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Dans ses pérégrinations incessantes pour prêcher la bonne nouvelle en vue des prochaines législatives, Yayi ne rate aucune occasion de déraper. Tous ceux qui ont osé quitter le navire Fcbe en plein naufrage sont diabolisés par l’homme qui a droit de vie et de mort sur ses partisans. Dimanche à Banikoara, il a attaqué son ancien ministre de la Réforme administrative et ex-directeur général de la Sonapra, Sina Bio Gounou. Le pauvre ! Le seul péché qu’il a commis, c’est de s’être fait positionner candidat sur la liste And de Valentin Aditi Houdé. Et on a tôt fait de l’impliquer dans un dossier de bradage de ferrailles de plus de 700.000.000 francs Cfa. Comme Hélène Kèkè Aholou, démissionnaire des Fcbe, attaquée sur une vieille affaire du nom du tristement célèbre marabout Mohamed Cissé et invitée à répondre devant l’Anlc, Bio Gounou doit faire face à la furie du Pouvoir dévastateur de Yayi. Le délit est inventé de toutes pièces pour l’amener à déchanter comme s’il existe désormais au Bénin une immunité Fcbe…  

Le roi des Fcbe l’a considéré comme un traitre, mais il est allé plus loin comme à son habitude. « Ce sont des traitres vendus aux Fons, aux gens du Sud. Ceux qui ont tenté de m’empoisonner et de me faire un coup d’Etat. Voter pour ceux-là, c’est voter pour ceux qui veulent de ma mort et m’arracher le Pouvoir. Tenez-vous bien mes frères (…) ». Voilà les propos qu’il a tenus pour fustiger le choix de son ancien partisan. Il s’attaque aux Fons considérés comme des crapules, des hommes qui ne méritent pas de prendre le Pouvoir. Ainsi, le roi des Fcbe incite à la partition du pays. C’est un dérapage qui rappelle ce triste 1er août 2012 marqué par des propos méprisants, bilieux, dédaigneux et partisans de Yayi Boni en direct sur la chaîne nationale. Des propos qui ne favorisent ni la paix, ni l’unité nationale qu’il est censé incarner en tant que chef de l’Etat. « … J’ai appris qu’ils ont tenu des réunions pour dire qu’ils vont me bloquer puisqu’on veut créer un front uni, on va chercher les syndicats, les magistrats, les ceci, pour chasser qui du pouvoir ? Moi Yayi Boni ? … Ils sont trop petits. C’est le peuple qui peut me chasser, …c’est Dieu et le peuple qui m’ont mis ici. Ils sont trop petits ! Parce que en créant…, laissez moi terminer, ce front uni-là, je vais leur prouver que moi aussi j’ai du monde derrière dans le Bénin profond, ils vont s’affronter. Je vais leur prouver cela … . C’est fini. Ça c’est de la haine crachée. C’est quoi cette méchanceté. Moi même je vais réagir. Je suis Béninois. Je ne suis pas étranger. … Si vous faites comme ça, moi-même, je vais soulever les miens, ça va donner quoi dans le pays ?… », avait déclaré le roi des Fcbe déchaîné contre son ancien sponsor, Patrice Talon, et le « front uni » de Antoine Robert Détchénou. Très enragé, le roi Fcbe n’avait pas non plus raté les journalistes de Canal 3 : « Par exemple pour le coton, nous allons organiser trois à quatre fois pour qu’il y ait la concurrence. Il ne faut pas laisser les poumons dans les bras d’une seule personne. C’est comme si le Bénin est pour un seul homme. Je ne vais pas plier. Quelque soit le lien d’amitié, même si cela doit me valoir toutes ces injures, même de ces enfants de Canal 3, ils n’ont pas l’âge de mes enfants et tous les matins, ils m’injurient. On les paye et ils m’injurient. Je suis peut-être leur père, j’ai 62 ans et je suis le Président de la République du Bénin. Même mes pauvres enfants les écoutent. Ils oublient que j’ai les moyens de leur faire du mal. Mais je ne ferai pas, j’ai dépassé ça. C’est quoi cette éducation ? Il y a quelque chose qui ne va pas. Il faut régler cela. Aujourd’hui l’argent est roi dans notre pays. On prend de l’argent pour m’insulter et on me parle de démocratie… ». Ces propos avaient été déclarés contraires à la Constitution à travers la décision Dcc 13-071 rendue le 11 juillet 2013 par la Cour constitutionnelle.

Obnubilé par une révision constitutionnelle irréaliste, le roi des Fcbe vitupère contre ses anciens alliés et oublie qu’il est le président de tous les Béninois. Il prêche plutôt pour la désunion et la division des fils d’un même pays et incite à l’affrontement d’une partie des Béninois contre l’autre partie, ainsi qu’à la haine et à la violence. En tenant des propos aussi graves, le chef de l’Etat apparaît comme un chef de clan ou le Président d’une minorité contre une majorité, d’une majorité contre une minorité, de la mouvance contre l’opposition, ou d’une région contre une autre… Mais les Béninois sont très avertis et sauront sanctionner ces dérives attentatoires à l’unité nationale. L’opposition peut être rassurée. Les Fcbe n’auront pas les 50 députés pour offrir sur un plateau d’or, un troisième mandat à leur roi !!!

 Epiphane Axel Bognanho