeurs sanctionneront cette attitude rétrograde des Fcbe qui tend à compromettre la démocratie béninoise. En effet, l’option ou le thème de campagne électoral relatif à la révision de la Constitution du 11 décembre 1990 est préjudiciable à la victoire des candidats Fcbe. Certains d’ailleurs, bien qu’étant candidats sur la liste du président Yayi Boni, se demandent le pourquoi d’une telle obsession sur la révision de la Constitution alors que le président de la Cour constitutionnelle, le Pr Théodore Holo, à l’occasion de la cérémonie de présentation de vœux au chef de l’Etat le 09 janvier 2015, avait rappelé au président Yayi Boni, que les Béninois sont très attachés aux droits de l’homme et à la démocratie. Le président Holo avait étayé son argumentaire en se basant sur les statistiques pour révéler que plus de 64% des recours formulés s’inscrivent dans ce chapitre. Il est alors fortement regrettable de constater que le pouvoir finissant n’a de sujet autre que la révision de la Constitution. Motifs habituels : instutionnalisation de la Commission électorale nationale autonome (Céna), imprescriptibilité des crimes, introduction de la Cour des comptes etc. Ces motifs qui n’entravent en rien le bon fonctionnement des Institutions, pourraient même se révéler un piège contre le leader charismatique des Fcbe. Car, Yayi Boni est le président qui a le plus commis de crimes politico-économiques. En attendant, les électeurs ont pris position pour ne pas donner une majorité à la liste des Fcbe pour les législatives du 26 avril 2015.

 Jean-Claude Kouagou