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 »Les Béninois futé » appelle à l’éducation citoyenne des enfants

Déjà cinquante-cinq ans que notre pays a obtenu son indépendance et, nous sommes toujours à la recherche du développement dont nous n’avons malheureusement pas encore trouvé la bonne voie. La responsabilité est imputée, à juste titre, à nos gouvernants et dirigeants de passage au pouvoir. Mais comment contribuons-nous tous, Béninois, à cette situation ?

Le Béninois futé perçoit notre peuple comme un ensemble supposé indivisible dont les principales composantes sont : Les politiciens chevronnés qui animent la vie politique par l’intermédiaire des partis ou en solitaire. Ils sollicitent le suffrage des populations pour être élus lors des élections locales, municipales, législatives et présidentielles,

Les gouvernants et les membres des institutions choisis par les élus du peuple, quelques fois avec la participation de la société civile, pour diriger le pays,

Et les autres, les plus nombreux qui, sans être férus de politique, œuvrent également pour le développement du pays. Le Béninois futé appartient à celle-ci.

Que les compatriotes qui se retrouveront dans les griefs ici énumérés sachent que ceux qui auront pris connaissance de ces écrits, d’une manière ou d’une autre, les catalogueront. Le souhait est qu’ils découvrent la honte, mot en voie de disparition de l’univers de la moralité dont les frontières s’éloignent de jour en jour de notre société. Qu’ils se reprennent et changent de comportement!

  1. Concernant la catégorie du béninois futé

Constats :

Le Béninois futé a choisi de balayer devant la porte de sa propre catégorie avant de s’en prendre à celles des autres. Aussi, sans la prétention d’être exhaustif, il constate que :

Nous sommes complices de la corruption qui, comme une gangrène, s’est installée dans le pays, car :

. Nous la demandons nous-mêmes, la conseillons aux autres pour faire avancer leurs affaires, voire l’instituons en sourdine pour en partager en groupe les fruits.

.Victimes, nous râlons sans jamais nous plaindre réellement, par peur des conséquences pour notre vie ou le mauvais traitement de nos dossiers.

.Nous admirons les brebis galeuses qui s’enrichissent de manière illicite par le vol sur notre dos et font étalage sans vergogne, de biens mal acquis. Nous rêvons même de leur emboîter le pas dévalorisant ce faisant, ceux qui, parmi nous, ont accédé à la richesse à la sueur de leur front ou à leur génie créateur.

.Nous vendons notre conscience à ceux qui se proposent de nous représenter dans les hauts lieux de notre démocratie au motif que nous sommes pauvres et que le ventre affamé n’a que faire de l’éthique.

.Nous ne faisons donc pas la différence parmi les candidats qui sollicitent nos suffrages, entre le citoyen qui de par sa compétence, son expérience et son honnêteté est capable de protéger notre société, de contribuer à créer les conditions favorables à son développement, de veiller à la bonne conduite des gouvernants, et celui qui n’est intéressé par la course au pouvoir que pour satisfaire ses ambitions et intérêts personnels. Nous retardons ainsi à n’en point douter, par cette attitude coupable, l’avènement du développement de notre pays.

.Aujourd’hui, les services que nous prestons sont souvent monnayés contre de l’argent alors que nous sommes payés pour les fournir. D’autres parmi nous profitent de leurs statuts pour s’offrir un complément de salaire, ou détournent à leur profit les sources de revenus de l’état …

Nous nous servons de nos bureaux comme chambres à coucher, voire de maquis et de lieux de Kankan, aux heures de travail au cours desquelles nous recevons les usagers en regardant la télévision. Autant de conditions qui favorisent la paresse et le travail mal fait lorsque nous ne nous sommes pas levés.

L’ambiance de travail dans les organisations de notre pays est pourrie par la formation de clans, d’intrigues sous fond d’intimidations occultistes dont les sociétés à la recherche du mieux-être devraient se débarrasser.

Nous dressons des obstacles sur le chemin de ceux qui ont le mérite d’entreprendre ou de créer, dans la mentalité: < pourquoi lui et pas moi? >, Et nous exploitons la bonne foi des honnêtes gens pour arriver à nos fins.

La conscience professionnelle, l’amour du travail bien fait et la recherche de l’excellence, indispensables au développement nous ont quitté au profit du bricolage, du gain rapide, voire de l’arrogance vis-à-vis des clients ou des usagers. Au surplus, la mendicité et la médiocrité intègrent nos valeurs culturelles et ont un relent criminel lorsque les “gestes’’ conditionnent nos interventions dans des domaines vitaux tels que la santé, la sécurité et bien d’autres encore.

Nous n’inspirons aucune crainte à nos élus, dirigeants et gouvernants car, achetés, nous avons perdu la spontanéité de réaction aux dénonciations des associations et autres organisations de la société civile qui se battent contre les aberrations des politiciens. Est-ce parce que nous pensons parfois qu’elles se politisent ? S’il est vrai que les associations et autres organisations non gouvernementales qui font forcément partie de notre composante se battent pour la justice sociale et le respect des lois républicaines qui régissent notre société, elles ne mobilisent pas assez les populations qu’elles sont sensées protéger et agissent comme des leaders d’opinion. En fait, elles négligent nos errements et se concentrent essentiellement sur la lutte contre les politiciens.

Les partenaires sociaux permanemment au front pour améliorer nos conditions de travail, négligent de nous rappeler à l’ordre lorsque nous quittons la voie morale de prestations de nos services et de s’investir dans la formation de leurs protégés. Ils sont parfois animés de tolérance coupable envers les pouvoirs en place lorsque ceux-ci gaspillent les moyens de l’Etat à des fins de confort superflu et dispendieux au profit des travailleurs.

Les démons du régionalisme habitent encore bon nombre de concitoyens qui sont prêts à suivre, comme des moutons de panurge, les politiciens va-t’en guerre qui n’hésitent pas à brandir la menace de l’affrontement ethnique pour arriver à leurs fins.

Notre jeu favori est l’indiscipline, que ce soit dans la rue ou dans les lieux de forte affluence sans respect ni de l’ordre social ni du voisin.

Nous détériorons par des actes d’incivisme de tous genres, notre propre environnement.

Nous remettons de façon intempestive notre vie entre les mains de Dieu, flirtant ainsi avec la fatalité et laissant les initiatives qui devraient émerger de nos rangs, au bon vouloir des pouvoirs publics. Le proverbe qui dit aide-toi et Dieu t’aidera ne se traduit pas dans notre société par : organisez-vous pour lutter contre les affres du sous-développement et les fléaux contemporains et Dieu bénira vos actions.

 N’y a-t’il pas de solutions à ces comportements de complicité, de passivité, de laisser-aller et de fuite en avant ?

Solutions :

 Le Béninois futé pense que les actions, attitudes ou initiatives individuelles, même si elles sont opportunes, ne peuvent transformer le Béninois si elles ne sont laissées qu’au libre arbitre de chaque citoyen. La preuve est que rien ne change malgré les beaux discours.

Nous devons refuser la fatalité qui nous mènerait droit à la décadence précoce et au maintien de notre patrie dans le groupe des pays attardés.

Les mots : moralisation (de la vie), éthique, civisme ne peuvent avoir leurs effets que s’ils font l’objet d’une campagne nationale menée conjointement et simultanément par toutes les organisations de la société civile, les confessions religieuses, les chefs traditionnels, les artistes modernes et traditionnels, la presse (écrite, parlée et l’audiovisuel), c’est-à-dire tous ceux qui, de par leurs activités, touchent bon nombre de nos concitoyens.

Il s’agira, sans s’en lasser, avec conviction et détermination patriotique, de mener cette campagne de manière permanente. Les associations et les ONG devraient, dès à présent, réserver et réaliser à titre formel, comme conditionnalité ou en complément à leur agrément, selon le cas, quelle que soit leurs domaines d’intervention, un volet de sensibilisation, d’information et de formation de leurs cibles, au comportement de bon citoyen.

L’organisation faîtière de la société civile devra se doter d’une structure qui vérifie la mise en œuvre effective de cette disposition vitale et stratégique pour notre pays. Elle devra procéder à des évaluations périodiques fréquentes et encourager les organisations les plus méritantes selon leur catégorie. Les organisations de la Société civile ont le mérite de trouver les moyens pour financier les bonnes causes. Utilisons-en une partie pour la fabrication du Béninois patriotique préparé pour affronter les défis du développement.

Les ténors de la société civile doivent s’investir plus pour nous organiser contre les maux qui minent notre développement!!!

Nous devons exiger du deuxième pouvoir qui est le nôtre, des sanctions sociologiquement et psychologiquement décourageantes, pour appuyer les lois contre la corruption afin de décourager les citoyens fermés au changement de comportement. Il est indispensable que ces lois qui existent à foison soient revues, rendues plus sévères, à la mesure de notre entêtement, et respectées, pour que la bonne moralité et le civisme retrouvent leur lettre de noblesse dans nos pratiques quotidiennes.

Cette approche endogène à notre catégorie sociale doit être examinée dans l’esprit que la famille et l’école n’ont pas pu dans notre pays, inverser le cours de l’évolution des fléaux incriminés. Le problème est si important que nous devons au niveau de notre catégorie de citoyens, chercher et lui apporter, nous-mêmes, des solutions plutôt que de végéter négativement dans une passivité improductive. Il nous faut réagir et ne pas, béninoisement, chercher l’utopie là où elle ne se trouve pas.

L’école nouvelle égale unité de production a dévalorisé l’enseignement de la morale et de l’éducation civique. Ceux d’entre nous qui ont été à cette école ne doivent pas se soustraire des cibles de cette campagne pour la moralisation, l’éthique et le civisme.

Les associations de parents d’élèves doivent exiger des pouvoirs publics, des cours qui s’attaquent nommément et sans fioriture, à la mode anglo-saxonne, aux comportements sociaux qui freinent le développement de notre Patrie.

De manière générale, les problèmes, préoccupations et attentes de toutes les composantes de notre catégorie (jeunes, femmes, retraités, catégories socioprofessionnelles etc..) auront plus de chance d’être pris en considération par nos élus et dirigeants, lorsqu’ils passeront par des associations dont les membres, de toutes les tendances politiques confondues, regroupés pour une cause commune et identique, auront décidé de respecter la trêve des périodes non électorales pour se battre ensemble quelque soit le parti que nous affectionnons chacun.

Il y a de l’avenir pour notre pays car, de nos rangs, émergent des promoteurs de projets qui investissent dans des secteurs variés, des journalistes qui osent, des citoyens qui s’expriment et nous avons des cadres compétents sous-exploités voire ignorés, éclipsés par les gueulards. Alors, allons de l’avant. N’hypothéquons pas cet avenir par nos comportements qui nous tirent vers l’arrière.

  1. Concernant les catégories des politiciens chevronnes, des gouvernants et dirigeants

 Constats :

Il n’est pas aisé de faire la différence entre les concitoyens de ces deux catégories. En effet, les uns sont choisis par les autres en fonction de leurs appartenances politiques. Ainsi, les membres du gouvernement sont désignés par le Chef suprême en fonction des alliances politiques du moment. Les membres des institutions sont désignés par le jeu des quotas parmi les plus proches politiquement. De même, les cadres supposés techniques sont récompensés pour leur assujettissement et leur dévouement à la cause des partis au pouvoir.

Quoi donc de plus naturel que de se coucher par terre là ou le chef demande de s’étendre sur un lit pour éviter le risque de perdre le jus inattendu ou longtemps rêvé qu’offre le poste occupé, ou de perdre sa place dans la catégorie des non acteurs économiques curieusement riches?

Le pire est que certains politiciens qui ont été élus à coups de millions par le peuple qu’ils ont en grande partie corrompu et dont les plus démunis et analphabètes constituent la majorité, n’hésitent pas à trahir notre confiance par des transhumances ou des procurations guidées par leurs intérêts personnels : l’argent. Bon nombre de ces élus ne savent même pas quels sont les rôles et les attributions des institutions pour lesquelles ils sollicitent nos votes. Ils sont, en conséquence, en sommeil profond lors des débats des institutions auxquelles ils appartiennent.

Peu nombreux, parmi les multiples partis politiques, sont ceux qui ont une idéologie, un projet de société, une stratégie et un entendement intégré du développement. Si ce ne sont que des promesses de construire des routes, des écoles sans enseignants, des infrastructures sanitaires sans le minimum de personnel de base, etc., sans aucune coordination spatio-temporelle de ces actions, ni préoccupation des préalables à la réalisation de leurs vœux….Ceci entraine l’improvisation lorsqu’ils accèdent au pouvoir par le jeu des alliances…

 A bientôt pour la suite……               

T. Ahouansou. G.