Spread the love

Cotonou est à la croisée des chemins ! La première ville à statut particulier du pays abrite une campagne électorale mouvementée. Les élections communales et locales du 28 juin 2015 constituent un rendez-vous important pour les Cotonois. Après 12 ans de pratique de la décentralisation, le rendez-vous dans les bureaux de vote paraît déterminant ! La Rb pourra-t-elle poursuivre son aventure à la tête de la municipalité de Cotonou ? Cette question est agitée dans la ville. Le maire sortant, Nicéphore Soglo, croit, dur comme fer, que le parti dont il est le président d’honneur sera reconduit par les populations. Désormais retraité ‘’politique’’, il appuie son fils, Léhady Soglo, qui doit prouver, à travers ‘’son’’ bilan, que la ville de Cotonou a été bien gérée par sa fratrie depuis 12 ans ! L’adjoint au maire sortant doit convaincre, malgré les critiques virulentes de certains citoyens qui subissent en ce moment les affres de l’inondation. L’inondation ? C’est la principale préoccupation à Cotonou ! C’est le thème de campagne idéal sachant que les Cotonois vivent un calvaire à chaque saison pluvieuse… La Rb tient à son programme 3 Ci… et indexe le régime Yayi. « Ce n’est pas qu’on n’est pas arrivé. Nous avons fait quelque chose qui est là. Abidjan a le même problème. La fois dernière, je suis parti à Agla et je leur ai dit ‘’je vais être très franc avec vous. Je suis passé ici avec Madame Feret, la patronne de l’Union européenne, et nous avons posé un certain nombre de conditions. Il faut que vous remplissiez votre part du contrat. Si vous ne le faites pas, nous serons obligés de passer à une autre phase. Pour ce travail, chacun doit remplir sa part du contrat’’. Les problèmes d’assainissement sont des problèmes régionaux. Les gouvernements, au-delà du golfe de Guinée, doivent se réunir et trouver les solutions les plus adaptées. Il faut que les gouvernements se retrouvent avec les maires des principales villes pour débattre de ces questions au lieu de laisser certains démagogues raconter des choses… », a déclaré Nicéphore Soglo sur l’émission Zone Franche de Canal 3. Mais, en face, l’Un et ses ténors à Cotonou, Candide Azannaï et Me Joseph Djogbénou, proposent un projet innovant et battent en brèche le discours des Soglo. « Le potentiel existe. Les ressources ne manqueront pas. Il faut la bonne gouvernance, la transparence, la crédibilité afin que la confiance renaisse. Cotonou a fait trois fois la classe de Ci, il faut qu’elle passe au Cp. Nous prônons Cotonou propre… », a laissé entendre Candide Azannaï. L’ancien renaissant tient un discours musclé pour se faire une place. Après avoir écrasé la concurrence dans la 16è circonscription électorale lors des élections législatives de 2015 en décrochant trois sièges sur cinq, il se trouve plus que jamais requinqué ! Tous les rêves sont désormais permis… Seulement, il sera difficile pour un parti ou une alliance de contrôler la mairie sans le concours d’autres forces politiques. D’où, l’importance de la présence du Prd dans cette arène. Le parti de Me Adrien Houngbédji contrôle naturellement Akpakpa et environs avec Raphaël Akotègnon et ses hommes présents sur le terrain. Il aura son mot à dire ! Pourquoi pas le Réso-Atao de Atao Hinnouho qui perce aussi à Akpakpa ! Une coalition Rb-Un-Prd peut donc se positionner pour contrôler la mairie !!! Comme le cas du Parlement où toutes ces forces politiques ont travaillé à porter Me Houngbédji au perchoir, un homme de consensus peut être dégagé pour faire le job.

Dans cet univers, ce sont les Fcbe qui sont en difficulté. L’ancien ministre Raphaël Edou et ses colistiers traînent le bilan catastrophique de leur leader, Yayi Boni. Alors qu’ils avaient la faveur des pronostics, il y a quelques années, ils ont totalement sombré. Ils sont submergés par les nombreux scandales qui ont émaillé les deux mandats de Yayi. Nicéphore Soglo leur a même adressé un avertissement : « C’est moi qui détiens le rapport du Fmi sur Icc-Services, un rapport qui accable le régime. Et vous savez, actuellement, j’ai les pieds très sensibles. Je ne permettrai pas que les Fcbe m’égratignent (…) ». Ainsi, de façon subtile, le maire sortant a menacé de rendre public le fameux rapport s’ils s’avisent à l’attaquer. Justement, depuis que ce rapport a été publié, les Fcbe sont invisibles sur le terrain. Aujourd’hui, ils sont vomis par les populations. Ils ont sans doute compris qu’ils sont largués. Surtout avec leur déroute lors des dernières législatives, face à l’Un dans la 16è. Marcel de Souza avait dû batailler dur pour accrocher un siège au Parlement. A l’opposé, Chabi Yayi, le fils du roi, avait échoué. Sans les affidés du roi, le chemin est balisé pour les opposants…

Epiphane Axel Bognanho