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Yayi-BoniLes langues se délient depuis l’annonce du candidat unique des Forces Cauris pour un Bénin Emergent en la personne du 1er ministre Lionel Zinsou. Pendant que certains notamment ceux de la mouvance présidentielle lui déballe le tapis rouge, d’autres tirent à boulet rouge sur ce dernier. Les arguments utilisés par la deuxième vague sont entre autres Lionel Zinsou ‘’est un ouvrier de la 25 ème heure’’, ‘’ne maitrise pas les réalités du Bénin’’ ou ‘’est le candidat de la France’’. Aucun problème jusque là puisse que les Fcbe à travers des meetings politiques tentent de convaincre la population sur le terrain. La goutte d’eau qui a débordé le vase se trouve être la déclaration du député Fcbe Rachidi Gbadamassi qui dans la matinée de ce dimanche 3 janvier annonçait qu’il militait désormais pour Sébastien Adjavon en lançant au passage des piques à Lionel Zinsou. D’après nos sources, le chef de l’Etat Boni Yayi aurait piqué une crise de colère quand il a été informé des propos de Gbadamassi. Propos qualifiés d’ailleurs de ‘’bassesse’’. La réaction n’a pas tardé puisqu’à travers un communiqué du gouvernement en date du dimanche 3 janvier, l’exécutif met en garde les auteurs des propos xénophobes et racistes à l’encontre du 1er ministre même si son nom n’a pas été cité dans ledit communiqué. « En tout état de cause, les compatriotes qui tiennent ces propos empreints de racisme, de haine, d’intolérance et de peur sortent de toute évidence du projet démocratique de la Conférence Nationale des Forces Vives de février 1990 et s’exposent aux rigueurs des lois de la République » peut on lire. Il est aisé de comprendre après lecture du texte que le gouvernent insinue des tractations financières qui ont court actuellement pour le débauchage de certains politiques « Rien et pas même l’appât financier ne saurait justifier ces propos indignes » mentionne le texte signé Alassani TIGRI, Secrétaire Général du Gouvernement. Lire l’intégralité du communiqué ci dessous

Marcus Koudjènoumè

COMMUNIQUE DU GOUVERNEMENT
Notre pays le Bénin devra conformément aux dispositions constitutionnelles et au Code électoral procéder le 28 février 2016 à l’élection présidentielle, consacrant ainsi l’alternance au sommet de l’Etat à l’instar des démocraties modernes.
Le Président de la République, les présidents des institutions de la République et bon nombre de nos concitoyens ont émis le vœu que cette consultation électorale soit un moment de liesse populaire où notre Peuple fera son choix entre ses filles et fils candidats à la magistrature. Il s’agit là d’un pacte républicain conclu par le Peuple béninois et la classe politique responsable pour préserver la paix et la stabilité de notre patrie commune le Bénin.
Malheureusement, depuis un moment et particulièrement aujourd’hui, certains politiciens s’inscrivent contre ce consensus par des propos irresponsables et de surcroit frisant le racisme et l’exclusion. Ainsi des propos injurieux sont tenus contre une personnalité à laquelle on tente de dénier la nationalité béninoise. Sa candidature serait de nature à susciter la colère de Boko Haram contre notre pays.
D’autres propos présentent la candidature de cette personnalité comme étant un projet de recolonisation de notre pays. Enfin, sommet de la bêtise humaine, la couleur de sa peau la disqualifierait dans la course à la présidentielle.
Les propos de l’honorable GBADAMASSI illustrent cette bassesse d’esprit et n’honorent guère notre Peuple au sein duquel ils sèment la psychose de l’insécurité dans notre pays pourtant réputé pour sa paix légendaire. Rien et pas même l’appât financier ne saurait justifier ces propos indignes.
Ces propos font honte à notre Peuple connu de par le monde et l’histoire pour son ouverture d’esprit et sa tolérance légendaire. De telles affirmations sont contraires à la démocratie et aux droits de l’homme. Elles sont de nature à susciter la haine contre notre pays et à le jeter en pâture à la colère terroriste.
Ces propos veulent de toute évidence opposer le Bénin à la France avec laquelle notre pays et son Peuple entretiennent des relations de coopération harmonieuse. Ils ont eu pour effet l’interpellation de notre Chancellerie à Paris pour des précisions en raison de leur caractère profondément irresponsable.
Ces assertions sont inadmissibles et n’éduquent en rien notre Peuple. Elles sont inqualifiables parce qu’elles font appellent aux bas instincts de la haine, du racisme, de la peur et de l’intolérance.
Notre compatriote indexé par ces propos est un citoyen béninois à part entière. Il est franco béninois à l’instar de bon nombre de nos concitoyens et dont certains ont assumé des responsabilités au plus niveau de l’Etat sans démériter, tels que les Présidents Hubert MAGA, Nicéphore SOGLO, Dossou Robert, etc. Aucune loi de la République ne l’exclut de la course à la présidence.
Dans ces conditions, le gouvernement en appelle à une campagne électorale civilisée, digne de notre histoire et de notre démocratie visant à choisir l’homme et le meilleur projet de société à même de préserver la paix, la cohésion nationale et d’assurer le développement de notre pays.
En tout état de cause, les compatriotes qui tiennent ces propos empreints de racisme, de haine, d’intolérance et de peur sortent de toute évidence du projet démocratique de la Conférence Nationale des Forces Vives de février 1990 et s’exposent aux rigueurs des lois de la République.
Fait à Cotonou, le 03 janvier 2016
Alassani TIGRI
Le Secrétaire Général du Gouvernement