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Le ministre de l’artisanat, Lazare Sèhouéto est sollicité…

Le lavage de motos et voitures est une activité qui permet aux jeunes diplômés sans emploi de trouver leur premier job. Dans la Commune de Lokossa et dans certaines localités du Mono-Couffo, le lavage des engins est devenu une convoitise des jeunes chômeurs et artisans.

L’activité de lavage de motos et voitures est un job qui se répand dans la Commune de Lokossa. Les centres qui abritent cette activité deviennent de plus en plus nombreux. Dans le seul arrondissement de Lokossa, on peut en dénombrer plusieurs. Outre les jeunes chômeurs, il y a les apprentis des ateliers de vulcanisation et de mécanique qui prennent d’assaut le lavage des engins afin de joindre les deux bouts. Comme dans les grandes villes telles que Cotonou, Porto-Novo et Parakou,  le lavage de motos et de voitures est devenu une activité rentable dans la Commune de Lokossa. Pendant la saison pluvieuse et les vacances, nombreux sont les jeunes qui l’embrassent en vue de s’assurer une bonne reprise des classes. Dans le centre de lavage « Vucas », sis au centre de la ville de Lokossa, bon nombre de jeunes s’y sont fait embaucher  pour gagner leur vie. Mieux, le promoteur, David Adjaho, se dit satisfait des revenus que lui procure cette activité. Il y trouve pour son compte au point qu’il envisage déménager de l’actuel emplacement  pour s’installer ailleurs afin de bien mener ce job. Pour lui, c’est une activité qui résiste au temps. Que ce soit en saison sèche ou pluvieuse, il enregistre au moins 20 motos par jour. Quant aux voitures, il a fait remarquer qu’il trouve au moins 10 par jour. En période pluvieuse, ce nombre s’accroît et va jusqu’à 30 voire 50 pour les motos et 20 pour les voitures. Même si en saison sèche, le nombre de motos et de voitures qui sollicitent ses prestations diminuent, le jeune vulcanisateur reconverti dans le lavage de motos et de voitures avoue que cette situation n’affecte pas ses revenus mensuels. « En période de transition entre les pluies et l’harmattan, il y a en moyenne 15 motos que je lave par jour. Quant aux voitures, il y en a, au moins 5 qui sollicitent mes prestations. Donc, j’ai toujours à faire », renchérit-il.  En dehors de ces deux genres d’engins, il y a de gros porteurs qui sollicitent ses prestations. « C’est à cause du sérieux que je mets dans l’exécution de cette activité que mes clients me font confiance et me confient chaque fois leurs engins. Moi, je ne fais pas simplement le lavage. Je fais l’entretien des voitures, car j’enlève tous les sièges et je mets au propre tout ce qui est à l’intérieur », explique-t-il. Bien qu’étant difficile, le promoteur de cette entreprise informe qu’il fait un travail de spécialiste. Contrairement aux autres promoteurs du centre de lavage de motos et de voitures, David Adjaho fait un travail bien soigné. Malgré tout le sérieux dont il fait montre, ses prestations ne sont pas chères. Il a confié qu’il prend 300 FCfa pour les motos et 1 000 FCfa pour les voitures. Sans trop se verser dans l’égoïsme, il a fait savoir qu’il paie correctement ses employés. Avec sourire aux lèvres, il déclare qu’il donne à chacun d’eux 10 000 FCfa par semaine et compte en recruter davantage afin de faire face aux sollicitations croissantes. A quelques encablures de ce centre de lavage, se trouve un autre site. Sur les lieux, on y trouve 5 employés. A en croire son promoteur, Ferdinand Aballo, son activité de lavage de motos et de voitures marche bien. Il en tire beaucoup de revenus. Malgré l’état défectueux de ses matériels, il exécute correctement son travail. Seulement, contrairement à son collègue, David Adjaho, ses prestations coûtent chères. Il a mentionné qu’il lave les motos de ses clients à 500 FCfa. Ainsi, avec un bénéfice journalier allant de 10 à 20 mille francs Cfa, il se retrouve avec plus de 300 000 francs Cfa par mois. « Nous prenons 400 francs Cfa pour les motos dames, 500 francs Cfa pour les motos à embrayage. Cependant, il y a certaines motos que nous lavons à 1 000 FCfa. Quant aux voitures, les prix varient entre 1 000 et 1 500 FCfa au moins. C’est le prix que je pratique ici pour le moment. Je ne suis pas cher. Car ailleurs, on lave les voitures à 15 000 voire 25 000 FCfa. Tout dépend de la marque de la voiture », déclare-t-il. Pour lui, ce sont les difficultés qu’il endure dans le métier qui l’ont amené à rehausser  les prix. « Les véhicules sont difficiles à laver. Pour le faire, il faut procéder au démontage des sièges qui me prend beaucoup de temps. Pour le remontage, il me faut 8h d’horloge. Il y a des véhicules très complexes. Il s’agit des véhicules électroniques qu’il faut détacher pas à pas. Etant donné que le travail est difficile, il faut fixer un prix juste », défend-t-il. Pour Toussaint Anagonou, le lavage de motos et de voitures n’est pas aussi simple qu’on le pense. Car, il faut prendre toutes les précautions pour ne pas endommager l’engin du client. Sur ce, il a mentionné qu’il prend toutes les précautions afin que les bougies des motos ne soient pas endommagées. « Je ne suis pas du domaine. Cependant, je m’applique correctement pour ne pas abîmer les pièces des engins qu’on me confie. Je lave les motos à 400 FCfa. Quant aux voitures, je les lave à 1 000 ou 1 500 FCfa. En somme, je gagne en moyenne 400 000 FCfa par mois. Je n’ai rien à envier à un fonctionnaire dont le salaire tourne autour de 200 000 FCfa », confie-t-il. Comme tout métier, les acteurs de lavage de motos et de voitures sont confrontés à des difficultés.
Difficultés du métier et les solutions
 Le lavage de motos et de voitures n’est pas sans risques. A en croire le promoteur Toussaint Anagonou, c’est le manque d’ouvriers qui est la première difficulté à laquelle il est confronté. Il a mentionné qu’il y a très peu de jeunes qui veulent embrasser ce métier en pleine expansion et rentable dans la commune. La 2ème chose qui le met mal à l’aise dans l’exercice de cette activité, ce sont les critiques que formulent les clients à son endroit. Il confie qu’il lui est très difficile de gérer les mauvaises humeurs des clients. « Il y a certains clients qui viennent me voir  avec des histoires. Même si  leurs motos sont bien lavées, ils disent que nous n’avons pas bien fait le travail», fustige-t-il.  Les autres reproches que les clients font à l’endroit des promoteurs des centres de lavage de motos et de voitures sont liés aux vols des objets qu’ils laissent sur leurs motos. Sur ce point, les promoteurs ont confié qu’ils prennent toutes les précautions pour qu’aucune pièce ou objet laissé sur les motos ne se perde. « Les clients peuvent laisser leurs engins et leurs affaires faire deux ou trois jours sur notre site. J’ai donné des instructions fermes à mes employés. Tout contrevenant pris en flagrant délit est renvoyé et traduit en justice», déclare Ferdinand Aballo. En dépit de toutes ces précautions, les acteurs du métier ne sont pas épargnés des problèmes liés à leur corporation. Au nombre de ces derniers, il a la concurrence déloyale et la mauvaise organisation du métier. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils en appellent à une réorganisation du secteur. « Nous voulons que ce métier soit réorganisé.  Il faut que le ministre de la culture et de l’artisanat nous appuie. Nous souhaitons que les montants de nos prestations soient uniformisés et qu’il y ait un cadre juridique pour la restructuration de ce métier. Cela y va de son développement », plaide le promoteur, Ferdinand Aballo.
Claude Ahovè
(Br Mono-Couffo)