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 Sous Yayi, les réformes tiennent toujours le temps des gesticulations stériles de partisans zélés en quête de reconnaissance. La lutte contre la vente de l’essence frelatée en fait les frais. La lutte a été d’abord improvisée au Palais de la République avec les élucubrations de quelques autorités. Après, elle a été si injuste… Une fixation a été faite sur les contrebandiers du sud pourchassés par des militaires affamés, torturés et tués. La lutte contre l’essence frelatée a été alors victime du régionalisme ! En plus, plusieurs soutiens du roi dont l’homme d’affaires, Joseph Midodjiho dit Oloyé, ont été pris dans l’engrenage. Le roi doit faire marche arrière s’il ne veut pas faire beaucoup de mécontents au sein de son alliance Fcbe. Il n’a pas pu résister à cette pression des vendeurs d’essence frelatée verts… Oloyé, son pion dans la capitale, a survécu comme d’habitude à la tempête. Plus tard, il a été conforté par le roi qui l’a positionné sur la liste Fcbe à Porto-Novo dans le cadre des dernières élections législatives. Voilà comment une lutte démarrée tambour battant a été interrompue dans le silence… Les étalages sont devenus à nouveau visibles aux abords des voies. Seuls les morts ne reviendront pas ! Ils payent le prix de l’inconséquence de la décision prise par le roi ! Même si la vente de l’essence frelatée se faisait dans l’informel, elle nourrissait un nombre impressionnant de personnes. Mais notre illuminé docteur en économie n’a pas pensé aux mesures d’accompagnement au moment de décider de bannir ce secteur vieux de 30 ans. Et il l’a appris à ses dépens. C’est ainsi que le pays est géré depuis 2006. Le roi fait un pas en avant et trois en arrière… Il n’est responsable de rien. Il est toujours surpris et sous-informé. Pourtant, son gouvernement est souvent aux avant-postes…

Pour la répression du défaut du port de casque, le même gouvernement a fait le job. La réforme a réussi en peu de temps. La quasi-totalité des motocyclistes était munis de leurs casques. Pour une opération qui n’était pas réussie d’avance, on pouvait dire que le ministère de l’Intérieur et la Police nationale ont été à la hauteur… Le roi aussi pouvait être célébré. Pour l’une des rares fois, une réforme conduite par son gouvernement a prospéré. Mais il fait encore volte-face à travers son ancien ministre de l’Intérieur, Simplice Codjo Dossou. C’est par message radiodiffusé en date du 3 avril 2015 que l’homme a cru devoir suspendre la répression du défaut de port du casque. Le message radiodiffusé adressé aux préfets de départements est ainsi libellé : « Honneur vous demander vouloir arrêter immédiatement contrôle port casques ». Puis, face au tollé suscité par cette mesure, il revient à la charge par un communiqué de presse en date du 17 avril 2015 en précisant que : « La mesure visée n’a pas pour objet de remettre en cause le port obligatoire de casque, une réforme du gouvernement dont le succès est reconnu et apprécié de tous. L’obligation de port de casque reste donc en vigueur. Toutefois, compte tenu de la sensibilité de la période électorale, les forces de sécurité publique sont invitées à surseoir aux opérations de répression afin de prévenir les troubles à l’ordre public qui pourraient en résulter ».

Le port obligatoire de casque n’est pas remis en cause, mais le mal est fait. Les motocyclistes ont circulé allègrement sans casque durant plusieurs semaines profitant des largesses offertes par le communiqué du fameux ministre. Mais pourquoi arrêter cette opération alors qu’elle est une réussite jusque-là ? C’est surtout en période électorale qu’il faut maintenir et même réprimer davantage le défaut du port de casque pour éviter des pertes massives en vies humaines. Après tout, pourquoi ne pas suspendre la répression du port de casque en période de fêtes de fin d’année ? La décision prise par le ministre est incohérente puisqu’elle n’est basée sur aucune motivation de fait et de droit. Evidemment, après cette suspension, la Police tente en vain de rétablir la donne. Les motocyclistes emportés par ce communiqué du ministre ont perdu le réflexe. Obligée de procéder à une nouvelle sensibilisation, la Police est victime des errements d’un gouvernement sans boussole ! La répression du port de casque est peut-être vouée à l’échec comme celle contre la vente de l’essence frelatée. Et le seul responsable, c’est le chef du gouvernement…

Epiphane Axel Bognanho