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eleveEtre instruit, ce n’est pas seulement acquérir des connaissances qui permettent d’obtenir des diplômes et d’avoir un métier. C’est aussi et surtout connaître le processus par lequel la pensée et l’émotion naissent et agissent. C’est apprendre à contrôler et à orienter ses pensées et à les imprégner de l’émotion.

Ayons le courage de le reconnaître. Il y a un sérieux et profond travail à entreprendre si nous voulons redresser la barre des valeurs en vue de préserver l’espoir. Sinon, à l’étape actuelle des choses, il est illusoire d’attendre mieux d’un pays où la population vit dans une acceptation totale de tout ce qui se passe en des termes à peine voilés de fatalité : «Dieu a voulu». «Que pouvons-nous faire ?»,» Dieu fera». Heureusement ou malheureusement, aucun signe apparent de Dieu ne se manifeste à l’horizon. Sinon que la morosité s’accentue de jour en jour. Les jeunes sortis des écoles et universités peinent à trouver un emploi. Pendant ce temps, on continue d’attendre l’heure de Dieu sans rien entreprendre. Le regard de tout un peuple est tourné vers l’arrivée d’un messie, avec dans sa gibecière la solution magique.

Arrêtons sincèrement de nous voiler la face. Aucun miracle ne nous tombera du ciel si nous ne prenons individuellement et collectivement conscience que nous devrons aujourd’hui construire notre présent pour espérer un meilleur avenir. L’athlète qui se fixe l’objectif de gagner aux jeux olympiques, travaille sur lui-même et s’entraîne sans répit pour pouvoir relever le défi. C’est dans la quête de cet objectif que réside le levier de transformation de la vie. Cette volonté de gagner implique la force et le pouvoir de résoudre l’équation. Il en est de même pour toute personne qui désire gagner et réussir sa vie. Ce travail est intérieur et est personnel. Nul ne peut le faire à votre place. Aucune autre personne, si puissante soit-elle, ne pourra aller à l’encontre de votre volonté de réussir.

Que serait une personne qui ne s’intéresse à rien et qui n’a aucune ambition majeure ? Lorsque le subconscient est laissé à lui-même sans aucune force mentale pour l’orienter vers un but, il est amorphe, passif voire négatif et destructeur. Mais, lorsqu’il est conduit par une pensée de vainqueur alors, il rentre dans un réservoir d’énergie illimitée et le miracle se produit.

Quel pays avons-nous aujourd’hui bâti lorsque le régionalisme, la cupidité, l’intolérance, la méfiance, la violence, la haine, etc. sont érigées en normes de gestion de la cité au détriment de la fraternité et de l’amour du prochain ?

Plus rien n’arrête certaines personnes dans leur course effrénée d’amasser des biens matériels. Tous les moyens sont bons pour s’enrichir.

Et la jeunesse, malheureusement, par suivisme, s’engouffre dans cette voie, la voie de la facilité. Tout le monde veut vite s’enrichir alors que la richesse n’est pas une fin en soi, mais uniquement le moyen d’atteindre l’idéal. Si vous êtes milliardaire et que vous ne pouvez pas créer, ni fabriquer une seule aiguille, ou que vous ne pouvez même pas contribuer à l’accroissement de l’économie de votre pays, votre milliard ne sert à rien. Et vous n’auriez apporté rien de beau et de durable.

Les personnes qui suscitent respect et admiration sont celles qui ont réussi en se dépassant, celles qui ont triomphé des obstacles et des épreuves inimaginables. Il ne s’agit pas de louer la souffrance mais de comprendre toutes les opportunités d’évolution qu’elle engendre. La bravoure, le sens de l’honneur et l’intégrité de nos aïeux interpellent la conscience de chacun de nous, parents d’aujourd’hui et de demain.

Eduquer un enfant, c’est lui donner les moyens adéquats de se construire et de s’instruire. C’est l’éveiller à la vie. La famille étant le noyau de la société il en ressort que l’éducation de base est donnée à l’enfant par ses parents. Et c’est pourquoi être parents est un important acte d’engagement et de responsabilité. Les parents sont les tout premiers potiers aux mains desquelles l’enfant est modelé. Cette éducation de base constitue la pierre d’angle sur laquelle repose « la maison » de nos enfants. Nous y prenons grands soins et c’est pourquoi, nous donnons le meilleur de nous-mêmes pour les élever avec amour, attention et tendresse.

Mais là où le bât blesse, c’est qu’à l’arrivée, malgré l’affection offerte, l’enseignement dispensé et les sacrifices consentis, les fruits ne tiennent pas la promesse des fleurs. Sinon que notre pays ne serait pas dans cet état aussi lamentable que nous déplorons tous. J’ai comme l’impression qu’au fil des ans, le savoir-faire séculaire a été vidé de tout le sacré dont il regorgeait. Il y a donc un travail d’hercule à engager. Nous devrons recharger la «batterie» qui est, à mon avis, complètement à plat. C’est un travail collégial pour redorer le blason de la terre bénie que nos aïeux nous ont laissée en héritage.

Ça urge. Car c’est de l’avenir de nos++ enfants qu’il s’agit.

Micheline Adjovi