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N'dah
Le ministre N’Dah situe le noeud du problème

Les subventions de l’année 2015 ne sont jusque-là pas attribuées aux écoles primaires publiques. Face à cela, l’on se pose la question de savoir à qui incombe ce retard. Nos investigations pour en savoir davantade au niveau du ministère des enseignements maternel et primaire ont été vaines. Le directeur des enseignements primaires rencontré, a fait savoir que cette situation ne relève pas de son ressort, mais plutôt des services des ressources financières et matérielles. Ainsi donc, selon certains financiers qui maîtrisent le dossier, le retard incombe au ministère des finances qui jusque là n’arrive pas à attribuer les subventions aux écoles maternelles et primaires. En effet, la difficulté de trésorerie de l’Etat est la raison principale qui bloque le transfert des subventions. Les directeurs des écoles doivent alors continuer de ployer sous le poids des dettes jusqu’à la régularisation de leurs subventions. En réalité, la subvention étant prévue dans le budget 2015 et la rentrée ouverte en octobre 2014, il est accordé aux écoles pour la plupart du temps, la moitié de la subvention. Dès que le budget de l’année en cours est exécutoire, la seconde moitié est payée et le tout, en régularisation. Malheureusement, ce n’est pas le cas cette année. Toutefois, les financiers dudit ministère rassurent que les dossiers sont prêts et déposés au Trésor public.

 Thobias G. Rufino (Br Ouémé-Plateau)

Les enseignants du Zou et des Collines menacent

Les écoles primaires publiques des départements du Zou et des Collines tournent au ralenti, faute de moyens financiers. Les subventions que le gouvernement alloue à ces écoles peinent à se mettre en place. Depuis la rentrée scolaire, aucune somme n’a été débloquée pour le fonctionnement des établissements. Un tour fait dans les écoles publiques, a permis de constater que les directeurs se plaignent parce qu’ils ont le dos au mur. Joseph Anagonou est le Secrétaire départemental de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin. Selon lui, cette situation ne date pas d’aujourd’hui. Sans énumérer les causes réelles de ce retard, il a fait remarquer que le gouvernement actuel manque d’une volonté politique. A en croire ses explications, les subventions en question sont déjà prises en compte par le budget exercice 2014. De ce fait, il ne comprend pas pourquoi elles ne sont jamais mises en place à temps. Faisant un retour en arrière, il a rappelé que depuis 2010, ces subventions, du moins la première tranche, ne sont jamais prêtes avant fin avril. Cette façon de gérer les ressources de l’Etat n’étonne pas Jules Amoussouga, directeur d’école à Gnidjazoun dans la Commune de Bohicon. « Quand on a à faire avec un gouvernement irresponsable et sans programme qui se cherche, cela se passe ainsi », a-t-il déclaré. Ce retard qu’accusent les subventions met les directeurs d’écoles en difficulté. Face à cette situation, ils n’ont plus d’autres solutions que de s’appuyer sur leurs prestataires pour avoir les consommables bureautiques et autres, à crédit, histoire de payer après. Cette pratique n’arrange non plus les petites entreprises qui acceptent le principe malgré leurs moyens limités. N’en pouvant plus, elles menacent parfois les directeurs débiteurs insolvables. Ce qui n’honore guère la fonction enseignante. « L’Etat nous apprend à faire fonctionner les écoles sur des dettes. C’est bien dommage pour le système éducatif !» a regretté Jules Amoussouga. Mais, si rien n’est fait dans les jours à venir, poursuit-il, tous les enseignants vont descendre dans la rue pour forcer le gouvernement à s’acquitter de ses obligations vis-à-vis des écoles. Pour éviter donc ces tracasseries aux directeurs d’écoles, Joseph Anagonou souhaite que l’Etat prenne ses responsabilités en remettant lesdites subventions en vue de favoriser le bon déroulement des activités académiques.

Zéphirin Toasségnitché (Br Zou-Collines)

Vers la fermeture dans le Borgou-Alibori

La menace de fermer, dans les jours à venir, les portes des écoles maternelles et primaires publiques des départements du Borgou et de l’Alibori par les directeurs et directrices est à prendre très au sérieux. Réunis mardi dernier à Parakou, ceux-ci ont réclamé les subventions que le gouvernement refuse de mettre à leur disposition depuis la rentrée scolaire 2014-2015. Dans une déclaration rendue publique à l’issue de la rencontre, les responsables ayant à charge, la gestion desdites écoles rendent responsable des déconvenues qui surviendront si rien n’est fait dans les brefs délais. A travers leur déclaration, les directeurs et directrices des écoles maternelles et primaires publiques du Borgou-Alibori interpellent leur ministre ainsi que le chef de l’état. « Veuillez, monsieur le président de la République, donner des instructions aux structures compétentes, afin que toutes les écoles du Bénin soient dotées, dans un bref délai, de la totalité des subventions pour le bien de l’école béninoise », a martelé Albert Sagbo, le porte-parole des directeurs et directrices. Dans le cas échéant préviennent-ils, ils déclinent toute responsabilité dans la fermeture très prochaine des écoles à eux confiées. « La situation est alarmante », a souligné Bernard Agossadou, directeur d’école et coordonnateur départemental du Borgou-Alibori des syndicats des enseignements maternels et primaires. Selon les propos de ce responsable, les écoles sont sans moyens pour faire face aux différentes charges des écoles ». Mieux, indique Albert Sagbo, les fournisseurs des écoles sont essoufflés et sont de plus en plus dans l’impossibilité de continuer leurs différentes prestations. Dans certaines écoles on note des compteurs d’eau et d’électricité qui sont arrachés pour non paiement de factures. Les salaires des gardiens d’écoles sont impayés depuis plusieurs mois. « Nous ne pouvons plus continuer de vivre cette situation qui conduit l’école béninoise vers un suicide programmé, car les subventions constituent pour les écoles, les ressources financières dont elles disposent depuis que le gouvernement de Yayi Boni a décrété la gratuité de l’enseignement dans les établissements scolaires», a confié Bernard Agossadou. Dans les couloirs de la direction départementale des enseignements maternels et primaires, c’est un silence total face à la menace de fermeture prochaine des portes des écoles maternelles et primaires publiques, des départements du Borgou et de l’Alibori. C’est aussi le calme plat au niveau de l’association des parents d’élèves qui reçoit également une part dans les subventions.

 Clément Dognon (Br Borgou-Alibori)

Le ras-le-bol des instituteurs de l’Atacora-Donga

L’acquisition des outils de travail aux enseignants des écoles maternelles et primaires publiques des départements de l’Atacora et de la Donga est, depuis la rentrée scolaire 2014-2015, un casse-tête pour l’ensemble des chefs d’établissement. La raison évoquée par nombre de ces enseignants rencontrés est le retard qu’accuse le gouvernement de Yayi Boni dans le cadre de la mise à disposition desdites « mesures sociales ». Pour certains enseignants qui requièrent l’anonymat, le retard qu’accuse l’octroi des subventions de l’Etat, crée de sérieux désagréments aux écoles publiques. Au nombre de ces désagréments cités, il y a le manque de matériels pédagogiques (boîtes de craie, fiches, stylo et matériels didactiques). Aussi ont-ils mentionné la réticence des fournisseurs à livrer, à crédit, les bons de commandes aux écoles publiques. Selon eux, les prestataires de service qui acceptent la créance le font avec une certaine surenchère qui n’arrange pas les écoles. Pour d’autres, tel que Adamou Abdoul Kassim, Directeur au complexe scolaire groupe A, après utilisation des fournitures scolaires achetées à crédit au cours de l’année scolaire, il est actuellement difficile de satisfaire les besoins des enseignants dans les classes. Les écoles qui sont abonnées à la Soneb et à la Sbee ont plusieurs factures qui sont impayées. Ce qui est susceptible d’engendrer une rupture de contrat avec les sociétés en question et elles. De même, ces chefs d’établissement sont débiteurs envers les agents émargeant sur les budgets de ces écoles, en l’occurrence les gardiens. Selon Anselme Wotto, instituteur dans la circonscription scolaire de Natitingou, cette situation de retard dans la mise à disposition des fonds alloués aux écoles publiques est devenue une habitude pour le gouvernement. Mais, dit-t-il, l’Etat doit prendre ses responsabilités afin d’honorer à cet engagement en début de chaque année scolaire. Ceci, pour permettre un déroulement normal des activités pédagogiques. Sinon, précise-t-il, les enseignants du primaire qui ne disposent pas de fiches menacent de dispenser les cours sans, au préalable, les préparés. Conscients que l’école maternelle et primaire publique est déclarée gratuite par le gouvernement du changement, les parents d’élèves refusent la moindre souscription pour le fonctionnement des écoles. D’ores et déjà, ça boude dans le rang des enseignants qui attendent impatiemment ces fonds. Les autorités départementales et les chefs des circonscriptions scolaires jouent à l’apaisement et promettent œuvrer pour le déblocage des subventions.

Hervé M. Yotto (Br Atacora-Donga)