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alassane-seidou
Le ministre de la Santé et ses collègues ne doivent pas s’arrêter en si bon chemin

Plus de 80 tonnes de faux médicaments saisies dont 71 à Cotonou. Le nettoyage dans le cadre de l’opération Pangea IX séduit. Les gros trafiquants doivent se sentir fortement menacés. La lutte sera désormais permanente et sans répit, vu l’engagement et la volonté du gouvernement de changer fondamentalement la donne dans ce domaine.
La lutte contre la vente des faux médicaments a, selon le gouvernement, des chances évidentes de prospérer. Les faux médicaments, un peu comme le Kpayo, sont pratiquement un réflexe par ici. Le recours à la bonne dame de la concession d’à côté est un geste spontané. Jusqu’après vendredi, ça continue d’acheter les médicaments. Le fait n’échappe à personne, même à ceux qui sont dits « instruits ». La pratique, s’il est permis de l’admettre, a occupé le quotidien et la vie de beaucoup de concitoyens. Beaucoup, bien que conscients des conséquences énormes de l’usage de ces médicaments sur leur santé, continuent de les prendre. Il s’agit donc d’une habitude entretenue sur la durée qui s’est renforcée. Dans ce contexte, la responsabilité de l’Etat n’est pas mince. Lutter contre le trafic. Dans les hameaux les plus reculés où ces faux médicaments règnent en maître, il faut très vite encourager la création des pharmacies de proximité. Ne pas le faire, c’est encourager le trafic. Car, tant que le besoin ne sera pas satisfait, ceux qui le font jusque-là risquent de reprendre du service. Le gouvernement a donc l’obligation, en collaboration avec les pharmaciens, de revoir  les conditions de création des pharmacies afin de permettre aux jeunes d’occuper le terrain. Parallèlement, il faudra intensifier la sensibilisation et permettre la disponibilité sur l’étendue du territoire national des médicaments génériques. Lorsque les populations auront une chance d’avoir à quelques mètres des médicaments de qualité et à coût réduit, elles ne se feront pas prier. L’autre niveau de difficulté, ce sont les frontières poreuses. Au cours des échanges, le ministre de la sécurité a déclaré que les organes de contrôle des frontières seront équipés afin d’arraisonner les médicaments contrefaits. Remettre à demain cette action risque une fois encore d’être dangereux, car sans équipements appropriés, l’agent de sécurité ne peut tout contrôler. Les méthodes de contrôle restent archaïques et il faut absolument investir dans ce secteur pour réussir l’opération. De la saisie sans un moyen efficace de contrôle au niveau des frontières sera peine perdue. On convient donc que la lutte des faux médicaments, tout comme la lutte contre le Kpayo, impose au gouvernement des actions claires et un besoin d’investissement soutenu. Tant qu’aucune chance ne sera accordée à la mère de l’écolière de Manigri d’avoir des médicaments génériques pour sauver son enfant de la fièvre, le mal n’est pas encore tué.

AT