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SIEGE-FBF-DJASSIN
La crise à la Fbf peut être maintenant dénouée

Mise en berne par le spectre d’une nouvelle suspension par la Fifa, la résolution de la crise à la Fédération béninoise de football (Fbf) refait surface depuis ce dimanche 4 septembre 2016 avec les éliminations conjuguées du Bénin des Can cadette et sénior de 2017.

Comme si tout le monde s’était entendu ces dernières semaines, les uns pour éviter d’aborder publiquement la crise à la Fbf, les autres pour éviter de poser ou de prendre des décisions  pour ne pas froisser les sensibilités de la Fifa. En apparence, chacun a voulu jouer sa partition dans l’union sacrée décrétée par le ministre des Sports, autour des écureuils du Bénin dont les équipes cadette et sénior étaient en course pour la qualification aux Can de leur catégorie. D’une part, il s’agissait de mettre ces équipes dans les meilleures dispositions mentales et de ne pas perturber leur préparation et de l’autre, d’éloigner tout risque de sanction par la Fifa, arme souvent brandie par le « camp Anjorin », dès lors qu’une décision ne  l’arrange pas.  Mais depuis la nuit de ce 4 septembre, leur moyen de chantage a fondu entre leurs mains comme du beurre, avec l’élimination tout aussi douloureuse que logique de l’équipe A à Bamako, deux semaines après celle des cadets à Abidjan. Presque jamais au rendez-vous des coupes africaines des clubs de la Caf, sorti de la campagne de qualification pour le Mondial russe de 2018, le Bénin ne disputera plus aucune compétition majeure avant deux ans. Un temps suffisant pour résoudre dans le fond la crise à la Fbf et poser les jalons d’un système fort à la place des hommes forts.

Homéky prêt à mettre le pied dans le plat !

« Mon humble avis est qu’à travers cette défaite 5-2, Dieu nous indique la voie de la réconciliation des acteurs et de la reconstruction intégrale de notre football. A nous de l’emprunter pour un lendemain meilleur ou de végéter dans l’improvisation et sombrer davantage. Pour ma part, le choix est clair et j’en donnerai davantage la preuve ». Ces propos d’Oswald Homéky quelques minutes après la débâcle de Bamako prouvent à suffisance que le gouvernement est conscient que la crise est encore béante et que l’heure de sa résolution a enfin sonné. Mais des questions préalables  demeurent : jusqu’où le ministre des Sports est-il prêt à aller au nom de la résolution ? Est-il vraiment prêt à casser des œufs pour faire cette omelette ? Jusque-là, il a ménagé les sensibilités, au nom dit-il de l’intérêt général. Même si à des moments donnés, le « camp Anjorin » a abusé de sa bonne foi, notamment sur l’épisode de la première rencontre ayant débouché sur un protocole d’accord, le ministre a gardé avec lui quelques cartouches qui lui permettent d’être encore crédible auprès des différents protagonistes. Le fait d’avoir associé le Chef de l’Etat aux négociations et d’avoir gardé, pour le ministère des Sports, l’exclusivité de l’organisation des rencontres des équipes nationales, est un signe qu’il sait que tout n’est pas rose. Mais cette fois plus que par le passé, il est attendu du jeune ministre des Sports, du courage décisionnel et un règlement de la crise sur des bases légales surtout que le volet judiciaire du dossier est en cours. Aucune vraie résolution ne peut se faire sans le respect des décisions de justice et du principe de la séparation des pouvoirs.

Abib Ishola Arouna

Homéky a joué sa partition  

La seule note positive dans l’expédition malienne, a été l’organisation autour de l’équipe nationale.  Contrairement au match aller sous Safiou Affo qui avait couté deux morts au Bénin, l’équipe d’Oswald Homéky a fait les choses suivant les standards recommandés. Le stage de préparation des écureuils s’est bien déroulé, la grève annoncée du sélectionneur national Oumar Tchomogo n’a été qu’une rumeur des mauvaises langues, l’hébergement et le transport des joueurs n’ont souffert d’aucun couac, les supporters se sont rendus plus que d’habitude au Mali. Pourtant, il se trouve encore des langues « serpentines » pour accuser le ministère d’être responsable de l’élimination. L’argument selon lequel l’échec serait lié à la non-organisation du match par l’équipe d’Anjorin Moucharafou, paraît aussi fallacieux que compromettant pour ses défenseurs. Au nom de quelles valeurs morales, cette équipe peut exiger l’organisation d’un match de l’équipe nationale alors même que tous ses membres font l’objet de mandat d’arrêt ? Doit-on en déduire que Anjorin et les siens ont fait perdre le match au Bénin, faute de n’avoir pas été associé à l’organisation ? Ou pensaient-ils user de leurs habituelles méthodes  pour décrocher une qualification qui en aucun cas n’aurait fait honneur au Bénin, à l’image peut-être de celle du Burkina Faso ?

A.I.A